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Pascal
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3,0
Publiée le 17 octobre 2021
C est le premier film de Philippe Le Guay que je voie. Filmé de façon académique, le film présente des qualités. Si le film est présenté comme l'illustration de l'antisémitisme, il aborde toutefois d'autres sujets qui finissent par prendre le pas sur le thème de départ. Ainsi, il brosse finalement beaucoup plus le portrait d'une famille et des ses non dits, de la fragilité du couple lorsqu'il traverse une épreuve, voire d'une jeunesse dont le niveau culturel et d'éducation est parfois au ras des pâquerettes. A ma grande surprise, ce n'est pas Francois Cluzet qui interprète le rôle le plus important du film ( il est excellent, je dirai comme souvent) mais Jeremie Regnier ( formidable ). La seconde partie de " l'homme de.." est sans aucun doute la meilleure, même si la première partie ne souffre d'aucun manque de rythme, mais s'embourbe trop souvent dans des dialogues qui rendent les personnages pas très intéressants. Le personnage de l'enfant du couple est sans aucun doute le plus faible du film et sa présence entourée de dialogues d'une grande médiocrité nuit à l'ensemble. Tiré d'un fait réel : un homme achète une cave pour y vivre en manipulant les vendeurs qui souhaitent casser la vente, sans y parvenir. Cet acheteur est de surcroît un négationniste, professeur d'histoire radié de l'Éducation Nationale. Le sujet de fond reste effleuré, sans doute afin de ne pas donner une tribune à ses theories qui relèvent sans doute plus de la psychiatrie que d'autres chose. Le personnage incarné par Bérénice Bejo ( ici pas à son meilleur niveau) qui "cherche à comprendre" se fourvoie complètement. Il n'y a en effet pas grand chose à comprendre si ce n'est se pencher sur la psychologie du personnage de Cluzet pour saisir comment il en est arrivé là. Le film se regarde sans aucun ennui, mais il laisse un sentiment mitigé. Il reste toutefois, au regard de la production française actuelle , un film tres honorable. Enfin notons qu'une actrice (Laeticia Eido) qui interprète un second rôle ( celui de l'avocate) est suffisamment exceptionnelle par son charisme, pour qu'on lui ( nous) souhaite de la revoir rapidement sur les écrans dans un rôle plus conséquent.
Film lourd de sens sur l'histoire, la delation, la liberté de penser, et l'inversion victime bourreau. Formidablement joué et scenario sans faille. Jeremy Regnier genial et François Cluzet plus critique sur le discours officiel qu'avec la vaccination covid.
Pile dans la moyenne, entre le pire et le meilleur, c'est le consensus sur lequel tout le monde s'accorde pour juger "L'homme de la Cave" de Phillipe le Guay, réalisateur dont je suis très sensible à son travail. "Les Femmes du 6e Étage", "Alceste à Bicyclette", "Normandie Nue", il y a toujours un bon fond dans chacun de ses films et une étude de l'image qui sans être révolutionnaire est toujours agréable à découvrir.
Ici, c'est sur un terrain inhabituel que Le Guay s'aventure, celui de la peur et de l'angoisse. Et pourtant, avec cette lutte entre un homme d'origine juive et un négationniste insistant, difficile de ne pas retrouver le thème de l'opposition cher au réalisateur : l'opposition entre la bourgeoisie et les femmes du 6ème, entre la nudité et la ruralité, Le Guay prend un plaisir à faire cogner les éléments qui s'opposent jusqu'à tout faire exploser durant le final, pour le meilleur ou le pire.
Ici, le genre se prête proprement à cet exercice, tant le personnage de François Cluzet cherche à faire imploser Jérémie Rénier tout du long, car c'est de la peur et de la colère dont il se nourrit. Le film fonctionne sur un slow burn qui prend bien son temps, installe doucement ses éléments, notamment concernant divers set-up pay-off pas tous satisfaisants et d'autres plus subtils. Ce slow burn sera aussi très travaillé avec le personnage de la fille de Jeremie Rénier, rappelant Juliette Lewis dans "Cape Fear" de Scorcese.
A noter également comme toujours chez le Guay un travail de la photographie très beau tout en étant très simple : beaucoup de scènes en caméra épaule avec une faible profondeur de champ, la lumière de la cave blanche / grisâtre qui marque nos esprits, un étalonnage jouant sur les noirs profonds pour mieux faire ressortir les couleurs, c'est sûrement un de ses films les plus propre visuellement.
