Le cinéma de l'absurde, qui n'est pas, à de rares exceptions près, une spécialité française, demande une certaine rigueur pour ne pas partir dans tous les sens, sans rime ni raison. De cela, Sarah Arnold semble vraiment n'en avoir que faire, préférant le chaos et tant pis si son scénario parait le plus souvent un prétexte pour représenter la folie des hommes et leurs incohérences, à l'occasion. Bref, ce qui importe dans L'espèce explosive est moins de raconter une histoire qui a une queue et une tête que de s'attacher à des personnages aux failles béantes, dont l'étrangeté du comportement inquiète et divertit à la fois. Même remarque pour l'environnement rural, entre chasseurs, paysans et gendarmes confrontés à l'invasion de sangliers géants qui n'en font qu'à leur tête (de cochon). Le long métrage est inégal, mais rarement plat et ses embardées à tendance surréaliste sont un pur délice. Dans cet univers délirant, l'extraordinaire Alexis Manenti rafle une fois de plus la mise, dans un rôle complexe de gendarme dépressif, mais néanmoins têtu, et forme un détonant duo avec l'admirable Ella Rumpf (vous vous souvenez du Théorème de Marguerite ?), parfois en surjeu, mais cela fait partie intégrante de cet ensemble dopé à l'humour noir et parfois sacrément embarrassant, ce qui n'est pas en l'occurrence un problème, mais bien une qualité.
Quel scénario compliqué. Mon conseil, lisez deux fois le synopsis d’Allo ciné avant de vous rendre en salle, puis une fois en rentrant chez vous. Vous aurez les idées plus claires. Après cette mise au point, il est évident que le film a des qualités, dialogues, lumières,bande son, montage et jeu d’acteurs. Bref du bon cinéma, ou tout au moins du cinéma qui me plait. On ne s’ennuie guère il y a du rythme, des émotions avec les sangliers, abattus souvent, ou qui chargent sur le spectateur. Quelle est la philosophie de ce film ? Je l’ignore………...Mais le sanglier peut être la métaphore de ce qui nous menace actuellement tous en France. La violence. ; Je conseille volontiers après lectures du synopsis.
Film vu à Cannes mais qui m'a moyennement convaincue tant il tire du côté des frères Coen en les adaptant à la sauce "péquenots français". Ce qui nous fait rire quand les frères Coen égratignent les Rednecks américains ne fonctionnent pas complètement ici, même si un style plus "Groland" aurait pu viser plus juste. J'aime beaucoup Alexis Manenti donc j'avais au moins une raison de rester pendant la séance mais même avec tout son talent il ne sauve pas l'affaire
Une comédie décalée qui trouve son charme dans son absurdité et son énergie communicative. L’Espèce explosive amuse autant qu’elle surprend, même si son inventivité s’essouffle parfois en chemin.
Film génial et qui fait du bien. Les 30 dernières minutes sont folles - une scène (je vous dis pas Quoi) vous restera !!!! C’est tellement fun ce film !
Vu en avant‑première sans aucune idée de ce qui m’attendait, j’ai été agréablement surprise par ce film totalement loufoque, au ton décalé, parfois inégal, mais constamment porté par l'interprétation "explosive" d’Alexis Manenti !
Avec L'Espèce explosive, Sarah Arnold enferme un gendarme dissident dans une communauté où l'équilibre repose sur le silence.
Un film au rythme fort, on a une impression étrange d'être dans un village totalement enfermé sur lui-même. C'est d'ailleurs le propre des lieux où finalement le groupe finit par faire la loi et créer ses propres règles. Un élément perturbateur venu de l'extérieur représente alors un danger à l'équilibre. En réalité ces groupes reposent essentiellement sur le conformisme et la peur de l'exclusion du groupe.
Le film fonctionne car le public est placé au même niveau de compréhension et de perception que cette nouvelle recrue de la gendarmerie, un déclassement pour avoir été violent avec un collègue, mais essentiellement ce personnage est un esprit critique ne supportant pas les anomalies et les pots-de-vin. Il est en somme l'ennemi parfait du groupe et de l'équilibre de la communauté.
