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L'homme sans nom
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4,0
Publiée le 15 octobre 2021
Je suis allé à l'avant-première sans conviction, j'en suis sorti particulièrement convaincus ! La Fracture dispose d'une tension qui monte crescendo. Le film met quand même du temps à se lancer mais après on nous laisse à peine respirer, à l'image des soignants de l'hôpital dans lequel se déroule tout le film. Un presque huis clos saisissant, qui nous replonge dans la crise des gilets jaunes où les hôpitaux étaient déjà bien occupés... La Fracture est donc engagé sans être lourd et militant non plus. Outre le rythme qui nous accroche, le film est doté d'une grande émotion qui nous monte les larmes aux yeux par moment. L'humour est présent mais ne fait que sourire, il ne fait pas parti des points forts du film. Les acteurs déjà réputés sont excellents, en particulier Valeria Bruni-Tedeschi dans un rôle à la fois insupportable et touchant ! Bref j'ai adoré et j'espère que vous aussi !
Le couple Valeria Bruni Tedeschi et Marina Fois, le personnage de l'infirmière (très grande actrice Aissatou Diallo Sagna) et le rythme sont les atouts majeurs du film. C'est souvent drôle et émouvant. Le film pêche malheureusement par son côté très didactique et appuyé dans son discours qui rendent le message général, pourtant humaniste, difficile à entendre et parfois même agaçant, comme le personnage de Pio Marmai. Inégal donc.
On est certain que le propos du film était de parler d'une sorte de fracture au sein de la société française. Pour cela on décrit l'histoire d'un couple qui se rend aux urgences. On y rencontre alors les difficultés de pratiquer le métier d'infirmière. L'époque à laquelle cela se passe : les manifs des gilets jaunes. Tout cela est brassé avec outrance. On veut nous faire comprendre combien la société va mal mais à force de grossir le trait on fini pas trouver cela tragi comique. (j'ai souvent ri) Le sens du réalisme des scènes n'a pas l'air d'être le but de la réalisatrice. Désolé !
Très peu de spectateurs dans la salle au debut de la seance et encore moins a la fin de ce film ..que dire... ,un sorte de critique très grossière de notre société, le trait est tellement gros qu' il perd tout intérêts...les acteurs font de leur mieux dans ce fatras de scenario. SI vous souhaitez malgré tout voir ca ….dépêchez vous ,... il ne va pas rester longtemps a l affiche…
Trop caricatural a mon gout. J'ai eu du mal à rentrer dans le film. Seule l'infirmière rattrape tout ça mais pour le reste bof... Pas que ça soit mauvais mais rien d'extraordinaire.
En pleine période des gilets jaunes, des personnages se rendent dans un hôpital parisien. Raphaëlle, dessinatrice, a le coude cassé. Yann, chauffeur routier, a reçu des éclats de grenade dans la jambe. Le système de santé, déjà précaire, va être testé durant cette nuit de violence... L'idée est excellente. Faite une sorte de huis-clos où la tension vient à la fois de l'intérieur (hôpital en déliquescence) et de l'extérieur (affrontements en manifestants et policiers). Et aborder ainsi à la fois la situation du système de santé et la crise des gilets jaune. Par moment, on a le droit à de belles scènes, y compris de tension. Le problème c'est que les propos du film sont souvent très lourdement amenés. Je ne doute pas que l'hôpital est réellement au bout du rouleau (heureusement je n'y passe pas assez de temps pour m'en rendre compte !). Néanmoins c'est un peu la fête aux clichés. Tandis que nos protagonistes sont très antipathiques. Pio Marmaï en fait des caisses en camionneurs qui a pris des risques inconsidérés en manifestation, et qui veut à tout prix reprendre la route. Valeria Bruni Tedeschi incarne une bourgeois cinquantenaire avec la mentalité d'une ado. On ne sait pas vraiment si son comportement hystérique et égoïste vient des médocs ou de l'écriture du personnage. Toujours est-il qu'au second degré c'est drôle (était-ce l'intention de la réalisatrice ?), mais ça tranche avec le sérieux des thèmes abordés. La mise en scène se veut documentaire, avec caméra à l'épaule, gros plans, etc. Parfois cela fonctionne, parfois c'est un peu surfait, et parfois c'est difficilement lisible (la séquence de fermeture de l'hôpital, un bazar de gestion de l'espace...). Des intentions nobles donc, pour un résultat très inégal.
