Un agent de l'immigration, féru d'escalade, est tombé du sommet d'un pic qu'il a pourtant déjà grimpé à maintes reprises. Il a dévalé la montagne, s'est brisé les os et les premiers insectes explorent son cadavre. Une enquête de routine est ouverte pour enquêter sur ce qui n'est qu'un accident évident. Hae-joon, accompagné de son acolyte ingénu, relève les éléments nécessaire. Il maintient une relation empruntée avec son épouse. Il suit également l'affaire d'un proxénète dont la police de Busan cherche à retrouver la trace. Hae-joon va interroger la femme du défunt agent de l’immigration, par conscience professionnelle. Il poursuivra le proxènète. De là, les intrigues vont se mêler à un rythme entêtant, Hae-joon va se laisser emporter par lui-même, par ses propres passions.
Le suspense, le romantique, la beauté, le vertige sont portés à leur paroxysme pendant 2h15 de pur plaisir absolument trépidant et hypnotisant. Plus que tout, ce film nous offre un duo de personnages parmi les mieux peints de l'histoire du cinéma, tout en subtilité, en gestes, regards, en actions éloquentes ; des personnages d'une profondeur de sentiments dont les cohérences et incohérences sont montrés avec une telle limpidité qu'elle en confine à l'irréel, au tour de magie.
Vu au cinéma puis revu sur Arte.tv, j'ai reçu à chaque fois une claque monumentale. Park Chan-Wook est un maître omnipotent comme il y en a peu aujourd'hui ou même dans l'histoire. Il parle avec les couleurs, les formes, les objets, avec le rythme, les sons, les dialogues, les mouvements de caméra et une mise en scène ingénieuse pour faire du spectateur son complice de un tourbillon spectaculaire, pour rendre crédible l'incroyable, pour suggérer et faire partager les émotions et les sentiments des personnages. C'est du conte, c'est du divertissement et c'est intelligent. Soyez prêts, le film ne vous laissera pas un instant de répit. N'étaient-ce les trois premières minutes du film, trop abruptes à mon humble avis, Decision To Leave frise le chef d’œuvre absolu.
Attention à ceux qui rechercheraient du gore et se tourneraient vers ce film après avoir vu Old Boy : attendez-vous à autre chose.