Un très bon film et un très bon retour de Paco Plaza. Abuela est un bon film d'horreur qui mélange plusieurs genres avec Brio ce qui en fait une œuvre dérangeante et effrayante. Je l'ai vu au festival de Gérardmer et c'était un coup de coeur.
Les frissons que Paco Plaza a orchestrés pour son passager à Gérardmer se bonifient avec le temps. Il n’est donc pas anodin de le retrouver dans une thématique de fin de vie et de maturité, qui a tout pour plaire. Le metteur en scène du célèbre found-footage « [REC] », « Verónica » et « Œil pour œil » régale d’une tension palpable, dans un style plus épuré, mais qui ne manque pas d’efficacité lorsqu’il s’agit de faire monter l’adrénaline. Et le terrain de jeu du scénariste Carlos Vermut (La Nina de Fuego, Quién te cantará) permet de nourrir ce huis-clos d’une tendresse inattendue, rendant à la fois hommage aux interprètes et aux personnes du troisième âge. Nous ne nous égarons pas dans une cellule familiale pour rien, car toute l’émotion que l’on en tire vient de la chair, celle qui mûrit et celle qui pourrit.
La jeunesse est loin d’être éternelle et c’est pourtant le cœur de métier de la mannequin Susana (Almudena Amor), en pleine ascension dans le milieu. Mais à la frontière du succès et à l’apogée de sa beauté, elle est ramenée vers sa grand-mère Pilar (Vera Valdez), désormais dépendante d’une assistance humaine. En investissant les lieux du logement, toute la lumière qui lui apparaît est en réalité teintée d’une sombre tragédie, la même qui la guette dans sa carrière, à savoir la vieillesse. Nombreux sont les totems du temps qui passe et qui laisse derrière lui la fragilité du corps. L’illustration intensive continue, et de manière frontale, à l’image d’une ouverture qui a déjà déroulé tout son propos. La grand-mère fantasme sur la jeunesse, tandis que la petite-fille sonde la fatalité qui l’attend. C’est inéluctable et tout l’enjeu du mystère devient une obsession morbide pour filmer et comparer le corps de ces femmes.
Le jeu des comédiennes rattrape pourtant le tout, en détournant habilement la terreur comme une pensée personnelle qui affecte chaque personne qui redoute de regarder en face de lui. Un jeu de miroir unit donc les protagonistes dans un tourment similaire, mais qui est davantage subit du côté de l’invitée. Susana est sujette à des visions ténébreuses qui lui viennent du passé, du présent et du futur. Et la perte de ses souvenirs d’enfance ne serait-elle pas simplement le résultat d’une amnésie frénétique, en parallèle d’une « Abuela » en plein contrôle de son corps, que l’on croirait inerte au premier abord ? Le récit possède énormément d’interrogations de ce genre, sans se cacher derrière des symboles subtils. Une cage reste une cage, mais la prison mentale réside en réalité dans tous les plans, qui communiquent et qui se transforment au fur et à mesure que les corps se décompensent.
Plaza signe ainsi une bonne revanche avec ses récits de possession, où l’on tourne souvent autour d’une condition humaine incomprise. Ici, il met en valeur la bougie de trop, sans la sacraliser. Il en fait une source d’inspiration, qui terrifie le spectateur rien qu’à l’idée de regarder la dépendance de nos aînées, que l’on ne chérit pas assez ou que l’on faillit à entretenir. C’est en recollant tous les morceaux que l’on peut pleinement profiter d’un espace, pas aussi symétrique qu’on le croit, quitte à épouser l’étrangeté d’une relation qui suscite plus de frayeurs qu’une analyse poussée sur la fugacité de la beauté.
L'Espagne nous envoi de nouveau un petit film d'horreur. Le film à du mal à ce lancer , aurait pu plus rapidement partir avec ce duo petite fille/ grand mère. Car une fois le ménage en route on monte petit à petit en tension avec des apparitions, des bruits par-ci par-là, en plus dans un appartement peu avenant. et le fait qu'elle soit toute seul à s'occuper de sa abuela. Le soucis c'est que tout de suite ou assez rapidement on comprend ce qui se trame pour la demoiselle et c'est dommage. Aurait pu un peu embrouiller pour nous amener là où il voulait. Une ou deux scènes où on se dit ben va y casse toi et c'est fini mais non elle reste mais sans réel raison (non non la relation était fini à ce moment) et puis on laisse croire que mais on sait le résultat. Cela gâche un peu ce manque de surprise... NOTE : 5/10
Une oeuvre mystèrieuse qui pâtit de grosses longueurs n'arrivant pas toujours à garder le spectateur. Le film n'est pas effrayant, après la conclusion s'avère plutôt satisfaisante même si elle ne vole pas bien haut.
Dans les veines de "Relic" sorti en 2020, cette nouvelle production espagnole : Abuela, tire du positif comme du négatif. J'ai donc un avis mitigé même si je suis plus centré sur le positif ce qui explique mon 3/5. La mise en scène est bien travaillée, les mouvements de caméra, les décors, les images montrant la grand-mère. C'est original et singulier. L'actrice principale, interprétant le personnage de Susana est assez convaincant dans son rôle. Le rythme est par contre trop léger. J'ai souvent attendu les évènements se déclencher pour que l'intrigue s'accroitre davantage [SPOILER] et ce n'est malheureusement qu'au dénouement qu'on a pu en savoir et voir un peu plus [SPOILER]. Malgré une atmosphère angoissante sur la vieillesse et tout son processus, encore une fois, comme dans "Relic", les faits sont trop implicites et je n'y adhère pas !