Alexis Manenti porte cette position d'étranger avec une interprétation particulièrement physique, capable de passer de la tension à une forme de vulnérabilité presque enfantine sans casser la cohérence de Fulda. Son jeu fonctionne beaucoup par ruptures : accélérations, silences, regards, brusques montées émotionnelles. Quant à Ella Rumpf, elle lui oppose une présence plus contenue dans le rôle de Stéphane, psychologue qui refuse justement la posture distante et parfaitement maîtrisée traditionnellement associée à sa fonction. Leur confrontation produit ainsi un rapport intéressant entre analyse et impulsivité, chacun révélant progressivement les failles de l'autre. La réalisatrice Sarah Arnold construit autour d'eux une esthétique assez sombre, parfois poisseuse, qui renforce le sentiment d'enfermement déjà présent dans le récit. L'image volontairement texturée, travaillée avec le chef opérateur Noé Bach dans l'esprit de l'argentique, donne aux décors et aux corps une matérialité organique. La forêt, les intérieurs chargés ou au contraire quasi vides deviennent ainsi des prolongements de l'état psychique des personnages. La réalisation assume enfin des cadrages très composés, des plongées, contre-plongées et variations de profondeur de champ plutôt qu'un naturalisme systématique à la caméra épaule.
L'Espèce explosive reste ainsi difficile à enfermer dans un genre précis, entre polar rural, comédie et approche psychanalytique. Une singularité qui pourrait autant intriguer le public en salles que compliquer son positionnement.
Vu en AVP dans le cadre de Ciné-Cool en présence de la réalisatrice au cinéma Star de Strasbourg :
Intéressant premier Long-Métrage de Sarah Arnold un peu hybride car l'on ne sait pas trop dans quelle genre le classer , Comédie , Thriller , Policier ... , et qui se montre somme toute souvent hilarant , qui bouscule et séduit par sa liberté et son inventivité totale .
L’Espèce explosive prend racine dans une campagne française sous tension pour mieux faire dérailler le polar traditionnel. Sarah Arnold transforme une guerre entre agriculteurs, chasseurs et sangliers en comédie noire où tout semble progressivement échapper au contrôle des hommes. Derrière l’enquête policière et ses animaux gigantesques se dessine surtout le portrait d’un territoire à bout de nerfs.
Dans le Nord-Est de la France, les sangliers ravagent les cultures. Les agriculteurs accusent les chasseurs, les chasseurs possèdent leurs propres certitudes et chacun semble considérer l’autre comme responsable d’un équilibre devenu impossible.
Brun, céréalier étranglé financièrement, tente encore de sauver son exploitation. Mais lorsqu’un notable local le pousse un peu plus loin dans ses retranchements, quelque chose casse.
Brun disparaît.
Un an plus tard arrive Fulda.
Gendarme corse muté dans la région pour raisons disciplinaires, il possède à peu près toutes les qualités que l’on ne recherche pas nécessairement chez un enquêteur. Son intuition fonctionne par éclairs, ses méthodes sont discutables et sa consommation de vodka n’améliore pas exactement sa capacité à respecter les procédures.
Alexis Manenti trouve dans Fulda un personnage idéalement bancal. Loin du policier brillant dont les excentricités cacheraient un génie infaillible, celui-ci peut avoir une intuition remarquable avant de commettre une erreur monumentale quelques minutes plus tard.
Cette faillibilité donne au film une grande partie de son humour.
Fulda enquête dans un environnement qu’il comprend mal, auprès de gens qui ne souhaitent pas nécessairement lui expliquer comment il fonctionne. Il avance donc par approximations, rencontres et fausses pistes jusqu’à entendre parler des « Attilas » : des sangliers dont les proportions semblent appartenir davantage à une légende locale qu’à un rapport de gendarmerie.
C’est ici que L’Espèce explosive commence réellement à révéler son étrangeté.
Sarah Arnold et Olivier Séror jouent avec les codes du polar rural avant de les contaminer par le burlesque, l’absurde et presque le fantastique. Plus Fulda cherche une explication rationnelle, plus la campagne semble produire ses propres mythologies.
Ella Rumpf et Vincent Dedienne participent pleinement à cet univers où chaque personnage semble légèrement décalé. Stéphane, nouvelle psychologue de la gendarmerie, devient notamment un contrepoint particulièrement efficace au chaos de Fulda.
Elle est théoriquement là pour remettre un peu d’ordre.
Le problème est que Fulda n’est pas exactement le genre d’homme que l’on remet facilement dans une case.
Leur relation apporte au film une dimension plus intime derrière l’enquête. La rupture récente du gendarme, son alcoolisation et son comportement erratique dessinent progressivement un homme qui cherche peut-être autant à résoudre sa propre débâcle que la disparition sur laquelle il enquête.
La campagne joue évidemment un rôle essentiel. Sarah Arnold refuse d’en faire un décor pittoresque. Elle filme au contraire un territoire traversé par des conflits économiques très concrets : exploitations fragilisées, cultures détruites, rapports de pouvoir locaux et sentiment d’abandon.
Les sangliers deviennent alors bien davantage qu’une menace animale.
Ils sont le révélateur d’un désordre que personne ne maîtrise plus.
