Il y a un problème Louis-Julien Petit ! Pas pour tout le monde, mais, en tout cas, pour celles et ceux qui se désolent de voir des histoires bâties sur des thèmes sociaux très intéressants, des histoires qui conviendraient parfaitement à Ken Loach, gâchées par un parti pris un peu trop systématique d’exagération balourde et de rigolade bêtasse. C’était le cas de Discount où l’on voyait les employé.e.s d’un magasin discount lutter contre la mise en place de caisses automatiques en créant en douce leur propre « Discount alternatif », à partir de la récupération de produits qui auraient dû être jetés. C’était le cas dans Les invisibles, film dans lequel des travailleuses sociales très investies faisaient tout leur possible pour « recaser » des femmes SDF jusque là hébergées dans un centre d’accueil dont la fermeture venait d’être annoncée. On aurait aimé voir ce que Ken Loach, auquel certains n’hésitent pas à comparer Louis-Julien Petit (après tout, il est né en Angleterre, lui aussi), aurait fait sur de tels sujets : sans doute des films qui auraient été aussi drôles sans qu’il ait été nécessaire d’en rajouter dans l’exagération et la rigolade. Que dire, maintenant, de La brigade ? Malheureusement, c’est toujours le même constat : un sujet intéressant, un sujet fort, et des choix en matière de réalisation qui arrivent in fine à fortement ébranler l’a priori favorable généré par ce sujet. En tout cas, même si, concernant ce film qui aborde des sujets fort intéressants, on peut en effet se montrer insatisfait du choix de la tête d'affiche, trop marquée par "Scènes de ménage", et des partis pris de réalisation, on espère que ces choix, par contre, vont réussir à attirer un public qui n'aurait peut-être pas été voir la même histoire racontée par Ken Loach