Très vite on comprend l'allégorie autour de la vieillesse avant de percevoir l'idée d'une jeunesse éternelle mais ça tourne en rond, on attend constamment que ça décolle , que ça évolue enfin. En fait au fil du récit de plus en plus de questions se posent, les questions se bousculent au point qu'un éventuel suspense se voit annihiler à chaque fois. Le fantastique de l'histoire en rajoute également. Y a-t-il une entité externe ?! Est-ce un rite ou une possession démoniaque ?! Disparaître et réapparaître comme une téléportation est-ce une illusion de l'esprit ou est-ce un réel pouvoir ?! Pourquoi la petite-fille ne se souvient pas de sa cahier intime ?!... etc... trop de questions,, d'interrogations qui partent dans tous les sens. La musique fait bien son job, idéalement angoissante mais sans image terrifiante pour la soutenir, pas un jumpscare ni porte qui grince, tout se focalise sur la petite-fille qui perd pied et une grand-mère cadavérique particulièrement inquiétante. La fin confirme ce qu'on imaginait mais sans répondre à ce qui intéresse vraiment et notamment mais qui est cette blonde ?! Un film esthétiquement assez fascinant, mais pour le reste ça paraît aussi superficiel que vain. Site : Selenie
Le cinéma d’horreur avait déjà abordé récemment la peur du vieillissement et de la perte d’autonomie dans l’excellent "Relic" de Natalie Erika James. Et ce dernier est plus réussi que ce "Abuela". Les silences, utilisés trop systématiquement pour créer le malaise, en viennent à plomber le rythme.
Abuela de Paco Plaza, illustre créateur de la saga Rec, nous emmène aux confins de la vieillesse, et de la mort, en nous contant l'histoire d'une jeune fille de retour dans la maison de son enfance pour prendre soin de sa grand-mère malade. Et comme pour cette génération de films honorifiques psychologiques qui ont le vent en poupe depuis quelques années, il ne se passe presque rien jusqu'à la fin, si ce n'est les chouinages du personnage principal. C'est dommage car la abuela est parfaitement incarnée, pas mal flippante, mais derrière il ne se passe rien, on a bien deux ou trois scènes qui tentent de nous faire sursauter, au final on ressent surtout un ennui profond. Même si les thématiques du métrage sont intéressantes, c'est beaucoup trop plat pour interpeller qui que ce soit, on se contentera donc d'un final un peu plus nerveux et qui n'explique pas grand chose non plus. Bien moyen tout ça.
La mise en scène est d'une indiscutable qualité, tous nos sens sont mis en émoi. Si la forme laisse ce goût sucré du travail bien fait, le fond démontre trop rapidement sa désagréable vacuité. Une œuvre unique à l'amer saveur d'inachevé.
Un film d'horreur classique, mais efficace. Le rythme est lent, mais on reste accroché de bout en bout jusqu'au final. Une jolie proposition espagnole.
Après une heure soporifique, non non, je ne me suis pas trompé, je n'ai pas voulu dire horrifique, après une heure où l'on cherche à ne pas s'endormir donc, il reste une demi-heure à tenir. Est-ce qu'elle va révélée enfin, un sursaut surnaturelle qui va sauver le film des méandres de l'ennui, est-ce qu'elle va créer devenir la révélation ultime qui fera de ce film un chef d'œuvre ? Et bien non, le vide intersidéral sera présent jusqu'au bout, faute à un pitch mensonger, à un grand prix du jury à Gérardmer, où l'on attend un film horrifique, c'est un drame sur la vieillesse. Alors certes, cette vieille femme est assez flippante, mais ce n'est pas elle qui fait peur, c'est la vieillesse qui s'empare de son corps qu'il lui ôte toute beauté. Ensuite exploiter le thème de Dorian Gray pour aboutir à une fin tarabiscoté ne suffit pas à nous donner une explication précise des intention du réalisateur et de son scénariste. Voilà le constat, le réalisateur voulait faire un film sur le temps qui passe et la vieillesse, et la maison de production lui a dit, ok, mais il va falloir créer des effets surnaturelles pour vendre le film (puisque réalisateur de REC), et on obtient un objet non identifié, non identifiable, et non consommable.
Malgré sa très jolie réalisation, Abuela souffre d'énormes longueurs et de répétitions lassantes, d'autant moins pardonnables que la scène d'ouverture suggère fortement la fin du film.
Un film qui traite la peur de vieillir et de la fin de vie de manière horrifique. La Abuela est cependant un film d’ambiance plus que de frisson, qui va plus jouer sur le malaise que sur des Jump Scare. La définition de l’espace est particulièrement réussie dans ce film en nous présentant un appartement oppressant à la décoration vieillotte où le poids du passé pèse sur les épaules de son personnage principale et fini par arriver sur celle du spectateur. Si le traitement aurait put être un peu plus original, le sujet lui est suffisamment rare pour rendre le film marquant.