Quelle excellente surprise que ce petit film allemand réalisé par Maria Schrader. Il fait partie de cette catégorie, trop rare, des films de science-fiction (ici, une IA incarnée dans un physique d'homme idéal) qui portent une véritable réflexion philosophique sur l'essence des sentiments humains. Derrière cette fiction amusante, le spectateur est amené à s'interroger par le biais d'Alma (magnifiquement interprétée par Maren Eggert) sur l'illusion amoureuse. D'où nait le sentiment amoureux ? Est-il le fruit d'une relation sincère ou la satisfaction d'une projection égocentrée ? C'est fin, amer mais lucide, quasiment nietzschéen. Un grand film.
La question pourrait être posée dans l'autre sens, mais, dans "I'm your man", elle se résume en : pour une femme, le compagnon idéal, celui le plus à même de la rendre heureuse, est-il un homme qu'elle pourrait considérer comme étant parfait, sans défaut, donc sans aspérité, apte à satisfaire tous ses désirs ? Alma est une scientifique "pointue", spécialiste en écriture cunéiforme, qui a accepté une expérience un peu particulière : vivre pendant 3 semaines avec Tom, un robot correspondant en principe à son idéal et à l'apparence humaine absolument parfaite. Le film commence par décrire les débuts difficiles de la relation et prend du temps avant d'aborder vraiment la question quasi philosophique évoquée ci-dessus. Bien interprété par Maren Eggert, qu'on a beaucoup vue dans des films de Angela Schanelec et qui a obtenu le Prix d'interprétation féminine lors du Festival de Berlin 2021 pour son interprétation d'Alma, et par le comédien britannique Dan Stevens (.Matthew Crawley dans "Downton abbey") dans le rôle de Tom, "I'm your man" manque parfois un peu de souffle mais arrive à faire réfléchir sur le couple, sur ce qui est important pour le créer, sur ce qui est important pour qu'il dure. On peut se demander, voire s'offusquer, que le titre original, un titre en allemand, "Ich bin dein Mensch", ait été remplacé par un titre en anglais, "I'm your man", et non par un titre en français, par exemple "Je suis ton homme". En fait, l'utilisation de "homme" pour traduire le mot allemand "Mensch" est réductrice. Pas sûr que l'utilisation de "Man" ne le soit pas aussi !
Le synopsis de I’m your man adapté de la nouvelle éponyme d’Emma Braslavsky suscite l’intérêt et la curiosité. Maria Schrader et son coscénariste Jan Schomburg font le récit d’une relation sentimentale entre Alma interprétée par Maren Eggert et un robot humanoïde sous les traits de Dan Stevens. Cette « rencontre » provoquée et expérimentale sur fond d’intelligence artificielle constitue à priori une excellente matière pour un film d’anticipation. Maria Schrader emprunte moins les codes des films d’anticipation que ceux du théâtre. Ce choix semble délibéré de la part de la réalisatrice allemande. A nos yeux, cette option discutable alourdit le film d’un carcan peu adapté au propos avancé. L’autre conséquence négative réside dans la conservation de l’artificialité du récit mais, là encore, cette perception faisait peut-être partie du cahier des charges suivi par la cinéaste. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/festivals/berlinale-2021/
Alma, une scientifique, doit se prêter à une expérience : vivre avec Tom – un robot programmé pour être l’homme de sa vie – pendant trois semaines, avant de donner son avis sur les questionnements éthiques que ces nouveaux êtres technologiques pourraient soulever. Jusqu’où est-on prêt à aller pour ne pas être seul ? (lire la suite sur cultureauxtrousses.com)
"Alma" (Maren Eggert - peu emballant "Ours d'Argent de la Meilleure Actrice" à la Berlinale 2021, à cette occasion) est enseignante-chercheuse en résidence au Pergamon de Berlin. On promet un voyage d'études à Chicago et des fonds supplémentaires à la philologue, spécialiste de l'étude des écritures cunéiformes, si elle participe à un programme haut de gamme en IA. La quasi-quinqua, célibataire esseulée et bréhaigne, devra "évaluer" un androïde réalisé selon ses voeux dûment collectés par le fabricant, "Tom" (Dan Stevens - "Matthew Crawley" dans la série "Downton Abbey"), aux physique et à la fantaisie très "british". Le spectateur comprend vite que l'austère intellectuelle est, au fond, très "fleur bleue", et guette l'inévitable cristallisation stendhalienne (même si de la femme au... robot). La fable pourrait être prenante, et joliment romantique - mais elle demeure raide et tiède. S'imprime cependant la "morale" de l'affaire : il y a des "progrès" au goût trop amer (quand ils entrent en conflit avec poésie et onirisme) pour qu'on en accepte standardisation et banalisation. Un peu "juste", pour adhérer vraiment à ce "Ich bin dein Mensch"...
