Les producteurs français ont beau marteler que le cinéma de science-fiction est un genre réservé aux américains, les faits montrent que depuis "La jetée" de Chris Marker en 1964, le genre a régulièrement inspiré des francs tireurs qui ont somptueusement ignoré ignoré ces préjugés. Cela ne saute pas aux yeux, mais il existe bon gré mal gré, une vraie histoire du cinéma de science-fiction française allant de "Barbarella" à "Valérian", en passant par "Le bunker de la dernière rafale", les dessins animés de René Laloux ou les films de Enki Bilal, ou encore très récemment "Arès". Hormis "Le cinquième élément" et "Valérian", tous ces films ont un point commun, ils ont été tournés dans des conditions de financement fauché.
"Le dernier voyage" n'est donc qu'un énième film de science-fiction dans cette lignée, issue d'un court-métrage du même réalisateur qui eu un beau succès en festivals. La production de cette version longue se fera vraiment avec des bouts de ficelles et grâce à la volonté de ses participants à vouloir mené à bien ce projet. Et même si ce n'est pas des plus réussit, ça fait du bien de voir ce genre de film qui détonne du reste de la production hexagonale habituelle. Rappelons que "Le dernier combat", le premier film de Luc Besson, avait été réalisé dans le même genre d'économie et reste toujours à ce jour un de ses meilleurs films. La technologie moderne aidant, "Le dernier voyage" est visuellement très réussit, montrant le réel savoir faire des sociétés d'effets spéciaux française, même si ici aussi leur participation n'a pu se faire qu'en participation faute de budget.
L'aspect négatif est peut-être dû aux trop de compromis faits pour entrer dans le budget. Si l'univers rapiécé du film fait référence à de nombreux classique du genre (de "Mad Max à "Star Wars"), son histoire elle, manque, soit de clarté, soit de folies. L'histoire de cette Lune rouge reste assez nébuleuse dans le scénario, laissant place à plusieurs interprétations, mais le projet manque d'audaces scénaristiques qui l'aurait vraiment démarqué du cinéma américain. Au lieu de ça, le résultat est un peu mi-figue, mi-raisin. C'est différent, mais ça n'est pas marquant non plus...
A noté que le film fut un des seuls à avoir été exploité en salles au beau milieu des vagues de Covid 19 et un des tout premier à être sortie à la timide réouverture des salles.