«La seule chose nécessaire au triomphe du mal c’est l’inaction des gens de bien», Edmund Burke
Incursion dans les rivalités au Nigeria où sur 120 millions d’individus il y a 250 groupes ethniques pour faire évoluer en brousse une équipe de cinéma et un groupe d’acteurs qui donnent le meilleur d’eux-mêmes malgré la difficulté du sujet.
L’histoire commence au début de la guerre civile lorsque les Foulani (rebelles musulmans) reviennent avec le Général Yacoubou forcer la main aux Ibos (chrétiens) par un coup d’état afin de destituer Samuel Azouga, élu jusque là, démocratiquement. Avant que ne réagisse l’ONU, l’armée américaine commence déjà à évacuer son ambassade sur un porte-avion ancré au large des côtes africaines.
C’est là que nous rejoignons notre équipe chargée de récupérer un Docteur de l’Aide Humanitaire, en poste dans une mission. Comme d’habitude «vous ne tirerez que sous le feu de l’ennemi, notre action est placée sous le signe de la neutralité». Ils vont même se retrouver arrosés à feu nourri lorsque tomberont sur eux une compagnie de 300 rebelles, traquant et massacrant tout sur leur passage. 1 mn égale soixante seconde, c’est militaire ! «Eagle one à PC» et que je te traite le femme qu’ils auraient préféré emmener de force, de pute.
C’est militaire aussi ! Finalement attendrit ils emmèneront tout le monde et commencent la traversée de la brousse à 70, nul ne sait exactement combien arriveront à bon port après avoir traverser la frontière camerounaise.
-Que Dieu soit avec vous…
-Dieu a déjà quitté l’Afrique !
Ils avancent, les soldats sur le qui-vive ouvrent le sentier tandis qu’ils chantent Yekeleni (Stop the carnage), à peine repérable. Quand ils traversent un ruisseau, évidemment, les pierres sont glissantes. On n’est jamais assez prudent. Le temps de sauver un village de l’épuration ethnique et d’apprendre que les rebelles coupent les seins des femmes pour qu’elles ne puissent plus jamais allaiter leurs enfants, nous découvrons un groupe de soldats stupéfiés d’être obligés de tuer des mômes en uniformes qui leur collent au train et d’être obligé de progresser par des marches de trente heures. Les acteurs semblent figés par le traumatisme de l’histoire et traduisent en demi-teinte, une réalisation cinématographique pas très compliquée à assembler. Calfeutrés de quelques explosifs à sensation, ils deviennent plus crédibles lorsqu’ils sont en proies à de terrifiantes angoisses songeant aux 300 rebelles qui risquent de s’abattre sur cette petite expédition de sauvetage.
Un ralenti sur le village en feu insistant comme une complainte, un appel aux cieux et la caméra monte vers les nuages. Il pleut.
Tous les cinéastes ne sont pas sortis avec les honneurs de leurs tentatives à montrer des épisodes de guerre. Certains persistent et en semblent presque obsédés un peu comme Ridley Scott continuellement obstiné à faire de l’émotion sur les cadavres de l’humanité.
Vietnam, Indochine, Apocalypse now ou Platoon ne vous embarque pas dans les mêmes ambiances, les Larmes du Soleil parviennent difficilement à s’extirper du contexte «commando» et relance un peu l’histoire en utilisant la présence du fils du Président Azouka, héritier de la nation Ibo, considéré comme une menace diplomatique qu’on traque tel un criminel. Occasion visuelle d’en passer à quelques explosions pour redescendre rapidement se mesurer aux difficiles réalités que traversent les réfugiés et mesurer la dose de foi qui nous sépare de leur traversée des ténèbres. A déplorer quand même les trop répétés «nous vous aimons, Dieu ne vous oubliera pas» accentuant une teinte pathétique qui l’est déjà suffisamment comme cela. Propagande, propagande...