Valeria Bruni-Tedeschi fouille dans ses souvenirs d'étudiante-comédienne, et c'est peu de le dire ; on peut remarquer aujourd'hui que les comédiens qui y sont au générique et on devine alors que les comédiens du film sont les alter ego de cette génération. Savoir et comprendre ces clins d'oeil et liens avec une période du passé de la réalisatrice-scénariste est à la fois la qualité et le défaut, d'abord parce ça reste fascinant ce mélange entre nostalgie, joie, passion et soif de liberté, puis ensuite parce qu'en tant que spectateur on reste un peu frustré souvent de ne pas pouvoir démêler la fiction du biopic et ce d'autant plus que le scénario prend le temps de quelques scènes où les anecdotes ne semblent pas si anodines. Mais surtout on s'interroge pour ne pas dire qu'on reste perplexe sur cette omniprésence du sexe (tout le monde couche avec tout le monde et les scènes tournent toutes autour également), alors que soudain on revient à une certaine forme de la dure réalité avec l'émergence du SIDA. Valeria Bruni-Tedeschi réunit la crème de la crème de la nouvelle génération d'acteurs dont une Nadia Tereszkiewicz incandescente. En conclusion, un film mémoire de toute beauté, intelligemment écrit qui est d'abord un ode à la jeunesse même si on aurait aimé une partie junkie moins vampirique vis à vis des autres sujets et/ou personnages. Site : Selenie
Ce film reprend tous les codes bobos. Cette nouvelle génération de réalisateurs nous font regretter le cinéma d’Audiard, de Godard, de Truffaut, de Lelouch… C’est avec ce genre de films que les salles de cinéma sont désertées…
Libre inspiration de Valéria Bruni-Tedeschi, qui reprend une période qui lui est chère et nous plonge dans cet univers de l'école de théatre des années 80 dans ce superbe cadre du Théâtre des Amandiers à Nanterre. Si la jeune troupe - 12 jeunes gens dans cette promotion - se livrent complètement aussi bien dans le travail que dans leur vie amicale et sentimentale, parfois avec excès, souvent pour certains d’entre eux d'ailleurs. J'ai trouvé ces comportements outranciers, pour ne pas dire plus. Louis Garrel dans la peau Patrice Chereau n'est pas plus convaincant ! Bien entendu la plastique de ces ados mais également des deux "profs" se plie aux caprices du jeu de personnages exacerbés...... L'enchainement des images est un peu pénible, manque de fluidité. Cette comédie met en lumière la jeune actrice Stella ( Nadia Tereszkiewicz ) par sa présence phénoménale, tout en créant un vide sidéral autour d'elle... !!**
Plaisir. PLaisir de voir des comédiens pas encore galvaudés (big up à Nadia Tereszkiewicz). Plaisir de voir des personnages pleins d'envies, pleins de désirs pour quelque chose d'ineffable, qui n'a rien à voir avec Instagram, un iPhone 19, ou la dernière paire de Palladium. PLaisir d'être plongés dans une époque où tout paraissait possible, aussi bien à la gosse de riche qu'aux enfants de ceux "qui ne sont rien", et ceci par la grâce du théâtre, des mots, de la scène, du travail émancipateur, autant de notions qui semblent démonétisées. Qui s'intéresse encore aux mots s'ils débordent d'un tweet? Qui s'intéresse encore à l'émotion si elle ne donne pas un clash en direct à la Télé? Combien seront-ils, les spectateurs touchés par le plaisir que procure ce film? J'aimerais qu'ils soient nombreux, ça me redonnerait de l'espoir. Ce film est un petit bijou.
Assez pénible. Pourtant, l'idée était bonne : montrer comment fonctionnent les impétrants et le metteur en scène. Sujet passionnant ! Mais là, ça traîne pendant deux heures et ça s'appesantît lourdement sur la drogue et le sida, hors sujet. La réalisatrice est certes une personnalité extraordinaire aussi talentueuse que généreuse. Mais pourquoi insister dans ce registre ? la catastrophe nommé « les estivants » n'était-t-elle pas une alerte rouge ?
Un film non abouti , bruyant , pleureur qui est supposé relater l'époque des futurs acteurs cherchant à rejoindre Cherreau dans son école "Les amandiers ". Aucun moment de grâce pour ces jeunes dans ce film car si sida il y a , il y a la drogue , les violences , les agressions sexuelles , vraiment une période splendide Les amandiers !...
Le meilleur film de Valeria est de loin. Peut être parce qu’elle ne joue pas dedans ? En tout cas tout est réussis, les musiques, le jeu, l’énergie, l’histoire. A voir.
Qu'est-ce qu'une pièce « sans père » sous sa tutelle, mais avec son lot de désespoir ? Valeria Bruni Tedeschi sonde cette réflexion à travers les coulisses de Platonov, d'Anton Tchekhov, au sein même de l'école de théâtre qui l'a lancé. Les Amandiers de Nanterre est un lieu culte chez les comédiens de formation, tout comme ceux qui y ont vu l’opportunité de côtoyer le célèbre metteur en scène Patrice Chéreau, dont on retient l’excellence et le prestige. Pourtant, il existe un masque à toute cette euphorie, qui constitue le cœur de toute l’intrigue. La pertinence derrière la caméra de la cinéaste franco-italienne se confirme et tient alors son œuvre d’autofiction comme la plus aboutie, qui hurle la passion destructrice de l’acting, que ce soit sur scène, dans les coulisses ou face à la caméra.
