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Eiben57
3 abonnés
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3,5
Publiée le 10 mars 2024
Au contraire du Boléro, ce film n’est ni rythmé, ni sensuel, ni érotique. Il est d’un ennui sublime. La réalisation est magistrale, les photos transcendantes et Raphaël Personnaz incarne un Ravel exceptionnel de vérité. Mais à part quelques séquences, le rendu du processus créatif reste intellectuel au lieu d’être angoissant. Quant au casting féminin, il ne provoque aucun désir obsédant. Le début et la fin sont des moments absolus.
Une jolie surprise, un film en finesse et intensité qui nous dévoile cette personnalité très particulière de Ravel, et les affres de la création. Un casting parfait, et une mention spéciale à Jeanne Balibar qui nous montre l'étendue de sa fantaisie, de sa créativité. Une interprétation fine et juste de Raphaël Demmonaz.
On aime ...on aime pas ....J ai adoré ❤️...Le sujet la réalisation...les paysages.... le jeu d acteurs l atmosphère...qui s y dégage et cette musique qui touche au plus profond quand on y est sensible ...
N'y courez pas les yeux fermés, car même les images sont magnifiques!
Et ne parlons pas des dialogues, un vrai festival (en particulier les répliques d'Ida Rubinstein).
Quant à la musique, bon, on savait évidemment à quoi s'attendre.
Petit bémol, quand même: lors de l'audition au conservatoire, la réalisatrice n'a pas fait l'effort de donner une impression de prise directe du piano. Mais en regard de cette somptueuse réalisation, peanut...
Un très beau film.... magnifiquement filmé et joué. Mention spéciale à R. Personnaz qui incarne à la perfection Ravel. Un vrai régal... pour l'histoire de ce morceau d'anthologie... et la finesse de la réalisatrice et des acteurs.
Ce film d’une subtilité rare est exceptionnel de sensibilité. Les décors sont absolument magnifiques et le jeu des acteurs quasiment parfait. Il nous fait découvrir l’âme d’un artiste du début du vingtième siècle habité par son art. Les rapports humains de cette époque dans les milieux favorisés sont décrits avec une virtuosité qui me fait regretter ma non appartenance à ceux-ci. Quant à Maurice RAVEL, si le film m’a donné l’envie de découvrir l’intégralité de son œuvre, il m’a aussi donné celle de ne surtout pas vouloir connaître sa véritable biographie. Celle qui est dépeinte dans le film est tellement belle que je n’en veux pas d’autre.
Outre la demi-heure de trop, le problème majeur de ce film est qu'on ne sait rien de la vie privée de ce compositeur. Et d'ailleurs, c'est ce qui fascine chez cet homme puisqu'on est réduit à écouter sa musique pour le comprendre ! Je sais qu'à notre époque, il est compliqué d'imaginer qu'un homme public tel que l'était Ravel, ne donne au monde que son art et garde pour lui sa vie personnelle ! Et c'est là que le film révèle qu'en fin de compte, il n'a pas grand chose à nous dire et que, comme sur certaines chaînes d'information, enfin, qui se présentent comme telles, il en est réduit à inventer plutôt qu'informer... Mieux vaut lire Ravel de Jean Echenoz. Et l'écouter.
Un très bon film sur la création et l’obsession artistique. J’ai beaucoup aimé le personnage de Raphaël Personnaz, joué subtilement, touchant dans sa maladresse et son insatisfaction quasi constante, toute comme spoiler: dans sa raideur face aux femmes . L’ouverture m’a tout de suite emportée avec les interprétations très diverses du Boléro à travers le monde en guise de générique, après une scène d’entrée également prenante. Il faut attendre longtemps après cette séquence, plus d’une heure de film, pour entendre naître les premières notes du Boléro grâce à spoiler: l’intervention de la domestique de Ravel . Cette attente, au lieu de m’ennuyer, m’a beaucoup plu, m’a maintenue dans l’attention et la hâte de voir comment Ravel allait se dépêtrer en voyant la fin du délai arriver à grands pas. Cela me rappelle ce fameux texte de Rainer Maria Rilke dans Les Cahiers de Malte Laurids Brigge, « Pour écrire un seul vers », qui pourrait ici se rapporter à Ravel : « Pour écrire une seule note, il faut… » (voir le texte en entier qui illustre à merveille le processus de création artistique).
Puis c’est l’accouchement (comme dirait toujours Rilke), le Boléro vient au monde, commence à nous envoûter quasiment jusqu’à la fin, même dans les scènes de silence et de stérilité, nombreuses – chose que j’ai également appréciée dans le film : on prend le temps, certains pourraient parler de longueur, pour ma part, j’ai trouvé que cela illustrait très bien le processus de création. Le Boléro retentit dans son crescendo entrecoupé de quelques silences, musique qualifiée de charnelle ; pour ma part, ce qu’elle m’a évoqué, c’est l’obsession, le perfectionnisme, cette lutte interne chez Ravel, cette rage contenue.
Les femmes ici semblent des symboles sensuels, bien que Misia Sert (Doria Tillier) apparaisse aussi comme une personnalité libre et subtile. Mais Ida Rubinstein (Jeanne Balibar) est juste terrible dans son désir d’art charnel.
J’ai retenu 0,5 point à cause de quelques scènes dans les souvenirs de Ravel qui ne m’ont pas semblé servir beaucoup le propos, et pour la fin assez ambiguë, qui se pourrait être intéressante, mais qui m’a un peu déconnectée de l’univers général et que j’ai trouvé un peu artificielle. Même si évidemment, elle peut symboliser l’universalité et l’intemporalité de l’œuvre.
Il était bon que, dans la bouche même du personnage de Ravel, soit mentionné le fait qu’il n’y en ait que pour le Boléro. Moi-même, je m’avoue inculte sur le reste de son œuvre. Mais ce film va sans doute élargir ma curiosité !
Amateurs de musique et du drame de la création et de l’artiste, n’hésitez pas à aller le voir. Vous en ressortirez avec une mélodie entêtante (je ne l’ai pas dans la tête : je l’entends dans ma tête), peut-être que vous ne la supporterez plus, tout comme Ravel. Mais peut-être qu’en prenant un peu de recul, un peu plus tard, vous direz, comme lui dans une des dernières scènes : spoiler: « C’était pas mal. »
Je sors du ciné avec le Boléro en tête... Les actrices sont fabuleuses, Emmanuelle Devos en tête, mais la réalisation m'a semblé manquer de rythme. Le scénario analyse bien le syndrome de la page blanche et la façon dont Maurice Ravel composera son chef d'oeuvre.