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Thierry LEFEVRE
243 critiques
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3,0
Publiée le 5 juillet 2026
La filmographie coréenne adore les thèmes des âmes tourmentées et celle-ci n’échappe pas au genre asiatique. La caméra s’attarde sur les portraits et la moindre expression du visage. Le scénario de ce film s’interroge sur la comparaison du destin avec la triste coïncidence de la mort violente de deux maris d’une chinoise au doux prénom de Soré . Est-elle coupable ? Joue-t-elle au chat et à la souris séductrice au point d’attirer dans sa toile un inspecteur insomniaque ? S’engagent une filature pointue et des interrogations suspicieuses mais tuer c’est comme fumer, c’est la première fois qui retourne la tête.
La mise en scène est à la hauteur du scénario. On ne peut pas s'ennuyer sauf quand dans la dernière demi-heure le réalisateur décide de répéter l'histoire complète du film sans intérêt supplémentaire. Dommage parce que les personnages sont excellents !
Virtuosité de la caméra et bon jeu d'acteurs, malheureusement le film est tortueux et difficile à suivre : de la lenteur, et difficulté à comprendre les motivations des personnages qui ne sont pas attachants. Le spectateur pouvait s'attendre à mieux de la part du réalisateur de "Mademoiselle".
Un peu déçu de ce Park Chan-Wook qui nous a habitué à de telles pépites que l’on a du mal à lui pardonner un métrage simplement passable. Car c’est un peu le cas de ce Decision to Leave qui démarre de fort belle manière mais nous perd rapidement dans les meandres d’une histoire d’amour à laquelle l’on croit difficilement. L’intrigue est finalement très simpliste et les rebondissements (si peu) ne font absolument pas l’effet saisissant auquel le réalisateur nous a habitué, d’ailleurs on attend notre fameux twist final ici. L’idée n’est pas mauvaise mais l’émotion ne passe jamais vraiment et hormis cela, et bien il n’y a pas grand chose pour nous secouer en tant que spectateur si ce n’est une belle réalisation et une mise en scène intéressante. Les effets de style nous perdent souvent malgré leur belle intention mais surtout, en parlant de style et même plus particulièrement de genre, on se rend compte après leur belle final qu’il n’y en avait pas vraiment. Bien dommage car l’ensemble apparaît finalement assez banal malgré ses jolies qualités graphiques. Sans être mauvais, ce métrage de Park Chan-Wook déçoit forcément et sera probablement assez vite oublié.
Encore une fois impressionnant à tous les niveaux, le film arrive, comme le fait si bien le réalisateur, à allier humour et sérieux, suspense et légèreté, ainsi qu’une pointe d’un je ne sais quoi d’onirique.
Ce nouveau thriller sud-coréen, de Park Chan-Wook met en scène un inspecteur de police de la ville de Busan enquêtant sur deux morts suspectes dont l'un est un ancien agent de l'immigration, adepte d'escalade, dont le corps a été retrouvé au bas d'une falaise. Les deux affaires n'ont rien à voir mais servent à faire comprendre au spectateur la différence de traitement qu'opère l'inspecteur entre ces deux affaires criminelles. Ce moyen détourné permet au film de gagner en profondeur, mais ce n'est pas le seul car le réalisateur va alors faire évoluer son histoire en changeant les lieux et en agrémentant son film de personnages secondaires supplémentaires. A aucun moments le spectateur ne doute sur la culpabilité de Son Rae contrairement à l'inspecteur qui tombe sous le charme quitte à voir son jugement faillir. En réalité le suspense réside sur le/les mobiles des crimes, sur le moment où l'inspecteur retrouvera la raison et bien sûr sur la personnalité très complexe de la suspecte. Le réalisateur distille les indices, et lorsque le spectateur pense le film terminé, Park Chan Wook opère un rebondissement salvateur qui permet au scénario et aux personnages de prendre plus de profondeurs. En plus de ce scénario en multi-couches, le réalisateur choisit une réalisation sobre, sans scènes d'actions spectaculaires, qui donne au film une sensation sombre, à l'ancienne agrémenté de musiques qui donnent au film un environnement propice à l'exploitation psychologique des personnages et à la mise en valeur de cet excellent scénario. Park Chan Wook nous offre un vrai thriller dans l'âme sans mise en scène tape à l'oeil, doté d'un scénario magnifiquement écrit qui a permis aux acteurs de jouer avec profondeur et naturel. Véritable bouffée d'air frais, Park Chan Wook nous prouve que le triller à l'ancienne, non dopé à l'adrénaline, peut être lui aussi efficace s'il est doté d'un scénario qui se suffit à lui-même. Ce thriller est donc une excellente surprise et réalisé avec une très grande intelligence ce qui devient rare dans le genre du thriller.
Franchement pas mal, surtout pour un film policer car aujourd'hui on n'arrive plus à faire dans l'originalité avec ce thème. C'est le cas ici et autant dire que c'est autant sur le fond que la forme. En même temps, le cinéma coréen a toujours eu du talent et nous le démontre une nouvelle fois avec cette production. Les acteurs et actrices sont très bons dans l'ensemble et il y a pas mal de rythme. Je dois avouer que je n'ai pas tout compris mais c'est justement ce que j'aime car il faut se questionner du début à la fin. Je pensais voir quelque chose d'assez banal et au final, j'ai été assez surpris car le réalisateur a su nous tenir en haleine jusqu'au bout avec son style bien particulier. Je dirais bien sur que j'ai déjà vu mieux dans le genre mais c'est tellement dur de se renouveler en avançant dans le temps qu'il faut le dire quand c'est bon. Cependant j'ai deux bémols à ajouter par rapport à "Decision to Leave", le premier c'est que c'est un peu trop long et le second c'est que j'ai trouvé la fin un peu décevante, je m'attendais tellement à un truc qui me mette une claque que voilà. Dans l'ensemble, je recommande quand même vivement, je pense que vous ne serez pas déçu. 13/20.