Quel uppercut social! On est étonné de voir Catherine Corsini réaliser un film au rythme si frénétique et au propos si engagé politiquement. Elle qu’on a plutôt vu réaliser des drames et romances. Et bien cela lui réussit plus que bien et « La Fracture » devrait être montré à tous les politiques français actuels pour les faire redescendre sur Terre. La cinéaste n’y va pas de main morte et, c’est peut-être le seul hic du long-métrage, son film pourrait passer pour manichéen tant les forces de l’ordre et ceux qui nous dirigent sont pointés du doigt. Mais n’est-ce pas au final très proche de la réalité et de ce que les hôpitaux et tout le personnel soignant vivent à longueur de temps. Et encore plus actuellement avec la crise du Covid qui a fait ressortir les blessures masquées d’un système malade et rendu dans un tel état par la faute de ceux qui l’administrent. Ce film tombe donc à point nommé et il enclenchera le débat et la réflexion comme beaucoup d’œuvres le faisaient par le passé. C’est dommage qu’il n’ait eu aucun prix à Cannes car en voilà du cinéma intense, engagé et contestataire.
On est littéralement plongé le temps d’une nuit dans un service d’urgence parisien alors que des manifestations de Gilets jaunes dégénèrent et son réprimées violemment par les forces de police. Avec un postulat aussi simple que cela, la cinéaste nous immerge littéralement dans un huis-clos hospitalier suffoquant, au rythme exalté, qui ne nous laisse pas une seconde de répit. Pour certains, cette cadence infernale s’apparentera à de l’hystérie mais, pour qui a déjà passé un séjour aux urgences, c’est tout à fait réaliste même si ce qui est montré est exacerbé par la manifestation sociale intégrée au scénario. Par petites touches, Corsini montre une bonne partie des défaillances de l’hôpital : sous-effectifs criants, manque de moyens, structure délabrées, insécurité, ... Les systèmes de santé français sont au bord de l’asphyxie et « La Fracture » rue dans les brancards avec force et nécessité. Et le film nous passe l’envie d’être malade ou de devoir se rendre aux urgences
Mais ce que l’on adore par-dessus tout dans « La Fracture » c’est l’équilibre délicat mais réussi entre le drame et l’humour. Car, en effet, elle a fait le choix d’insérer pas mal de comédie sur un sujet profondément sérieux. Et ça fonctionne. Par le biais du personnage de Valeria Bruni-Tedeschi (immédiatement césarisable dans un second rôle mémorable) et du couple qu’elle forme avec Marina Foïs, on a droit à quelque saillies humoristiques bienvenues mais totalement solubles avec le reste. Comme pour permettre de désamorcer la tension insoutenable et l’agacement de ce qui joue devant nos yeux, elle nous insuffle un peu de légèreté avec ce personnage shooté aux médicaments. Pio Marmaï est peut-être moins convaincant et Marina Foïs plus effacée mais ils se donnent tous à 100% dans cette diatribe incroyable et incandescente qui devrait pas mal remuer les consciences en soutenant un personnel hospitalier à bout de souffle. Du grand cinéma pamphlétaire, politique et réaliste qui se montre juste du début à la fin. Bravo!
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Tellement vraie, tirée d'un fait réel, cette mise en image de l'intérieur montre la détresse et le désespoir de certains français face à la situation économique compliquée qui dure en France. A la fois drôle et triste à la fois, c'est un coup de projecteur dénonciateur et engagé sur la fracture sociale qui se creuse de plus en plus dans notre pays.
Un mélange de sujets , gilet jaune , hôpital et d'histoires personnel qui fait un peu trop fourre tout. C'est confusant et on ne perçoit pas la finalité du film. Maintenant , c'est plutôt bien joué , quelques touches d'humour bienvenue et au final a retenir surtout les difficultés de l’hôpital. Accablant.
