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2,0
Publiée le 11 mai 2025
Miraculée à la suite d'un accident d'avion, Rebecca est devenue une sensation médiatique, dont son père guérisseur s'est servi pour prêcher l'Évangile dans un village situé au cœur de l'Amazonie. Lorsqu'un conflit éclate entre les indigènes et des hommes venus exploiter la forêt, l'adolescente doit endosser une importante responsabilité alors qu'elle est à un âge où elle cherche à savoir qui elle est... "Transamazonia" explore timidement le fanatisme religieux, l'évangélisation, la déforestation, les lieux familiaux ou le sentiment d'appartenance puisque c'est surtout un récit de passage à l'âge adulte avec un contexte peu exploité et beaucoup d'éléments, dont certains personnages, qui servent uniquement de catalyseurs dans une narration finalement brouillonne, bancale, superficielle et surchargée. Des facilités d'un côté, des incohérences de l'autre, "Transamazonia" est globalement mal écrit et s'emmêle les pinceaux dans ses intentions obscures. Ça partait bien, mais ça finit par être ennuyeux.
D'origine sud-africaine, Pia Marais a notamment réalisé Layla, dans son pays natal, qui avait laissé un relatif bon souvenir. Cela fait plus de 10 ans qu'elle n'avait plus tourné pour le cinéma et Transamazonia, son nouveau projet, se situe loin de ses bases, comme son titre l'indique, ce qui explique peut-être que les enjeux y paraissent trop peu développés pour convaincre. Le scénario, assez mal agencé, comprend au moins trois sujets d"égale importance : un rapport père/fille ambigu, le don de la guérisseuse de l'héroïne du film et la lutte des indigènes contre la déforestation sauvage, sur leur territoire. Le métrage ne parvient à traiter aucun de ses thèmes avec profondeur, s'engluant dans un rythme plutôt paresseux et ne réussissant pas davantage à donner à l'ensemble un aspect sensoriel ou mystique, tels que certains films latino-américains sont parvenus à le faire, sur ce même espace, lequel demeure toujours un objet de fascination. La beauté de la forêt primaire reste cependant bien rendue par l'image mais l'évolution des situations semble de son côté pour le moins secondaire, autrement dit peu captivante. L'étrangeté de l'actrice allemande Helena Zengel, avec un jeu sobre mais pénétrant, permet tout de même de donner une âme à un film qui, autrement, glisserait très vite vers l'oubli.
Dans Transamazonia, Pia Marais plonge au cœur de la forêt amazonienne pour y explorer les croisements troubles entre foi, pouvoir et héritage familial. Rebecca, adolescente miraculée, est élevée au rang de figure divine par un père missionnaire qui a bâti toute sa vocation sur le récit d’un miracle. Mais à mesure que la jeune fille grandit, les fondations de cette légende vacillent.
Le film s’ouvre sur une tension presque biblique : celle d’un territoire disputé entre exploitants forestiers et peuples autochtones, sur fond d’évangélisation forcenée. Loin d’un récit linéaire, la mise en scène épouse la fragmentation intérieure de Rebecca, médium malgré elle, prisonnière d’un rôle qu’elle n’a pas choisi.
Pia Marais mêle avec justesse les tonalités : western tropical, drame mystique, film politique. On pense à Touch de Paul Schrader, A Touch of Hope, ou encore Holly de Fien Troch : des récits où la foi devient fardeau et où l’innocence est sacrifiée sur l’autel de la croyance collective. Helena Zengel incarne avec une justesse poignante cette jeune prophétesse en crise, dont la voix intime a été confisquée par un récit messianique.
Mais Transamazonia est aussi un film sur la manipulation affective. Rebecca comprend peu à peu qu’elle n’est pas une élue, mais un vecteur. Le salut de son père repose sur sa soumission. Ce n’est plus seulement Dieu qu’elle sert, mais une autorité familiale, politique, narrative.
Le film interroge : jusqu’où croire ? Et surtout, à quel prix ? Porté par une photographie troublante et une tension spirituelle sourde, Transamazonia ne tranche pas entre foi sincère et imposture organisée. Il nous laisse dans cette zone trouble où le miracle devient récit, et le récit, outil de pouvoir.
Très beau film visuellement parlant avec une actrice principale fascinante. Pêche par contre par un souci d’écriture sensé éclairer l’histoire qui finit plutôt par la compliquer, empêchant l’aspect onirique du film à vraiment prendre de l’ampleur. Personnages secondaires un peu clichés du coup un peu surjoués par les acteurs.
Un film immersif montrant toute la violence humaine, dans le monde étouffant de la forêt équatoriale. La critique sociale sonne juste, que ce soit les bucherons, ou les évangélistes. Les acteurs sont très bons, l'ambiance générale tendue est particulièrement bien rendue. Pour moi un très bon film malgré quelques rares longueurs...