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vincent COLLIER
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4,0
Publiée le 17 octobre 2023
Un des meilleurs films français de l'année selon moi....c'est fin et superbement interprété par la trouvaille (Kim Higelin) de Jean Paul Rouve, qui sort de son registre comique, pour interpréter un inquiétant écrivain pervers. Réalisation impeccable également.
J'ai mis du temps à partager ma critique de ce film car il a puissamment imprimé en moi Excellemment bien joué, il démontre parfaitement le mécanisme d'emprise exercé par un auteur connu et couvert par le petit milieu littéraire parisien. N'ayez pas peur de pousser la porte de la salle, pas d'images porno, à part deux images de nudité utiles au récit. Mais la charge mentale de ce film est très forte et le voir est donc essentiel
Malgré le jeu exceptionnel de JP Rouve je n'ai pas réussi à me laisser embarquer par ce film ... je pense que c'est dû à Kim Higelin que je n'ai pas spécialement apprecié
« Le consentement », c’est le titre du récit éponyme de Vanessa Springora. C’est donc comme ça que l’auteure (et victime ?) l’a vécu. A l’écran, contraintes de l’adaptation et/ou ignorance du récit littéraire oblige, c’est plutôt une emprise qui est perçue. Il sera surtout mis au premier plan les affres de Vanessa. Le soutien dans la communauté des arts et des lettres du romancier sera peu ou insuffisamment évoqué. Ça manque finalement car c’est ça le vrai sujet puisque, au-delà de l’emprise réelle qu’elle subissait, Vanessa était bien consentante. Le spectateur restera donc sur l’impression (désagréable et nauséeuse) que toutes les clés ne lui ont pas été livrées. C’est qui s’appelle un thème tabou.
Film autant dérangeant que passionnant sur le sujet abordé l'emprise d'un pédophile sur un jeune fill innocente et confondant l'amour avec cette posséssion d'un homme plus mûre qu'elle et qui sait y faire afin de l'attirer dans sa toile malsaine et la manipulant avec l'art de ses mots et la culpabilité très bien maitrisée par ces individus nuisibles. Un grand bravo au realisateur ainsi qu'aux acteurs pour cette étrange ambiance tout au long du film et les plans qui s'avent être glaçant tout en étant vrai mais avec la subtilité pour supporter ce sujet. Jean Paul Rouvre est au top de son jeu d'acteur dans ce rôle si dérangeant et obséne. Il a su nous faire oublier son côté comique habituel pour un rôle dramatique et puissant même voir tyranique sous un sourire et une attitude effrayante . Film très intérressant sur l'emprise de ces être malsains et dangeureux
Film coup de poing, violent mais tellement utile! Bravo à toute l'équipe. A force de détourner le regard sur ce genre de sujets si grave, Vanessa Filho nous montre la vérité en face et cela fait du bien de mettre un coup de pied dans la fourmilière !! Merci !
1h58 entre tension, effroi, aberration, compassion… des acteurs d’une justesse incroyable, Jean-Paul Rouve est impressionnant dans ce rôle à contre emploi, son Tchao Pantin, et Kim Higelin incroyable. Une envie irrésistible de vouloir prendre Vanessa Springora dans ses bras en sortant du film. Bref une claque !
Je suis sorti après environ 20 minutes de film. Je n'avais pas osé l'écrire, mais je lis aujourd'hui dans la presse que je ne suis pas le seul à l'avoir remarqué : le film prend le point de vue du prédateur. C'est un film qui montre le plaisir à s'emparer d'une proie sans défense car livrée à elle même. Flippant. Malheureusement, très vite, l'idée vient que c'est un film qui devrait plaire à ceux qu' on continue d'appeler complaisamment "pédophiles" quand ils devraient être qualifiés pour ce qu'ils sont, des pédocriminels.
Six ans après le coup de force que fus "Gueule d'Ange", la réalisatrice Vanessa Filho transforme l'essai avec cette transposition cinématographique du "Consentement" de l'écrivaine Vanessa Springora, best-seller de l'année 2020. Dans ce film qui aborde les dessous de l'Affaire Matzneff, la cinéaste dévoile au grand jour les mécanismes troubles de l'écrivain pédophile sans concession.