Un film de Corsini qui aborde la question des gilets jaunes et de l'état des hôpitaux en France est risqué. On connaît la réalisatrice pour ses films qui dissèquent les complexités du couple, plus que les questions sociétales. Et pourtant ce film qui concourrait à Cannes est d'une franche réussite. La réalisatrice invite un couple de femmes, parisiennes et bourgeoises, dans l'univers malades des urgence générales, aux côtés d'un révolutionnaire sensible et d'une horde de soignants et de patients démoralisés par l'état économique et social de la France.
Il y a dans ce film du rire, de l'énergie mais aussi de la gravité et de la mélancolie. Catherine Corsini parvient avec brio à décrire la réalité forcément complexe d'un hôpital parisien qui se débat entre son obligation de soigner gratuitement et le manque criant de moyens. Bien sûr, il y a de l'exagération et de l'outrance dans la mise en scène, particulièrement quand les révoltés maltraités par la police tentent de forcer les portes vitrées de l'hôpital. Il y a aussi de la démesure dans les personnages incarnés par Valéria Bruni-Tedeschi, Marina Foïs ou Pio Marmaï. Mais c'est le cinéma qui veut cela. Et finalement, la théâtralité fonctionne très bien entraînant le spectateur dans le bruit, la fureur, les larmes et les rires.
Un film dans l'air du temps de la France des gilets jaunes et des hopitaux débordés réalisé par la talentueuse cinéaste Catherine Corsini !! Ayant beaucoup ses deux derniers longs métrages "La belle saison" et "Un amour impossible", j'avais hate de voir son nouveau film "La fracture" et j'ai été pris par l'histoire qui commence un peu comme une comédie avec le couple lesbienne qui n'arrete pas de se disputer jusqu'à ce que l'une d'elle se casse un os du bras puis le gilet jaune routier raleur et à cran dans une manifestation qui se pète une jambe par un tir de mortier . Le drame commence aux urgences avec beaucoup de malades qui attendent, s'engueulent, notamment le gilet jaune avec l'une des lesbiennes puis une émeute par la suite. Catherine Corsini arrive a montrer le climat, la tension, la douleur des gens de santé, des travailleurs pauvres, la France d'Emmanuel Macron , la réalité bien montré dans la mise en scène et on ne lache pas l'écran. Les comédiens avec en tète Valeria Bruni-Tedeschi, Marina Fois ou l'étonnant Pio Marmai sont remarquables. Une oeuvre prenante et contestataire.
Excellent films qui traite de toutes les fractures. Profondément humain, drôle, émouvant, c'est une réussite. Mention spéciale à Valeria Bruni Tedeschi : toujours aussi géniale et à Aïssatou Diallo Sagna : infirmière courage et merveilleuse interprète ! Ne le ratez surtout pas !
Dubitatif sur le consensus élogieux de ce film : oui il semble décrire avec justesse la réalité d'un monde médical en souffrance, oui - encore - il ne fait pas l'erreur de tomber dans le pathos ou le spectaculaire. Mais comment ne pas souligner ce scénario croquignolesque, avec ses personnages caricaturaux (mention spéciale à Pio Marmaï) s'illustrant dans des scènes à l'articulation précaire ? Un bon documentaire gardera ma préférence pour aborder cette thématique.
La fracture dont nous parle Catherine Corsini n'est pas seulement la fracture corporelle des 2 personnages principaux ni la fracture affective que vit le couple central du film, mais aussi et surtout la fracture sociale que vivent les êtres en précarité financière et les soignants des services d'urgence. Catherine Corsini évoque tout cela dans un joyeux bordel, souvent juste, parfois un peu trop hystérique, souvent un peu trop caricatural. Qu'importe, le message passe et les acteurs sont tous épatants. A voir, ce film qui restera un témoignage des années 2020 françaises est l'un des meilleurs de la cinéaste.
C'est bien joué, ca crie beaucoup, c'est assez improbable et cela révèle la misère de l’hôpital public en France. Ce film aurait pu aussi se jouer au Québec (voir Les Invasions Barbares). Ca se regarde parce que seuls deux acteurs font le show (et le font bien). La petite morale sociale derrière est un peu fatigante. La fin est surprenante.