Un conte qui pourrait être plaisant, mais...
Le nouveau film d'Albert Dupontel présente tout d'abord un vrai problème de cible. Il pâtit en effet d'un gros décalage entre son sujet (les complots, le mensonge en politique) et sa forme qui renvoie en permanence aux codes des films pour enfants, que ce soit dans la direction d'acteurs, qui sont rarement dans la nuance, dans la facilité déconcertante avec laquelle le scénario fait s'enchaîner des évènements abracadabrantesques, dans la bande originale tantôt grandiloquente tantôt digne d'un film Disney, dans la façon de filmer les scènes d'action, dans cette manie d'illustrer systématiquement par l'image tout ce qui est dit, dans les dialogues à l'humour bien peu subtil, dans le ton mièvre que prend le film dès qu'il cherche à provoquer une émotion... Bref, l'on a parfois l'impression d'assister à une enquête de Fantômette ou de Jessica Fletcher dans Arabesque.
Ce monstre à double tête se mord nécessairement la queue : il empêche à la fois de dérouler un propos suffisamment profond pour intéresser le spectateur adulte et, dans le même temps, de susciter l'intérêt du spectateur plus jeune, bien peu enclin à se passionner pour un tel sujet.
Pour couronner le tout, la mise en scène paraît souvent assez vieillotte, avec des travellings circulaires ou des séquences flashback sur fond de succession d'images et d'effets qui semblent d'un autre temps (Amélie Poulain, si tu nous lis ...).
Heureusement, Cécile de France est la seule à ne pas tomber dans le piège de la caricature et tire le film vers le haut grâce à une interprétation tout à fait convaincante.
En résumé, cette impression qui se confirme que le Albert Dupontel irrévérencieux et subversif de ses débuts est décidément bien loin, et que, de moins en moins inspiré, il préfère maintenant s'enfermer dans ce registre sentimental et mélo bien peu nuancé, qui ne m'avait déjà pas du tout convaincu dans Adieu les cons et qui, définitivement, ne me touche pas.
Ma page ciné instagram : fenetre_sur_salle