Le reste, ce qui ne va pas, c'est finalement son sujet et la façon dont il le traite. Le Guay fait des films avec cœur et parfois une candeur, mais jamais dans le mauvais sens du terme. Ici, son style pour faire avancer le récit et diriger les acteurs ne prend pas toujours, notamment concernant François Cluzet qui peut se révéler glaçant par instant, mais peut également nous faire apparaître un léger sourire voir un rire par moment.
Son thème n'est jamais inintéressant, mais le film semble pousser le curseur parfois un poil trop loin et manque alors beaucoup trop de subtilité. On valse ainsi tout le long du film, on est dedans puis on est dehors, mais jamais on se pose de manière fixe.
La mise en pratique n'est pas toujours réussie, et certains personnages appuient le propos à coup de "on ne peut plus rien dire" avec la force d'une voiture bélier, mais difficile de ne pas voir ce que Le Guay a voulu nous raconter : comment le négationnisme divise même les gens les plus soudés, comment la haine peut nous consumer, comment jouer sur les mots peut nous faire poser les mauvaises questions, et comment se poser les mauvaises questions est le premier signe d'une carapace de vérité qui s'effrite. Ni bon ni mauvais, pile dans la moyenne.
Résumé à la con : Un mec bien trop candide décide de vendre la cave dont il ne se sert pas dans l’immeuble où il réside. L’acquéreur qui de prime abord semblait être un brave petit professeur d’histoire se met à agresser le voisinage et refuse de détaler sa race.
L’avis cool : Okay, on est sur un petit film, pas sur le genre de chef-d’oeuvre qui va vous donner envie de tout plaquer pour acheter un 6m² à Paris avec toilettes sur le palier et vivre votre meilleure vie. Mais quand même, il a son charme. À moins de résider dans l’une des 500 chambres de la villa de DiCaprio à Los Angeles, on a tous déjà eu un voisin bruyant et/ou inquiétant (si c’est non c’est que c’est toi le voisin), du coup on s’identifie et on n’attend pas longtemps avant de sentir la pression monter en regardant ce film. Le casting et notamment Cluzet, Renier et Bejo sont extrêmement crédibles. Bonus non négligeable: ce film aborde le sujet du négationnisme rarement porté à l’écran.
L’avis moins cool : Ce film est tiré d’une histoire vraie puisque des amis du réalisateur ont eu la joie de vivre cette délicieuse expérience. Pourtant, on aurait voulu que l’histoire s’enfonce plus loin dans le sordide et dans l’angoisse pour souligner encore davantage la folie de cette doctrine. La psychologie du personnage principal aurait gagné à être plus poussée et l’écriture à être moins scolaire. L’évolution des personnages comme l’issue est sans doute un peu trop attendue. Pour un film qui traite d’un déséquilibré, ça manque clairement de folie mais ça mérite quand même le coup d’oeil.
Des films du genre qu’on t’invite à regarder, mais en mieux : - Parasite, 2019 - Bong Joon Ho - HARRY, UN AMI QUI VOUS VEUT DU BIEN, 2000 - Dominik Moll
J'ai beaucoup aimé ce film dont le scénario est original. Bien des choses de la vie courante sont montrées, développées sans longueur. Tout est bien écrit, réaliste et les acteurs sont excellents chacun dans son rôle. Je ne comprends pas les critiques qui sont peu élogieuses à l'égard de ce film. À voir !
À chier !!! Trop long, les personnages principaux sont tellement peu crédibles dans leurs émotions et leurs réactions qu'on finit par préférer le méchant !! Ou alors ils sont complètement cons... C'est possible aussi. Il ne se passe absolument rien dans ce film. Rendez-moi les deux heures que j'ai perdues à regarder cette bouse !
Nul. L’inter du film (les 3 premières minutes dans la cave) m’ont vraiment fait espérer voir un bon film. Et non ! Encore un film nul sur un sujet qu’on a plus envie de voir au cinéma tant on l’a mangé à toutes les sauces
Bravo à Philippe Le Guay et son équipe pour avoir réussi à intéresser sur un sujet qui a du rebuter beaucoup de potentiels spectateurs. Ce film se veut modeste en décrivant avec crédibilité (et de façon linéaire) un drame à la fois proche des réalités quotidiennes mais aussi singulier et original. (le scénario est tirée d'une histoire vraie, ce qui apporte très souvent un plus aux film concernés). Son plus grand mérite est d'éviter le manichéisme, les protagonistes y apparaissant tous alternativement humains et excessifs. Cependant, je suis déçu par le dénouement qui comme souvent, n'en est pas un et je vais rechercher ce qu'il en fut dans la réalité
Un film très réussi sur le sujet du négationnisme. Un François Cluzet absolument époustouflant et une réalisation sans faille feront à mon avis une référence sur le sujet.