On m’avait chaudement recommandé Caravage, mais la déception fut à la hauteur des attentes. Visuellement, le film peine à convaincre : une lumière jaunâtre et diffuse, peut-être pensée pour évoquer la patine du clair-obscur caravagesque, mais qui finit par étouffer le contraste. On a l’impression d’une image qui suffoque, noyée dans une brume artificielle qui aplatit tout, jusqu’au personnage pourtant censé être en relief. Les acteurs, quant à eux, paraissent souvent absents sans parvenir à habiter pleinement leurs rôles.
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Les scènes de sexe, insérées sans cohérence narrative, posent également problème : elles semblent répondre davantage à une volonté d’effet qu’à une nécessité dramatique. Le résultat en devient maladroit, voire dérangeant, tant leur gratuité contraste avec le reste du film.
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La mise en scène donne parfois le sentiment de choix hasardeux qui ciblent mal les émotions. Sur le fond, le film prend d’immenses libertés avec l’histoire du peintre, au point d’en diluer la réalité. Un spectateur désireux d’en apprendre davantage sur Caravage serait bien en peine de se fier aux faits rapportés, tant ils s’éloignent de la vérité historique.
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Les passages concernant Artémisia, surtout, m'ont gêné : elle était tout l’inverse de cette figure frêle et docile que le film dépeint, et n’a d’ailleurs jamais rencontré le Caravage. Quant à la version de la mort du peintre, le scénario la traite avec tant de libertés qu’on passe du biopic à une réécriture historique sans scrupule, lestée d’opinions mal dissimulées.
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Une scène se détache pourtant du reste : celle où, dans un élan silencieux, les personnages se disposent pour former le célèbre tableau de "La Mort de la Vierge". L’image naît alors d’elle-même, sous nos yeux et ceux du peintre, un moment de grâce, simple et sincère.
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En somme, Caravage laisse l’impression d’un projet ambitieux mais bancal, manquant de rigueur peut-être. Un film frustrant, à la fois sur le plan visuel et narratif, qui échoue à rendre compte de l’intensité de son sujet.