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3,0
Publiée le 11 août 2026
La Main de Dieu suit un adolescent napolitain dans les années 1980, entre vie familiale, découverte du monde et imaginaire collectif marqué par Maradona. J’ai apprécié son atmosphère et sa manière de faire vivre Naples, mais son récit très personnel m’a souvent laissé à distance.
Avant de le voir, il faut avoir en tête qu’il s’agit d’un film largement autobiographique de Paolo Sorrentino, inspiré par sa jeunesse à Naples. Sans être un film de football, l’œuvre s’ancre dans une ville, une époque, une famille et un imaginaire collectif. Il vaut mieux l’aborder comme un film de mémoire et de formation, porté par les sensations, les fragments de vie et la naissance d’un regard de cinéaste plutôt que par une intrigue classique.
Le film explore avant tout la mémoire et la manière dont certains souvenirs construisent une sensibilité. Naples devient un espace de bruit, de désir, de croyances, de grotesque et de beauté, où l’adolescence se forme au contact des adultes, des corps, des légendes et des drames. Le film montre ainsi un regard en train de se former, avant même que le personnage sache ce qu’il fera de ce qu’il observe.
Le récit parle aussi du hasard, du deuil et de la naissance d’une vocation artistique. Maradona dépasse largement le football : il incarne un miracle ambigu, à la fois collectif et intime. Le film suggère alors que l’art peut naître d’une blessure, non pour la réparer, mais pour lui donner une forme et permettre d’avancer avec elle.
Je suis plutôt mitigé face à La Main de Dieu. J’ai apprécié sa mise en scène élégante, avec plusieurs très beaux plans, ainsi que son atmosphère napolitaine et ce mélange d’humour, de grotesque et de mélancolie qui fonctionne plutôt bien. Le film possède une vraie identité, à la fois intime, populaire et sensorielle.
Toutefois, son caractère autobiographique a créé une certaine distance chez moi. J’ai eu du mal à me sentir concerné par ce récit très intime et, mis à part l’événement tragique que j’ai trouvé particulièrement fort, je ne me suis jamais vraiment senti émotionnellement impliqué. Le film évoque beaucoup de choses sans toujours les approfondir suffisamment, ce qui m’a laissé assez extérieur à l’ensemble.
Au final, La Main de Dieu est un film intime et élégant, traversé par de beaux moments et une véritable identité. Une œuvre qui m’a davantage intéressé que touché, dont j’ai apprécié l’évocation de Naples et le travail sur la mémoire, sans jamais parvenir à y entrer pleinement.