Ce film est totalement impossible à suivre avec ses images subliminales. Le réalisateur nous perd donc assez rapidement et nous ennuie de façon insistante.
Le mélange des genres fonctionne à merveille, on s'attache aux personnages assez facilement, le scénario certes classique mais avec une mise en scène originale permet une immersion intéressante.
Un film comme je les aime ...Je n'avais pas tout compris la première fois que je l'ai vu ;mai il m'avait quand même vraiment pas laissé indifférent ; surtout l'actrice que je trouve sublime !je savais qu'il me fallait le revoir pour vraiment mieux comprendre cette relation inattendu entre un inspecteur marié et d'une fausse veuve noir qui au final une femme fragile et forte à la fois... j'aurais aimé une autre fin plus heureuse où du moins beaucoup moins triste ... visuellement rien n'a dire bien au pure régal.
Le summum du romantisme. Bienvenue dans cette lente relation entre un enquêteur et une suspecte. On voit l’évolution et les pensées de l’enquêteur comme si nous y étions. Tout cela est bien mis en scene, la bande son est elle aussi excellente notamment pour la stratosphérique scène finale. Questions sur le devoir, l’amour, la fidélité, le regret.
Un "Two Lovers" Coréen très intéressant à regarder, loin des standards habituels actuels, et je suis complètement d'accord avec une critique mentionnant qu'on y voit "des effets, des idées qu'on a jamais vus ailleurs, quitte à laisser parfois les enjeux narratifs de côté" : c'est donc à voir en streaming revoir certaines séquences afin de les comprendre car l'intrigue policière provoque souvent des nœuds au cerveau. J'ai aussi bien apprécié la bande originale, la mise en scène et quelques temps suspendus, qui m'ont fait penser à "La vie est belle" même si la comparaison s'arrête là bien sûr.
C'est loin d'être mon préféré de Park Chan-Wook... Certes le prix de la mise en scène est mérité mais le film traine un peu en longueur sur certaines scènes ce qui finit par perdre le spectateur. On a l'impression que le scénario est confus et on a du mal à se mettre dedans.
Toujours génial son cinéma ! La couleurs des plans et des émotions, nan mais sérieux y’a tellement de travail de composition de plans, de mise en scène et d’imagerie créative c’est super agréable à regarder, sans parler de l’histoire qui simple mais remplie de petites détails
Qui est le film ? À première vue, le film semble modeste. Un polar amoureux, un inspecteur méticuleux, une veuve suspecte, un crime à élucider. Rien qui ne choque frontalement. Et pourtant, cette apparente sagesse est trompeuse car ici il s’agit surtout d’observer comment un regard se dérègle. Comment une enquête, censée ordonner le réel, devient un espace de projection, de désir puis de perte.
Par quels moyens ? Park Chan-wook installe méthodiquement les codes du genre : scène de crime, interrogatoires, filatures, rapports d’autopsie. Ce cadre rassurant donne au spectateur l’illusion d’un terrain connu, d’une enquête maîtrisable. Mais très vite, cette mécanique tourne à vide. Non parce qu’elle serait mal exécutée mais parce qu’elle est contaminée de l’intérieur par le désir.
Ce déplacement passe par le personnage de Hae-jun, inspecteur exemplaire mais physiquement défaillant. Insomnies chroniques, yeux fatigués, regard constamment corrigé. Il est un homme dont la fonction repose sur la vision mais dont le corps trahit cette fonction. Face à lui, Seo-rae n’est pas filmée comme un simple objet de suspicion. Park Chan-wook construit autour d’elle une zone d’indétermination permanente. La barrière de la langue, les traductions approximatives, les silences prolongés empêchent toute saisie définitive. Le film cherche à maintenir un flou actif.
La mise en scène épouse ce trouble. Le film multiplie les glissements entre présent, souvenir, réflexion et fantasme sans jamais les signaler lourdement. Les flashbacks ne sont pas des retours objectifs sur les faits, mais des reconstructions mentales, déjà altérées par le désir de Hae-jun.
Lorsque le film bascule pleinement vers la romance, il le fait sans emphase. Pas de déclaration, pas de scène spectaculaire. L’amour naît dans les interstices, dans les phrases interrompues, dans les gestes retenus. Park Chan-wook refuse toute idéalisation. Le sentiment amoureux est montré comme une zone instable, inconfortable, illégitime. Il ne libère pas, il complique. Il ne révèle pas une vérité cachée, il trouble ce qui semblait clair.
Quelle lecture en tirer ? Ce qui frappe, c’est la douceur avec laquelle le film est cruel. Rien n’est imposé. Rien n’est souligné. Les scènes laissent au spectateur l’espace de sentir le glissement avant de le comprendre. Decision to Leave invite à penser le cinéma comme un art du regard faillible. Un art qui ne promet pas la vérité, mais qui accepte de filmer l’incertitude. Et c’est peut-être là sa plus grande élégance.