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Gilles K.
17 abonnés
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4,5
Publiée le 9 novembre 2021
Un film de témoignages. Un film vrai. Magistralement tourné comme un reportage. Et vraiment bien joué. Un scénario qui tient la route (pas si fréquent pour les films français qui virent souvent à la caricature, jdcjdr). Quelques heures dans un service d'urgence d'un hopital à Paris pendant les manifs des gilets jaunes et les interventions quotidiennes. Les gens qui souffrent, les conditions de travail, les conditions de soins, la répression policière violente, l'espoir, le désespoir. On rigole, on pleure, et à la fin la salle applaudit. Mise en scéne efficace. Réalisation parfaite. Montage haletant, situations crédibles.... J'ai adoré. Je recommande.
Des dizaines de patients attendent, une nuit de décembre 2018, au service des urgences de l'hôpital Lariboisière à Paris, après une manifestation des Gilets Jaunes. Parmi eux, Raf (Valeria Bruni-Tedeschi), la quarantaine, une dessinatrice en pleine crise conjugale avec son épouse Julie (Marina Foïs) qui tremble pour son fils Kevin, parti manifester et dont elle est sans nouvelles. Yann (Pio Marmaï), un routier nîmois en colère, monté à Paris pour manifester, dont la jambe a été blessée par une grenade de désencerclement. Et Kim (Aïssatou Diallo Sagna) qui enchaîne sa sixième nuit de garde, alors même que sa fille est malade, et qui tente avec toute la bonne volonté du monde et des moyens cruellement insuffisants, d'accueillir et de soulager la douleur des patients.
Catherine Corsini, figure installée de l'establishment cinématographique, réalisatrice notamment de "Un amour impossible", adapté de Christine Angot, et "La Belle Saison", mon coup de cœur de l'année 2016, s'attaque à un sujet casse-gueule et ouvertement politique. Son titre au singulier qui, au premier degré, évoque la fracture du coude qui conduit Raf à l'hôpital, est en fait pluriel. La fracture dont elle parle est triple. Premièrement, fracture dans le couple. Le film raconte la crise conjugale de deux femmes qui vivent ensemble depuis dix ans. L'hystérie de chaque instant de Raf a achevé d'éloigner Julie qui souhaite rompre et déménager. Hantée par la peur de l'abandon, hyper-possessive, Raf ne l'accepte pas et invente tous les prétextes pour retenir Julie. Deuxièmement, fracture dans la société. C'est la crise des Gilets Jaunes bien sûr qui est évoquée à travers le personnage de Yann, bouillant de rage et de colère, contre une vie de petits boulots, un salaire de misère et le sentiment humiliant de n'être ni écouté ni respecté. Troisièmement, fracture à l'hôpital. Un service public gratuit où l'on soigne tous les malades sans considération de son statut. Mais un service public menacé par le manque de moyens et les cadences infernales.
La barque aurait pu être lourde et "La Fracture" sombrer. Tel est d'ailleurs l'avis de quelques amis particulièrement critiques avec ce film. Tel n'est pas le mien. J'ai au contraire particulièrement goûté la fluidité de l'écriture de ce scénario qui maintient le rythme et l'intérêt sans temps mort. Unité de temps, unité de lieu, unité d'action : après un court prologue, tout se passe entre les quatre murs de l'hôpital bientôt assiégé par les forces de l'ordre qui veulent y poursuivre les Gilets jaunes qui y ont reflué.
Outre la qualité de son écriture, le principal atout de "La Fracture" est dans son interprétation. Avec une double mention pour Valeria Bruni-Tedeschi et Pio Marmaï. Le registre de la première n'est pas nouveau : l'hystérie ; mais elle l'interprète avec un tel talent qu'on ne peut qu'applaudir à sa prestation. Pio Marmaï lui aussi ne sort guère de sa zone de confort : celle du chien fou à la Dewaere ; mais là encore, il y est excellent.
Boulversant. Si ce film restitue ce qui se passe dans nos services d'urgence hospitaliers sans être trop caricatural, alors il est grand temps d'agir. J'ai été touché comme rarement, du même niveau que "intouchable" selon moi. Les jeux d'acteurs sont remarquables. Le film empreint d'humanité. Quel moment.
Le film n'est pas nul mais je l'ai détesté. Détesté son parti pris pro GJ et antiflics malgré la piètre tentative d'en montrer un sympa à la fin. Travaillant comme soignante, la déliquescence de notre système de soins aurait mérité mieux que cette malhonnêteté intellectuelle. Certains GJ ont encombré nos urgences à la suite de leur propre violence et /ou ont agressé des policiers. Allez, Je vais revoir "Si on chantait" pour calmer ma colère.
Ce film m'a beaucoup fait penser à Polisse, ce sorte de huit clos dans la vie d'aides soignants. Par contre il y a clairement des personnages qui ne servent à rien et c'est dommage, ils auraient pu faire un film comme polisse mais version hôpital mais ils sont passés à côté, dommage
Le sujet est vraiment bien traité et le choc ouvre les yeux même si je ne serais pas allé le voir si j'avais su que c'était aussi politique. En revanche, les deux personnages du couple sont proprement insupportables et ça fait vraiment tâche sur le film. C'était insupportable d'entendre Raf hurler à la mort pour rien toutes les 30 secondes, franchement. Elles n'étaient absolument pas attachantes.