ça c'est de la "science fiction", très peu éloignée de la réalité, mais très plausible;. Pas de machines volantes, de voyages dans la lune ou invasion d'aliens, mais une histoire d'amour entre une femme et un robot....Que les dialogues sont intéressants te portent réflexion, notamment sur la solitude de 'homme, de plus en plus prégnante et répandue....la réalisation est millimétrée et l'interprétation subtile.....Un film qui interpelle chacun dans sa difficulté de vivre en société et qui peut être prépare l'avenir pour chacun, je conseille, pas fortement, mais je conseille.....
Pourquoi mettre une note si élevée à un film dont le thème a déjà été souvent traité y compris dans des séries comme Real Humans ? Tout simplement parce que la réflexion est plus soignée et traite vraiment de ce qui fait notre humanité, de ce que chaque être humain recherche, peut accepter et espérer comme complémentarité dans sa vie de couple.
I'm your man est bien plus malin que sa bande-annonce et son pitch le laissent penser. Les très bons comédiens ont parfaitement saisi l'esprit de cette comédie romantique, qui brasse le mythe de l'homme idéal, le désir d'enfants des quarantenaires et la difficulté à communiquer avec l'autre. Le volet technologique de ce monde imaginaire est renforcé par la VO en Allemand portant en elle la rationalité et le pragmatisme d'Outre-Rhin. Les facilités du genre sont globalement évitées et le questionnement est assez profond : dans notre monde contemporain fondé sur l'épanouissement personnel et la recherche de l'âme sœur, faut-il s'en remettre à des robots pour trouver son idéal ? Bref, un excellent moment, ludique, parfois grave, et surtout très intelligent au contact de deux personnages bien construits et bien interprétés.
Film d'anticipation minimaliste, tout en sobriété, "Ich bin dein Mensch" surprend par l'ambition de ses questionnements, volontiers déstabilisants et mettant en évidence les contradictions du genre humain. En cela, l'humanité refusée aux robots est toujours un sujet aussi passionnant, qui renvoie à des classiques du cinéma ("Blade Runner") comme à de mineures tentatives contemporaines, souvent honorables ("Zoe" de Drake Doremus, 2018) qui illustrent bien la richesse et l'ambiguïté de la thématique. Cette proposition allemande l'aborde par la déconstruction de la comédie romantique, genre balisé par excellence et bousculé ici par des questions pertinentes, sentimentales, philosophiques, sociales... Intéressant et extrêmement bien interprété par Maren Eggert (prix d'interprétation à Berlin) et un Dan Stevens dont on ne se remet pas de la qualité de son interprétation d'un robot, (en langue allemande!), le film de Maria Schrader est une jolie surprise!
Le spectateur se laisse agréablement surprendre par cette comédie, au scénario original : tester l'homme de sa vie qui s'avère être un robot qui a agglomé toutes nos données en termes de préférence chez l'autre sexe. Ce film nous fait voyager car on se sent vraiment en Allemagne. Les deux acteurs sont bons. Il n'est pas si simple de tomber amoureux même quand on a en face de nous celui qu'il nous faut.
Le film manque un peu d'allant, mais une fois entré dedans on se laisse emmener malgré une fin un peu décevante. Une mention pour Dan Stevens et son interprétation de robot "humanisé".
Une comédie romantique étonnante, d'une profondeur à laquelle je ne m'attendais pas. J'ai hâte de le revoir pour mieux apprécier tous les sujets qu'il aborde. Il est question d'humanité, d'intelligence artificielle, d'amour, de célibat, de solitude, de couple, de désir, de famille, de sentiments, d'émotions, de sexe, de recherche, d'art... Et plus encore. Passionnant, bien filmé, parfaitement interprété. J'ai beaucoup aimé et vous le conseille. Touchant, émouvant et très intéressant. J'ai pensé aux films "Her" et "A.I. Artificial Intelligence".
C'est un petit bijou tant pas la mise en scène et la réalisation que par le jeu de ses acteurs ! Pas la peine de raconter la belle histoire, elle vient à vous subtilement. C'est captivant, drôle, juste, profond, délicat. On goûte chaque minute jusqu'à la dernière image pour un dénouement intelligent. A consommer sans modération et bravo à l'équipe du film et ce cinéma indépendant !
ca ne part pas trop mal, et le concept était plutot intéressant, mais très vite ca tourne en rond et ca se transforme en une enieme comédie romantique tres peu originale et assez insipide. Pas terrible