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Christian RZ
97 abonnés
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1,0
Publiée le 8 octobre 2026
Cette histoire de gendarmes décalés, de paysans acariâtres et de sangliers malotrus est incroyablement mal écrite et aussi mal jouée qu’un soap opera bas de gamme. Je n’ai pas tenu jusqu’au bout, donc je ne sais rien de la fin de cette sinistre farce française
Quel scénario compliqué. Mon conseil, lisez deux fois le synopsis d’Allo ciné avant de vous rendre en salle, puis une fois en rentrant chez vous. Vous aurez les idées plus claires. Après cette mise au point, il est évident que le film a des qualités, dialogues, lumières,bande son, montage et jeu d’acteurs. Bref du bon cinéma, ou tout au moins du cinéma qui me plait. On ne s’ennuie guère il y a du rythme, des émotions avec les sangliers, abattus souvent, ou qui chargent sur le spectateur. Quelle est la philosophie de ce film ? Je l’ignore………...Mais le sanglier peut être la métaphore de ce qui nous menace actuellement tous en France. La violence. ; Je conseille volontiers après lectures du synopsis.
Le cinéma de l'absurde, qui n'est pas, à de rares exceptions près, une spécialité française, demande une certaine rigueur pour ne pas partir dans tous les sens, sans rime ni raison. De cela, Sarah Arnold semble vraiment n'en avoir que faire, préférant le chaos et tant pis si son scénario parait le plus souvent un prétexte pour représenter la folie des hommes et leurs incohérences, à l'occasion. Bref, ce qui importe dans L'espèce explosive est moins de raconter une histoire qui a une queue et une tête que de s'attacher à des personnages aux failles béantes, dont l'étrangeté du comportement inquiète et divertit à la fois. Même remarque pour l'environnement rural, entre chasseurs, paysans et gendarmes confrontés à l'invasion de sangliers géants qui n'en font qu'à leur tête (de cochon). Le long métrage est inégal, mais rarement plat et ses embardées à tendance surréaliste sont un pur délice. Dans cet univers délirant, l'extraordinaire Alexis Manenti rafle une fois de plus la mise, dans un rôle complexe de gendarme dépressif, mais néanmoins têtu, et forme un détonant duo avec l'admirable Ella Rumpf (vous vous souvenez du Théorème de Marguerite ?), parfois en surjeu, mais cela fait partie intégrante de cet ensemble dopé à l'humour noir et parfois sacrément embarrassant, ce qui n'est pas en l'occurrence un problème, mais bien une qualité.
Plein de bonnes idées dans ce film très original, de bons acteurs, une excellente bande-son et quelques bons moments de rire et de jubilation.
Seul petit bémol à mes yeux: le film semble hésiter parfois entre le polar et la comédie loufoque. On retrouve un peu l'esprit décalé de Polar Park mais l'alchimie fonctionnait un peu moins bien pour moi. Par contre, certains rigolaient franchement dans la salle!
J’ai adoré me laisser embarquer par ce film sans jamais vraiment savoir où il allait m’emmener. Par tous ces acteurs à contre-emploi sans l’être vraiment, mais dont on sent absolument qu’ils prennent un plaisir évident. J’ai aimé surtout ce ton libertaire qui se diffuse dans chaque plan. Cette sensation que le film ne demande jamais la permission, qu’il peut bifurquer à tout moment, changer de rythme, de genre, de registre. Une sorte de rock alternatif joyeusement mixé au coupé-décalé. L’Espèce explosive est un voyage à travers tous les cinémas : la comédie, le polar, le film social, le burlesque, parfois même quelque chose qui ressemble au western. Il pioche partout, mélange tout avec une audace rare et finit par ne ressembler qu’à lui-même. Impossible à raconter, mais terriblement facile à conseiller. Que demander de mieux ?
Un mélange des genres incroyable, entre polar, comédie et rom-com. C’est la naissance d’une réalisatrice à suivre qui s’est entourée d’acteurs et actrices incroyables. Un film qui fait bouger les lignes. A voir absolument !
Un premier film vraiment réussi ! Sarah Arnold signe un polar rural complètement barré et rafraîchissant : un gendarme corse muté en Argonne, des sangliers géants, une guerre ouverte entre chasseurs et agriculteurs… On ne s'ennuie jamais. Alexis Manenti est génial, tout en énergie, et le film amuse autant qu'il surprend. Présenté à Cannes, c'est l'une des surprises de l'année : décalé, communicatif et charmant +++
Film vu à Cannes mais qui m'a moyennement convaincue tant il tire du côté des frères Coen en les adaptant à la sauce "péquenots français". Ce qui nous fait rire quand les frères Coen égratignent les Rednecks américains ne fonctionnent pas complètement ici, même si un style plus "Groland" aurait pu viser plus juste. J'aime beaucoup Alexis Manenti donc j'avais au moins une raison de rester pendant la séance mais même avec tout son talent il ne sauve pas l'affaire
Film génial et qui fait du bien. Les 30 dernières minutes sont folles - une scène (je vous dis pas Quoi) vous restera !!!! C’est tellement fun ce film !