Ce film éminemment politique qui évoque les préoccupations actuelles des Français est une véritable réussite. Le courage d'aborder des sujets pas toujours consensuels, le choix de l'humour pour couvrir d'un voile pudique les dysfonctionnements de notre service de santé publique ou la gestion des forces de l'ordre constituent un défi relevé avec beaucoup d'élégance et de brio par une Catherine Corsini au meilleur de sa forme. Les histoires croisées du couple Raf-Julie (Valeria Bruni-Tedeschi et Marina Foïs) et de Yann (Pio Marmaï) apparaissent criantes de naturel par la grâce d'une direction d'acteurs très précise, semble-t-il, et d'un montage nerveux qui garde le fil chronologique du scénario. On ne s'ennuie pas une minute à ce film qui restera emblématique de cette période "gilets jaunes" et sera indispensable dans quelques années pour comprendre cette explosion de colère qui a marqué notre pays en 2019-20.
Un film de Corsini qui aborde la question des gilets jaunes et de l'état des hôpitaux en France est risqué. On connaît la réalisatrice pour ses films qui dissèquent les complexités du couple, plus que les questions sociétales. Et pourtant ce film qui concourrait à Cannes est d'une franche réussite. La réalisatrice invite un couple de femmes, parisiennes et bourgeoises, dans l'univers malades des urgence générales, aux côtés d'un révolutionnaire sensible et d'une horde de soignants et de patients démoralisés par l'état économique et social de la France.
Il y a dans ce film du rire, de l'énergie mais aussi de la gravité et de la mélancolie. Catherine Corsini parvient avec brio à décrire la réalité forcément complexe d'un hôpital parisien qui se débat entre son obligation de soigner gratuitement et le manque criant de moyens. Bien sûr, il y a de l'exagération et de l'outrance dans la mise en scène, particulièrement quand les révoltés maltraités par la police tentent de forcer les portes vitrées de l'hôpital. Il y a aussi de la démesure dans les personnages incarnés par Valéria Bruni-Tedeschi, Marina Foïs ou Pio Marmaï. Mais c'est le cinéma qui veut cela. Et finalement, la théâtralité fonctionne très bien entraînant le spectateur dans le bruit, la fureur, les larmes et les rires.
Ces thèmes sont rarement abordés au cinéma. Bravo de montrer la misère à l'hôpital et les violences policières.Formidables actrices, scénario superbement écrit, allez-y sans hésiter !
Un film qui n'apporte pas grand chose, ni récit, ni message, ni émotion. On dirait un reportage tiré des actualités étalé sans fin, ou un sujet d'envoyé spécial avec le titre: "les coulisses des urgences", ou pire parfois des scènes d'au théâtre ce soir. On n'y croit pas et d'ailleurs les spectateurs y allaient tous de leur commentaires à voix haute et riant chaque fois que cette pauvre femme au bras cassé tombait de son brancard. On ne peut leur donner tort: c'est brouillon, bâclé, peu probable mais burlesque . Jeu impeccable des actrices avec une mention particulière pour la performance de l'infirmière, remarquable!
Voila bien longtemps que je n'ai pas vu un si mauvais film. Engagé pour nous faire détester la police et avec un couple d'actrices médiocres . A éviter absolument.
Voilà où nous en sommes Tout cassés de partout À regarder l'autre comme un con radical À pleurnicher aime-moi console-moi À vouloir sauver sa petite peau comme un rat pris au piège Est-ce qu'il faut tous passer par les urgences pour enfin s'écouter et s'aimer vraiment ? Merci Catherine Corsini pour ce film lucide et essentiel.
Soyons honnête : pour une fois qu'un cinéaste ( en l'occurrence, UNE) inscrit son film dans un contexte social, on ne va pas se plaindre. La situation des urgences , la vague des gilets jaune... un film inscrit dans son histoire, dans un territoire temps ( l'avant covid) et lieu (paris). Seulement C Corsini choisit de raconter la grande histoire par le biais de la petite, et notamment de celle d'un couple de femmes en perpétuelle querelle amoureuse. Et la on redescend d'un cran car même très bien dialoguée, même très bien interprétée, cette petite histoire parasite et amoindrit la portée du film. Tout comme l'excès de certaines situations vers la fin du film. Ça reste très théâtral ( sans doute voulu - film en huis clos) , à la limite du boulevard parfois alors qu'on attendait de l'émotion. Dommage. La série Hippocrate demeure supérieure dans sa finesse à entrelacer le portrait d'un hôpital à l'agonie et celui de ses soignants, éminemment humains alors que ceux de la Fracture ne sont parfois que les simples représentants de leur classe sociale.
Bien que la situation soit très caricaturale et le trait peut-être trop forcé, j'ai souri et même ri à cette comédie réjouissante...A voir pour passer un bon moment...
Très bon film, rythmé et tendu, les acteurs sont drôles et émouvants, pleins d'énergie et de justesse. Le parti pris politique sous-tendu par le scénario est un peu manichéen mais la réalisation excellente prend le dessus.