S’il va chercher son inspiration dans un peu trop d’endroits familiers pour rester vraiment original, ‘Inexorable’ a d’autres arguments à faire valoir. C’est vrai, le concept de la jeune femme, en apparence bien sous tous rapports mais au passé inconnu, qui s’infiltre au sein d’une famille bourgeoise n’a rien d’inédit. Même s’il reste tout à fait fonctionnel, le scénario, au confluent de ‘Liaison fatale’, ‘La main sur le berceau’ ou même ‘Un homme parfait’ de Yann Gozlan, ne ménagera pas de grandes surprises à ceux qui ont déjà vu les films en question. Ce qui permet à ‘Inexorable’ de se hisser un peu au-dessus la masse des Thrillers francophones, c’est son exécution, elle aussi sous influence mais des influences suffisamment maîtrisées pour doter le film d’un authentique impact visuel, là où beaucoup de Thrillers hexagonaux restent encore engoncés dans les codes du cinéma “réaliste”, et établir une atmosphère qui porte, au point de faire d’un manoir chabrolien une sorte de maison hantée à la géographie incertaine. L’autre atout du film, ce sont ses acteurs et actrices, spécifiquement Alba Gaïa Bellugi, sorte de jeune Charlotte Gainsbourg psycho et Benoît Poelvoorde, dans un rôle notoirement à contre-courant de ses partitions habituelles, peut-être même le one-shot de toute une carrière. Et puis, il y a ces scènes qui, bien positionnées, marquent suffisamment pour empêcher le film de sombrer dans le flou mémoriel. Ici, c’est l’anniversaire de la petite fille, une vingtaine de minutes avant la fin : cette scène est courte, elle n’est pas indispensable, elle est même plus incongrue que vraiment dérangeante mais grâce à elle, ‘Inexorable’ sera toujours, au minimum, “Ah oui, ce film avec l’anniversaire de la gamine”. Bref, ‘Inexorable’, si vous êtes amateurs de Thrillers et même de Thrillers déguisés en dramas qualité française, vous l’avez certainement déjà vu par le passé…mais probablement pas de cette manière là.