Film totalement incroyable. Vraiment. Rarement vu un truc aussi DROLE et aussi FORT, c'est la France de Macron que le film attaque et il le fait avec tellement d'intelligence. Film que tout le monde devrait voir car c'est un film sur la liberté, la désobéissance, la fluidité ou le désir. Riche, intelligent et joyeux.
L’Espèce explosive prend racine dans une campagne française sous tension pour mieux faire dérailler le polar traditionnel. Sarah Arnold transforme une guerre entre agriculteurs, chasseurs et sangliers en comédie noire où tout semble progressivement échapper au contrôle des hommes. Derrière l’enquête policière et ses animaux gigantesques se dessine surtout le portrait d’un territoire à bout de nerfs.
Dans le Nord-Est de la France, les sangliers ravagent les cultures. Les agriculteurs accusent les chasseurs, les chasseurs possèdent leurs propres certitudes et chacun semble considérer l’autre comme responsable d’un équilibre devenu impossible.
Brun, céréalier étranglé financièrement, tente encore de sauver son exploitation. Mais lorsqu’un notable local le pousse un peu plus loin dans ses retranchements, quelque chose casse.
Brun disparaît.
Un an plus tard arrive Fulda.
Gendarme corse muté dans la région pour raisons disciplinaires, il possède à peu près toutes les qualités que l’on ne recherche pas nécessairement chez un enquêteur. Son intuition fonctionne par éclairs, ses méthodes sont discutables et sa consommation de vodka n’améliore pas exactement sa capacité à respecter les procédures.
Alexis Manenti trouve dans Fulda un personnage idéalement bancal. Loin du policier brillant dont les excentricités cacheraient un génie infaillible, celui-ci peut avoir une intuition remarquable avant de commettre une erreur monumentale quelques minutes plus tard.
Cette faillibilité donne au film une grande partie de son humour.
Fulda enquête dans un environnement qu’il comprend mal, auprès de gens qui ne souhaitent pas nécessairement lui expliquer comment il fonctionne. Il avance donc par approximations, rencontres et fausses pistes jusqu’à entendre parler des « Attilas » : des sangliers dont les proportions semblent appartenir davantage à une légende locale qu’à un rapport de gendarmerie.
C’est ici que L’Espèce explosive commence réellement à révéler son étrangeté.
Sarah Arnold et Olivier Séror jouent avec les codes du polar rural avant de les contaminer par le burlesque, l’absurde et presque le fantastique. Plus Fulda cherche une explication rationnelle, plus la campagne semble produire ses propres mythologies.
Ella Rumpf et Vincent Dedienne participent pleinement à cet univers où chaque personnage semble légèrement décalé. Stéphane, nouvelle psychologue de la gendarmerie, devient notamment un contrepoint particulièrement efficace au chaos de Fulda.
Elle est théoriquement là pour remettre un peu d’ordre.
Le problème est que Fulda n’est pas exactement le genre d’homme que l’on remet facilement dans une case.
Leur relation apporte au film une dimension plus intime derrière l’enquête. La rupture récente du gendarme, son alcoolisation et son comportement erratique dessinent progressivement un homme qui cherche peut-être autant à résoudre sa propre débâcle que la disparition sur laquelle il enquête.
La campagne joue évidemment un rôle essentiel. Sarah Arnold refuse d’en faire un décor pittoresque. Elle filme au contraire un territoire traversé par des conflits économiques très concrets : exploitations fragilisées, cultures détruites, rapports de pouvoir locaux et sentiment d’abandon.
Les sangliers deviennent alors bien davantage qu’une menace animale.
Ils sont le révélateur d’un désordre que personne ne maîtrise plus.
Le titre prend d’ailleurs une savoureuse ambiguïté. Quelle est exactement « l’espèce explosive » dont parle le film ? Les sangliers devenus incontrôlables ? Les agriculteurs poussés à bout ? Les chasseurs ? Ou simplement l’être humain lorsqu’il refuse d’admettre que le territoire qu’il exploite ne lui appartient jamais complètement ?
C’est lorsque le film entretient cette ambiguïté qu’il devient le plus intéressant.
Sarah Arnold ne choisit ni le pur film écologique ni la satire sociale démonstrative. Elle préfère le mélange des genres, quitte à accepter une certaine irrégularité. Certaines ruptures de ton peuvent surprendre et l’enquête se montre volontairement moins rigoureuse que dans un polar classique.
Mais ce déséquilibre appartient aussi au projet.
L’Espèce explosive ressemble finalement beaucoup à Fulda : imprévisible, parfois approximatif, souvent drôle et capable, au détour d’une scène, d’une étonnante lucidité.
Étrange mélange de polar rural, de comédie noire et de fable écologique, L’Espèce explosive possède surtout le mérite de ne ressembler à presque rien d’autre. Alexis Manenti compose un gendarme aussi intuitif que catastrophique, tandis que Sarah Arnold transforme la guerre des sangliers en radiographie d’un monde agricole sous pression. Le récit s’égare parfois autant que son enquêteur, mais son humour, son atmosphère et son goût de l’absurde lui donnent une personnalité réjouissante. Et derrière les fameux Attilas se cache peut-être la question la plus amusante du film : dans cette campagne où tout le monde semble prêt à exploser, les animaux sont-ils vraiment les plus sauvages ?