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Adelme D.Otrante
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3,0
Publiée le 8 janvier 2023
Un inquisiteur est dépêché par le Pape pour enquêter sur Le Caravage accusé de meurtre et de subversion. C'est dans la fange de la société que le peintre trouvait modèles pour ses œuvres, entre ses doigts les mendiants devenaient apôtres et les prostituées Madones. Et ses peintures finissaient par orner les palais pontificaux. Même si l'image est belle elle a du mal à retranscrire la Lumière des tableaux du Caravage et l'académisme assumé du film ne sied pas au génie de l'artiste qui était tout sauf académique. Je rêve de ce qu'un Paolo Sorrentino aurait pu faire d'une telle matière, c'est dommage.
Caravage échappe au biopic banal avec une intrigue de polar. Un inquisiteur traque le peintre coupable d'un meurtre. Scarmacio et Garrel sont bons, l'histoire passionnante, la direction artistique donne une ambiance sulfureuse mais le rythme et la réalisation manquent de force.
De gros moyens ont été mis en oeuvre pour évoquer la vie de Michelangelo Merisi, plus connu par son surnom de Caravage. A travers ce biopic qui évoque ses années romaines les plus productives, on découvre ses oeuvres les plus célèbres et les circonstances de leur création mais malheureusement on ne les vit pas, on ne s’en imprègne pas…ce qui est dommage car s’il est bien un peintre des siècles passés dont la moindre des oeuvres m'éblouit par son inconcevable modernité alors que leur siècle était très académique, c’est bien le Caravage. De même, on ne pénètre pas l’intériorité de l’artiste comme avait réussi à le faire Kontchalovski avec son extraordinaire ‘Michel-Ange’. Très académique lui-aussi , le film se présente comme une enquête menée par un espion pontifical, et dont le but avoué est la réhabilitation du peintre qui, à l’époque comme dans la légende noire qui subsiste encore de nos jours, avait la réputation d’un voyou colérique et violent évoluant dans les ombres d’une société qui ne l’était pas moins, en querelle perpétuelle avec l’église, ses commanditaires et ses soutiens. Au contraire, selon le film (et les dernières recherches historiques en date), le Caravage fut généralement apprécié par l’élite religieuse romaine, qui trouvait toutefois ses oeuvres trop audacieuses pour être exposées aux yeux du peuple dans les églises et préférait les conserver dans ses collections privées. Artiste pieux et fin connaisseur de la théologie, Le Caravage estimait que la vérité du christianisme ne pouvait s’incarner que chez les humbles et les laissés-pour-compte, raison pour laquelle les Saints dans ses oeuvres arborent les visages de mendiants et de pestiférés, tandis que des prostituées servent de modèle pour la Vierge. C’est l’occasion pour le cinéaste de donner à son tour sa vision des circonstances de la mort mystérieuse du peintre, en privilégiant une des nombreuses théories à avoir été formulées au fil des siècles.
L'évaluation est peut être un peu sévère. Car le film est beau, rendant un vibrant hommage à l'immense talent de ce grand peintre. Loin de nos artistes businessmen d'aujourd'hui, Le Caravage est un homme passionné, intense, profondément bouleversé par cette misère infinie du peuple de son époque et dont les immenses douleurs lui semblent celles que le Christ lui même est venu partager et soulager sur cette terre. Et qu'il sublime par un art exigeant qui l'habite entièrement. Mais le film est comme appesanti par l'enquête que mène sur lui un inquisiteur mandaté par le pape qui se demande s'il doit lui accorder sa grâce pour un meurtre qu'il a commis. On se doute que cet homme fanatique, même s'il peut être troublé par le talent manifeste de l'artiste, n'instruira qu'à charge. A l'exception de quelques esprits éclairés, les temps sont ceux de l'obscurantisme (très belle scène de rencontre entre le peintre et Giordano Bruno à la veille de son exécution), ceux où la tyrannie théocratique s'exerce rudement sur les humbles et s'efforce de broyer la puissance émancipatrice de la création artistique.
