Un film en trois parties présentées en chronologie inversée. La première met en scène la fin du monde dans une ville moyenne du Névada. La Californie s’est détachée du continent, des pays d’Europe sont submergés, internet et la plupart des réseaux ne fonctionnent plus. Un professeur de collège et son ex-femme, infirmière dans un hôpital, interprétés par les remarquables Chiwetel Ejiofor et Karen Gillan, essaient de poursuivre leurs missions alors que tout n’est que fuites et collapses autour d’eux. Chuck n’intervient qu’à la marge dans de curieuses publicités le félicitant pour ses 39 années de vie. Cette partie est puissante, pleine de mystères et de beautés. La mise en scène, tout en retenue, est éblouissante. La deuxième partie est un numéro de danse improvisé, entre Chuck, comptable en congrès, pris d’une impulsion « mémorielle » (superbe Tom Hiddleston), une jeune femme qui vient d’être quittée et une percussionniste en situation d’échec : C’est spectaculaire, beau, émouvant. La troisième partie s’attache à l’enfance de Chuck, élevé par ses grands-parents bienveillants après la mort accidentelle de ses parents. Le traitement est plus conventionnel, parfois un peu mièvre et cousu de fil blanc mais là encore, les scènes de danse sont enthousiasmantes et, comme le film fonctionne en réseau, cette troisième partie est indispensable. Cette petite réserve est mineure au regard de la puissance, du mystère et de la beauté du film. Même si Steven Spielberg n’a jamais mis en scène d’œuvres de Stephen King, je trouve qu’il aurait pu réaliser ce film, à la croisée, entre autres, de : Minority Report, La guerre des mondes et The Fabelmans. La mise en scène de Mike Flanagan est très belle, les acteurs sont remarquables. Un film passionnant à revoir rapidement pour mieux en saisir toutes les ramifications.