N'ayant pas lu l'ouvrage initial, je ne saurais dire si c'est une adaptation fidèle ou pas. Ce que l'on peut dire en revanche, c'est que Vanessa Filho signe à nouveau un film ultra-dérangeant. On est souvent profondément dégoûté, mal à l'aise mais il faut reconnaître qu’il faut saluer un film courageux tout autant que le livre. Parfois, pas toujours très subtil (mais ce n’est pas forcément le but), le film décortique avec une précision quasi-scientifique chaque étape de la manipulation puis de la prédation de Matzneff à l’encontre de Vanessa Springora. C’est choquant, déroutant mais salutaire. Le film n’est jamais manichéen et essaye d’être le plus nuancé possible. Il faut reconnaître le travail d’adaptation. Concernant la mise en scène, c’est beaucoup plus poser et moins rechercher que «Gueule d’Ange», ce qui est peut-être dommage. Il faut saluer également les excellents acteurs. Ce film m’a fait redécouvrir Jean-Paul Rouve, qui, quand il est bien diriger peut offrir des interprètations excellente. Ici, l’acteur est paradoxalement au sommet de son art. Il campe un Gabriel Matzneff troublant de réalisme aussi bien charismatique, malsain qu’écoeurant – et cela est peut dire. L’acteur s’est confier sur la difficulté à jouer le rôle et on peut le croire aisément. Toutefois, il s’en sort admirablement. Certainement que sa prestation fera date dans les annales. Ce film le classe en tout cas comme favori pour le titre face à Benjamin Lavherne pour "L'Abbé Pierre". Avec ce film, il pourrait briguer sa 3e nomination aux Césars et peut-être sa première comme «meilleur acteur». Kim Higelin est plutôt en demi-teinte durant le film et c’est dommage. C'est un comble pour une actrice dont le rôle est le protagoniste. Pour compléter ce trio, Laetitia Casta est à la fois absolument atroce, bouleversante et incroyable en mère à la fois victime et en gourou. Elle démontre elle aussi qu’elle est une actrice de grande valeurs, bien souvent mésestime et elle mériterait elle aussi une citation au César de la meilleure actrice dans un second rôle.
Globalement, «Le Consentement» est un film rempli de bonnes intentions, et un outil choc qui est aussi salutaire qu’important, mais qui parfois s’interdit à davantage creuser son sujet, peut-être de peur d’épuiser son sujet. Ce qui est sûr, c’est qu’on s’en souviendra quand même longtemps.
Travail remarquable de Vanessa Filho à partir du livre du même nom d'une autre Vanessa Springora, dressant un portrait glaçant du romancier Gabriel Matzneff. Ce dernier interprété par un Jean-Paul Rouve méconnaissable, implacable...incarne à la perfection, l'horrible jeu de séduction quand il s'applique à des enfants ou des adolescents. Minutieusement mis en scène, pour mieux mettre à nu les mécanismes de cette perversion, avec une certaine lenteur et une photographie mordante et impardonnable, Kim Higelin donne une réplique parfaite d'innocence et de sincérité, tandis que J-P Rouve à la voix de velours - c'est très bien rendu - et aux mains maniérées qui en disent long, réussit haut la main sa métamorphose de prédateur immonde...insoutenable....Excellent film qui ne peut laisser indifférent... !!**
"Le Consentement" adapté du livre autobiographique de Vanessa Springora est une adaptation partiellement réussie. En effet j'ai beaucoup aimé le livre j'ai été moins séduit par le film que j'ai trouvé parfois creux, manquant de force et pas forcément convaincu par la direction des comédiens notamment la jeune Kim Higelin et Laetitia Casta, reste la performance puissante à contre-courant de Jean-Paul Rouve en prédateur sexuel, la réalisatrice Vanessa Filho livrant un récit choc et parfois prenant sur les abus sur les mineurs et ses conséquences sur les victimes.
Aussi bien que le livre! Casting parfait pour transcrire cette époque très proche. L'ambiance du film est aussi glauque et malsaine que le livre, on n'est pas déçu!