Double enjeu : La quête du réel transposé dans ses peintures par le peintre tourmenté Caravage (Michelangelo Merisi). La quête du peintre par l Ombre, un inquisiteur au service du pape, de l Eglise. Le film se déroule sous forme de flash back au fil de l'enquête menée par un Louis Garrel très sombre.
Le grand culot de l artiste en dehors de sa technique picturale du clair-obscur (trop obscur dans le film) obsédé par la véracité de ses toiles est d avoir pris pour modèles des gens de la rue (miséreux, prostituées) pour personnifier saints et madonnes. Personnages sulfureux et indignes que l Église refuse de voir aux murs de ses édifices en prenant le contrôle du peintre et de ses toiles. Vainement puisque les toiles exposées dans de nombreux musées dans le monde aujourd hui portent ces inconnus à la postérité. Pour finir, le réalisateur nous donne une /sa version romanesque sur la mort du peintre
Je ressors avec un avis mitigé de la séance et un sentiment de malaise du début à la fin certainement dû au coté sulfureux de l artiste et surtout au contexte très crasse répétitif et lassant dans le film. Les toiles ou portions de toiles montrées dans le film le sont à partir d originaux, j aurai aimé en voir un peu plus.
Le Caravage est un de mes peintres préférés. J'ai lu la course à l'abîme de Dominique Fernandez qui retrace sa vie. J'ai vu ses tableaux à la galerie borghese à Rome, dans les églises à Rome, Naples, La Valette à Malte. Je suis allée voir une exposition à Londres à la National Gallery. Bref, Je suis un peu accro. Je trouve ce film bien filmé avec une belle lumière mais on s'attarde trop peu sur ses oeuvres et leur création pour moi (on entraperçoit juste quelques secondes les tableaux) mais plus sur ses relations avec les puissants et l'église. Mais il y a un peu trop de liberté avec la réalité historique - à ma connaissance, il n'y a jamais eu d'inquisiteur en chef. Mais malgré ma frustration et ces liberté, j'ai trouvé que cela pouvait permettre à certains de découvrir cet artiste si en avance sur son temps.
Grande déception qu’est ce Caravage qui manque de nuance et de profondeur. La post-synchro/ doublage d’Isabelle Huppert qui n’a pas du tout fonctionné (elle a visiblement joué en anglais puis s’est doublée elle-même en italien) vient nous empêcher définitivement de prendre au sérieux le film. Seule la prestation de Scamarcio sauve (un peu) la mise.
Pour la dimension historique c est une bonne idée ce film, néanmoins en dehors du traitement historique et de découvertes sur l œuvre du Caravage on regrette l interprétation de Huppert et Garrel, les acteurs italiens sont plus convaincants, on peut aussi trouver le rythme assez lent et ennuyeux, dommage pour un personnage aussi haut en couleur, la restitution semble au final bien fade ... la note est indulgente au regard d un film un peu trop terne
L' intérêt principal du film réside dans la curiosité qu' il suscitera pour ce peintre trop subversif pour son époque. Le traitement de l' histoire par succession de flash-backs demeure trop convenue et quelques scènes n' ont pour seul atout que de faire du sensationnalisme. dommage que la trame suive aussi un personnage fictif(l' ombre) au nom de la simplification du discours. ce film ne s'adresse pas non plus à qui veut voir un biopic complet de l' artiste mais plus à ceux qui veulent suivre les tourments d' une vie brûlée par les deux bouts de la chandelle.
Tres ennuyeux. Un film lineaire, sans surprise, qui n’apporte rien. En version originale, le doublage d’ Isabelle Huppert frise la bouillie de parole… Le tout baigne dans une athmosphere théatrale, et parodique, qui voudrait evoquer le clair obscure sans y reussir, le tout sans aucune sensualité. On croirait voir un téléfilm.