Entre la démonstration, la présélection et les aspirations de chacun, on s'autorise à établir le portrait de l'an 1986 et de tous les maux qui l'alimentaient. Des personnages se livrent et se dévoilent dans un défouloir juvénile, propre aux motivations de chacun, mais dans leur jeu se cache bien des émotions qu’il est parfois difficile de canaliser. Il s’agit de l’enjeu du récit, qui emportera douze candidats, tous plus candides les uns que les autres, vers la consécration de leur effort collectif. Les répétitions laissent place aux déceptions, qui vont rapidement enterrer les sourires de certains, qui croyaient déjà ce grand air à leur portée. Malheureusement, tout reste éphémère et c’est ce que Chéreau (Louis Garrel) entrevoit pour sa troupe, qui expérimente autant la folie que les amourettes passagères. C’est ainsi que se déchaîneront les émotions, projetées à la force d’une avalanche ou d’une éruption frénétique, où l’on n’en ressort pas indemne.
Stella (Nadia Tereszkiewicz) est autant la coqueluche de son ami Etienne (Sofiane Bennacer), que la plus à même de l’accompagner dans sa lente chute de dépendance. Tous feront face aux addictions et autres tabous qui ont tous des codes d’une vie conjugale à la limite de la rupture. Dans ce même mouvement, on prend le temps de désacraliser Chéreau dans son excentricité et sa débauche, qui peut être inspirante dans un premier temps, avant d’en dévoiler les limites avec un déni des plus tragiques. Que l’on affirme haut et fort d’être conscient de ses failles et de ses échecs n’est pas non plus un sentiment qui se maîtrise. Dans de rares moments de flottement, on emploie le mimétisme comme symbole de communion, chose qui disparaît peu à peu de la sphère privée du groupe, pour se centrer sur Stella est les conséquences de ses choix, notamment.
On y parle autant de succès que de sacrifice et ce film reste un hommage d’une grande sensibilité pour celles et ceux qui sont passés par le doute. Nous pourrions quelque part y voir du « 120 battements par minute », dans sa démarche fiévreuse, témoignant d’une jeunesse égarée dans le temps et condamnée par ses désirs. Il faut ainsi entendre les précieuses paroles de Jean-Jacques Goldman, qui freinent immédiatement les attentes de certains, qui nagent ou surnagent dans un monde capricieux et soucieux de son ivresse pour ne pas prendre en compte ce qui cloche chez l’autre. « Les Amandiers » brasse peut-être un peu trop de thématiques et finit ainsi par en négliger ses subtilités, là où il dégage avec générosité des émotions, qui rasent tout et jusqu’à étouffer le spectateur par la détresse qu’il livre et qu’il apaise, d’un coup de pouce, l’approbation décisive que l’on attend parfois trop longtemps pour pouvoir profiter du présent.
Pendant tout le film, je me suis dit « bof-bof », cet enchaînement étourdissant de scènettes qui se succèdent. Mais le bilan final est que j’ai aimé cette histoire d’amour (destructrice), les acteurs inconnus mais brillants, Louis Garrel évidemment, le retour sur les années 80, les musiques… Merci à Valeria Bruni.
VBT a gagné une évidente assurance dans la mise en scène, cela donne quelques scènes vraiment réussies. Néanmoins le film, très linéaire, met un temps fou à démarrer et d'ailleurs on se demande quel est le sujet du film. Comment devient on acteur de théâtre ne semble pas être ce qui intéresse VBT... On tourne autour de cette bande narcissique, et au bout d'un moment on est lassé de ces hystériques et/ou défoncés. La fin réserve enfin un peu d'émotion et donne restrospectivement de l'épaisseur à tout ça. Ça reste un film assez moyen, avec pas mal de passages ennuyeux.
Nous voilà replongés dans les années 80. Tout y est. Nostalgie. Insouciance de la jeunesse, premiers amours, etc.. et l'ambiance toute particulière de l'école de théâtre. Bravo pour un film attachant. Valeria Bruni Tedeschi réalise là ce qu'on peut appeler une œuvre avec des acteurs jeunes et remarquables. Merci
Les années 80, l amour , la drogue, le sida , la jeunesse et le theatre de Tchekhov, Patrice Chereau .... on rit, on a les larmes aux yeux , jamais de pathos ne vient entraver ce film magnifique.... Les deux acteurs principaux sont bouleversants; allez y , courez y ....
Magnifique film sur la jeunesse, à découvrir absolument! Casting parfait! Un film qui vous emporte dans les années 80, le sida , le théâtre, Garrel en Chéreau, impeccable, un film d'une énergie folle, bref du Cinéma avec un grand C.
Eh bien que voilà ce qui aurait dû être un très bon film, nous racontant l'histoire d'une promotion de 12 jeunes adultes qui, à la fin des années 80, ont intégré l'école de théâtre des Amandiers créée par Patrice Chéreau et Pierre Romans, école que la réalisatrice a fréquentée. Sous la direction de leurs professeurs, ils montent "Platanov" d'Anton Tchekhov. Il y a le Sida qui guette mais on couche pas mal. Il y a la drogue. Il y a Chéreau (interprété par Louis Garrel) montré comme étant un homme assez imbuvable et qui se drogue. Il y a le couple d'amoureux formé par 2 élèves, Stella (Nadia Tereszkiewicz, excellente) et Etienne (Sofiane Bennacer, qui a tendance à en faire des tonnes). Il y a tout ce qu'il faut pour donner naissance à un très bon film. Sauf qu'il y a Valeria Bruni Tedeschi à la réalisation et au scénario, et aussi, et peut-être surtout, Noémie Lvovsky comme coscénariste. Avec ces deux là aux manettes, nous voilà partis tout au long du film dans la lourdeur des situations et dans l'absence de nuances. Quel dommage !
Trés bien vu ! Les acteurs débutants plein de jeunesse et d'espoirs sont fabuleux. Il y a aussi la tragédie des dirigeants, tout se déroule dans l'inattendu.