Excellent film… qui tient ses promeeses, que ce soit de la part du réalisateur comme de la part des acteurs. Film sur la politique locale, et non nationale comme de coutume, avec des idéaux (et si!) mais aussi des ambitions et des accomodements. Rien de manichéen du genre « tous pourris » mais un bel éclairage réaliste et captivant sur les entrelacs de la vie politique. Le tout animé par une mise en scène nerveuse, fluide et élégante et interprété par un magnifique duo d’acteurs et d’excellents seconds rôles. Un des meilleurs films du genre.
Le film est un peu à l'instar de son titre et du sujet politique. Un duo d'acteurs de renom, un thème politique d'actualités, une femme au pouvoir, la concurrence entre les décisions locales et l'exercice des responsabilités gouvernementales, voilà beaucoup de belles promesses. Certes Kruithof a bien travaillé son sujet, enquêté sur le terrain et retenu beaucoup d'aspects très justes et en tiré certaines scènes pertinentes (le role de l'administrateur judiciaire, la compétition entre la maire et son adjointe, les énarques imbus des cabinets ministériels). Avec cependant deux limites, le scénario comporte quelques trous explicatifs (j'ai peiné à bien situer la fonction de Jérôme, par exemple) et dans la dernière partie à force de soigner du suspens final, l'histoire perd en crédibilité. Par ailleurs quel est l'avenir de ce type de cinéma, face à la concurrence des séries d'excellente facture, qui prennent le temps de développer les personnages, de les approfondir et de les faire évoluer dans le temps. Le grand écran n'apporte rien dans une mise en scène appliquée mais sans grand relief. DVD décembre 2022
en réalité un gros téléfilm bien joué, genre documentaire mais sans contenu cinématographique, du cinéma Français, qui vous plonge dans la réalité rêvée, comme il s'en fait des kilomètres. le suspens Politique, qui laisse penser au spectateur que si les Politiciens voulaient, on pourrait tout arranger avec l'argent magique.
Tout est exposé en quelques minutes : maire, administration judiciaire, directeur de cabinet, cité décrépie, copropriété, marchands de sommeil, jungle de politiques. Une promesse tenue n'est pas un mensonge. HUPPERT en femme forte est excellente! KATEB, mine de rien est lui aussi le parfait homme de l'ombre, fidèle en qui elle peut avoir toute confiance. Le film se transforme même en thriller avec pour suspense l'arrivé ou pas de la subvention de 63 millions. Beau film!
Bon film politique. Comme toujours excellentes interprétations d'Isabelle Huppert et de Reda Kateb. La description des coulisses de la politique est intéressante et convaincante.
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2,5
Publiée le 23 août 2022
Des promesses, de belles promesses ? À une époque où les quartiers sont de plus en plus insalubres, Thomas Kruithof nous fait vivre la bataille d'une mairesse et de son équipe pour sauver un quartier et ses habitants qui vivent dans des conditions inacceptables. Des conditions dont profitent des marchands de sommeil qui achètent des appartements pour les louer à des personnes sans solution. Fidèle à ce qui se passe dans ce milieu, on a droit à des promesses, des pactes, des trahisons, etc. Pour autant, je ne peux pas dire que cette histoire de logement sur fond de politique m'a vraiment passionné. Je n'ai pas réussi à m'intéresser à ces enjeux. Dans les faits, c'est intéressant, mais pour un film... On est loin des grands drames politiques qu'il peut y avoir. C'est crédible et c'est surtout très bien joué, mais à part, c'est un film moyen, plat et sans grande originalité.
Ici, on parle politique de la ville. Le vrai est préféré à l’esbroufe fumante. C’est une ode au non spectaculaire et ça fait du bien. Les drames de l’insalubrité et des migrants prêts à tout tant ils ont connu le pire, est simplement exposé factuellement, dénué de sensationnalisme. La verticalité du pouvoir est ici juste adroitement suggérée par notamment l’importance des décors. En effet, on monte beaucoup d’escaliers dans Les promesses, qu’il s’agisse des Bernardins, ou ceux de Matignon et de l’Élysée. C’est un jeu filmique de contraste évident entre les cités dortoirs insalubres et les palais dorés de l’état, mais sans l’option simpliste de la démagogie et d’un mortifère poujadisme.
La force est également dans la crédibilité de l’interprétation du duo Isabelle Huppert et Réda Kateb, tant l’œuvre est centrée sur ce qui se joue entre les deux, et même quand ils s’éloignent, comme c’est le cas à un moment donné, la façon dont leurs actions demeurent intimement liées. La question de l’intime entre eux est captivante, celle des barrières, où tant de finesse s’exprime dans les regards qu’ils se lancent. Ce sont presque des amoureux politiques… Et qu’il est réjouissant de les voir fonctionner ensemble. Isabelle Huppert, tout en doutes et en ambivalence dans son rapport au pouvoir. C’est bien par elle que passe le sempiternel questionnement du politique dans ce balancier entre ambitions et convictions. Son ambiguïté, sa fausse indifférence avec laquelle elle compose finalement, est en fait très saine dans le film, car ses doutes sont vivants tant ils sont légitimes. C’est comme une sorte de folie de la démesure dans la possibilité ascensionnelle qui s’offre à elle.
Réda Kateb crève l’écran, il est pleinement fascinant tant il semble incarné. De nombreux plans fixes viennent le magnifier et affirment un aspect hautement affectif de son personnage. Il est habité de convictions, et défend avec talent le rôle qui est le sien. On sort du film en se disant que Réda Kateb on a de la chance de l’avoir… Au final, comme il est souvent affirmé que « Les politiques sont des acteurs », dans Les promesses, ce sont les acteurs qui sont de formidables politiques. Même si comme le disait dans sa férocité ordinaire Pierre Desporges, en reprenant la pensée Platonicienne « La démocratie est la dictature du peuple », le film Les promesses opère comme une forme de douce réconciliation avec la vérité, une bulle salvatrice loin d’une folie ambiante aujourd’hui pleinement installée. Justement, quand le cinéma élève et c’est ici le cas, alors il ne faut pas hésiter à aller vérifier par vous-même si Isabelle et Réda vont finalement tenir leur promesse.
Film qui permet de mieux comprendre encore s'il le fallait la difficulté de rester fidèle à ses idées quand il s'agit de politique. Mais un peu poussif malgré tout. Je ne me suis pas laissée prendre par l'histoire, beaucoup trop de discussions, et qui plus est, pas toujours très intelligibles.. Et j'ai trouvé que Isabelle Huppert, merveilleuse dans d'autres rôles, ne convenait pas à son personnage qui aurait mérité plus d'autorité et de présence.
Après un premier long-métrage prometteur, La mécanique de l'ombre, Thomas Kruithof revient avec ce drame à tendance sociale principalement porté par un excellent Reda Kateb. Le postulat et sa finalité sont plutôt barbants mais tous les à-côtés, les jeux de pouvoirs, les manigances, rendent le récit assez prenant d'autant que le rythme est bien orchestré. L'ensemble manque cependant de poigne pour espérer emporter totalement l'adhésion.
Un thriller politique travaillé, haletant, crédible et brillamment interprété : "Les Promesses" n'usurpe pas son nom. Cette plongée dans les coulisses des enjeux de pouvoir sous différentes sphères ne se veut pas théâtral, mais seulement, et c'est ainsi sa qualité première, incisif.