Le film passionnera le spectateur soucieux de reconstitution soignée, d'autant plus qu'ici la lumière s'applique à recopier celle du peintre maudit, fort en gueule et cogneur à l'image du Rembrandt de Grenaway. Construit comme une enquête policière et tout en flash-back, le scénario ne nous sert rien d'exaltant, la faute à une direction d'acteur très conventionnelle, une mise en scène très Netflix avec juste ce qu'il faut d'érotisme, juste ce qu'il faut d'intrigue, juste ce qu'il faut d'empoignades physiques, filmées d'ailleurs comme dans un film de mafia. Genre cinématographique auquel a manifestement pensé Placido par sa mise en scène pleine de punch agrémentée de quelques ralentis lors d'une scène de torture, en amplifiant le son sur les coups de poings et les claquements de portes. L'église inquisitrice est au cinéma toujours la même, peuplée de personnages à l'emporte pièce, brutaux et fanatiques, sans aucune nuance. Caravane est ici incarné par un beau gosse au charme latin plus crédible dans une publicité pour une eau de toilette que pour incarner ce peintre radical qui a passé sa vie à chercher le Christ dans la bas peuple. Le problème est que cette quête on ne la sent jamais, cette conviction, l'acteur ne l'habite pas, cette puissance érotique, la mise en scène la survole sans jamais l'atteindre. Louis Garrel est le meilleur acteur français de sa génération mais son personnage manque sincèrement de mystère. Isabelle Huppert est égale à elle-même, toujours un peu ailleurs, et son lifting commence sérieusement à devenir gênant. S'il s'agit d'apprendre deux trois choses sur le peintre et son époque il existe des livres et des documentaires mieux à propos.
Un film graphiquement magnifique avec de beaux paysages, une très belle évocation de la façon de travailler du Caravage, de sa complexité, de son approche de la peinture. Historiquement, je ne sais pas si tout est exact, en tout cas la fin est assez curieuse, elle ne colle pas avec les dernières découvertes que l'on a faites sur sa mort par un examen post mortem en 2018. Je ne comprends pas tellement le choix scénaristique qui a été fait concernant la fin du Caravage. Sinon, un très bon jeu d'acteur et un Riccardo Scamarcio qui est le portrait craché du dessin à craie sur papier par Ottavio Leoni fait en 1621.
Ai vu "Caravage" de Michele Placido. Michelangelo Merisi ("Le Caravage") peintre illustre est condamné à mort pour avoir tué un rival. Il s'enfuit chez la Marquise Costanza Colona (Isabelle Huppert) qui le protège d'un Inquisiteur dit "L'Ombre" (Louis Garrel) qui réalise que le peintre a fait poser des prostituées et des bandits pour représenter les Saintes et la famille de Jesus. Film pédagogique essayant maladroitement de reproduire la lumière des tableaux du peintre, et les premières années du XVIIème siècle par une accumulation de lourds décors, de nombreux figurants sur jouants la misère. La musique électronique ruine définitivement le projet, en plus d'un scénario trop didactique se résumant à une succession de faits et laissant peu de place à l'humain et la psychologie. C'est fou comme Michele Placido a le talent de souvent mettre sa caméra au mauvais endroit, un des exemples le plus frappant est un gros plan involontaire sur le fin fond des narines d'Isabelle Huppert pendant une scène d'amour. Je pense que même les tiges désagréables des tests Covid ne peuvent aller plus loin dans les sinus que la caméra de ce réalisateur qui enchaîne flous soit disant artistiques, scènes au ralenti, caméra qui remue inutilement et frénétiquement pendant les nombreuses scènes de combats. Tous les interprètes s'enlisent dans cette baïne franco/italienne où seul Louis Garrel sur-nage un tant soit peu. C'est indigeste, long et par malheur ça ne donne absolument pas envie d'aller voir une exposition du peintre.
Le travail de la photographie et de mise en scène donne l'impression de voir des peintures animées. C'est visuellement superbe. Un interprétation puissante. La violence du temps, des personnages, traversée par le personnage de l'enquêteur qui révèle à la fois une condamnation de l'homme et une fascination pour l'artiste.