Le titre prend d’ailleurs une savoureuse ambiguïté. Quelle est exactement « l’espèce explosive » dont parle le film ? Les sangliers devenus incontrôlables ? Les agriculteurs poussés à bout ? Les chasseurs ? Ou simplement l’être humain lorsqu’il refuse d’admettre que le territoire qu’il exploite ne lui appartient jamais complètement ?
C’est lorsque le film entretient cette ambiguïté qu’il devient le plus intéressant.
Sarah Arnold ne choisit ni le pur film écologique ni la satire sociale démonstrative. Elle préfère le mélange des genres, quitte à accepter une certaine irrégularité. Certaines ruptures de ton peuvent surprendre et l’enquête se montre volontairement moins rigoureuse que dans un polar classique.
Mais ce déséquilibre appartient aussi au projet.
L’Espèce explosive ressemble finalement beaucoup à Fulda : imprévisible, parfois approximatif, souvent drôle et capable, au détour d’une scène, d’une étonnante lucidité.
Étrange mélange de polar rural, de comédie noire et de fable écologique, L’Espèce explosive possède surtout le mérite de ne ressembler à presque rien d’autre. Alexis Manenti compose un gendarme aussi intuitif que catastrophique, tandis que Sarah Arnold transforme la guerre des sangliers en radiographie d’un monde agricole sous pression. Le récit s’égare parfois autant que son enquêteur, mais son humour, son atmosphère et son goût de l’absurde lui donnent une personnalité réjouissante. Et derrière les fameux Attilas se cache peut-être la question la plus amusante du film : dans cette campagne où tout le monde semble prêt à exploser, les animaux sont-ils vraiment les plus sauvages ?
Après 20 ans dans le métier, c’est le 1er long métrage de Sarah Arnold. Pour ce faire, elle a choisi le genre du drame policier avec ces 95 minutes pour le moins bizarroïdes. Dans la campagne du Nord-Est de la France. Les sangliers qui ravagent les cultures provoquent une guerre ouverte entre chasseurs et agriculteurs. Brun, céréalier en faillite, lutte pour maintenir sa ferme à flot. Quand un notable du coin le pousse à bout, il déraille et disparaît. Un an plus tard, Fulda, un gendarme corse muté dans la région pour raisons disciplinaires, mène l’enquête. Entre intuitions fulgurantes et ratés spectaculaires, ses méthodes approximatives le mènent sur la piste des Attilas, des sangliers aux dimensions hors normes. Mais sa récente rupture amoureuse et la vodka dans laquelle flotte son cerveau n’aident pas. Heureusement, il y a Stéphane, la nouvelle psy de la gendarmerie : elle est là pour mettre un peu d’ordre dans son chaos — à moins que ce ne soit l’inverse ? J’avoue ne pas avoir tout compris aux tenants et aux aboutissants de ce polar rural pas comme les autres. – On est loin de la série Meurtre à… qui fait florès sur FR3 -, et surtout aux actions et réactions des principaux personnages. A force de faire dans le déjanté, on finit par déraper. C'est la lecture d'un fait divers qui a inspiré ce scénario : un conflit opposant des agriculteurs aux cultures ravagées à des chasseurs qui nourrissaient le gibier dans les bois. La réalisatrice n'a pas cherché à réaliser un simple projet sur le monde de la chasse, mais à aborder des thématiques plus vastes, en particulier les mécaniques de pouvoir et de prédation économique qui sous-tendent nos sociétés contemporaines, sous-tendus par le malaise de la police ou de la gendarmerie. Mais si le récit peut faire penser – de très loin – à Inherent Vice, n’est pas Paul Thomas Anderson qui veut. Car on s’ennuie pas mal durant cette enquête dont on n’a beaucoup de mal à cerner les contours. Et je ne vous parle pas de la scène finale (???). Heureusement, le casting parvient à sauver en partie l’entreprise. Alexis Manenti, habitué aux rôles de durs à cuire, interprète ici un héros vulnérable dont il a fallu fendre la carapace Il excelle et sauve le film quasiment à lui tout seul. Ella Rumpf lui rend la pareille. Notons les très bonnes compositions de Vincent Dedienne, en mâle alpha aussi convaincu que stupide et Bertrand Belin. À la croisée des genres, à la fois œuvre humoristique et drame rural, le film a du mal à choisir et, de ce fait, est vraiment déstabilisant. Autour de ses personnages souvent grotesques, la cinéaste nous propose un petit film irrévérencieux qui pourrait bien avoir du mal à trouver son public.
Cette histoire de gendarmes décalés, de paysans acariâtres et de sangliers malotrus est incroyablement mal écrite et aussi mal jouée qu’un soap opera bas de gamme. Je n’ai pas tenu jusqu’au bout, donc je ne sais rien de la fin de cette sinistre farce française