CE film est très bien réalisé, il dérange dans le bon sens du terme, mais absolument à voir. tous les acteurs sont excellent , Kim HIGELIN , est merveilleuse.
Je n'ai pas lu le livre de Vanessa Springora et je n'ai pas connu Matzneff. Je me souviens juste d'avoir été devant mon petit écran lors de son fameux passage à "Apostrophe", et je me souviens d'avoir été écoeuré de voir ce vieux chauve un rien prétentieux se vanter de s'en prendre aux filles de mon âge. Le film a beaucoup de qualités, mais aussi un gros défaut: on se demande à quel moment spoiler: une fille de 13 ans peut tomber amoureuse de ce type qui n'est qu'auto-satisfaction? La partition jouée par Jean Paul Rouve n'offre aucune modulation. Elle est sur le même ton vénéneux du début jusqu'à la fin spoiler: (à part un très court instant à l'hôpital) et à aucun moment le personnage n'est réellement séduisant, comme si la réalisatrice ne voulait surtout pas lui donner de circonstances atténuantes. Or de ce fait c'est la jeune fille, (Kim Higelin) qu'elle prive de circonstances atténuantes, ainsi que sa mère (Laetitia Casta) car on a l'impression qu'elles tombent dans un piège plus grossier qu'il a du l'être en réalité. On passe le film à lui crier intérieurement : barre toi! Cours! Fuis-le!. Alors OK, ça crée une tension, un malaise, une émotion négative, qui tiennent en haleine pendant tout le film, mais ce manque de nuance rend l'ensemble finalement un peu caricatural.
En 2020, Vanessa Springora livre un témoignage accablant de son histoire avec Maztneff. Elle y décortique avec brio toute la mécanique du consentement. Mais si l'image de Matzneff est écornée, le livre contribue paradoxalement à le faire connaitre et à le mettre dans la lumière. Le vieil homme ne s'en tire pas si mal.
Suite à cet événement littéraire important Vanessa Springora accepte les propositions qui lui sont faites d'adapter le livre au cinéma et cosigne le scenario. Avec le film, Vanessa Springora tape plus fort. Pour cette femme, victime très jeune d'une personne toxique et dont elle fut si longtemps la proie, le retour au réel par l'image pourrait avoir un doux goût de vengeance. La virtuosité littéraire cède la place à une incarnation froide et crue.
Elle choisit Vanessa Filho. Le choix est judicieux car on devine chez cette réalisatrice quasi débutante, des béances gémellaires à celles de vanessa Springora. Elle explique en interview combien cette histoire résonne profondément en elle. Son premier moyen métrage «primitif » évoque avec force l'inceste. Dans le second film « gueule d'ange », Marion Cotillard campe une jeune femme au passé implicitement traumatique, où là encore, la question du père est centrale. Le consentement est son troisième film. Elle est la réalisatrice idoine pour cette entreprise d'atomisation : son jugement immodéré, définitif et viscéral de Matzneff, dont elle témoigne ces derniers jours sur les plateaux de télévision, garantie à Vanessa Springora que le film sera extrême : sans complaisance aucune et sans rédemption possible. Et sans subtilité.
Jean Paul Rouve a également sa part dans cette entreprise, mais peut-être malgré-lui. S'il ne parvient pas à incarner un Matzneff nuancé (une trop grande pureté d'âme sans doute), il lui substitue une figure d'ogre monstrueuse. L'outrance de son jeu, attendu par la réalisatrice, rends le personnage si antipathique qu'il donne la nausée. On ne peut que le haïr, le détester, sans limite.
Dernière pierre à l'édifice, clé de voute évidente, le jeu sensible de Kim Higelin permet au spectateur de s'identifier parfaitement à Vanessa Springora, d'être en empathie avec elle et donc faire naitre colère et dégout.
Le but est atteint, largement. Le persécuteur est défait. Que le film soit bon est une autre affaire.
Je veux dire à Vanessa Springora toute mon admiration pour le courage et la ténacité dont elle fait preuve dans le combat qui l'oppose à Matzneff. Il me semble qu'avec ce film, dans ce dernier round, elle en sort vainqueur et par KO.