Petite comédie qui fut un échec en salles à sa sortie avant de devenir réellement culte à sa sortie en vidéo, ce film de M. Judge (qui connaîtra la même "mésaventure" avec son "Idiocracy" en 2006) commence plutôt fort, véritable satire acide et pertinente du monde du travail essentiellement vu du côté US. Les personnages sont bien campés par une troupe d'acteurs attachants, le scénario est plutôt bien vu et dézingue à tout va, et les gags sont rares mais assez drôles. Sauf que voilà, le film finit par partir dans trop de directions, abandonnent trop de ses personnages en route, n'exploite pas toutes ses idées à fond, spoiler: et finit de manière un peu déconcertante . Bien fait donc, malgré un rythme un peu mou et quelques passages moins bien négociés.
Mike Judge fait partie de ces auteurs assez méconnus en France, ses films ne sortant pas au cinéma et sa série légendaire, Beavis & Butt-Head ne passant que sporadiquement sur MTV. Office Space est une excellente comédie qui aurait vraiment du sortir en France, sorte de The Office avant l’heure, une comédie sur les dotcoms américaines et les conditions de travail. On a déjà vu des histoires de personnes qui prennent leur vie en main, d’un coup, mais là, c’est le contraire, une personne qui décide de lâcher du lest. Ca change et c’est bienvenu. Le film doit aussi beaucoup à ses acteurs, et surtout au trio de tête, Ron Livingston, Ajay Naidu & David Herman. Les seconds rôles sont plus connus et sont aussi bons. Mais ce qui fait vraiment sortir ce film de la moyenne, c’est la mise en scène absolument parfaite de Mike Judge, surtout dans la deuxième partie de son film, avec la scène de destruction de photocopieuse, filmé comme un clip de rap. Le travail sur le son est absolument fantastique. Le film est réellement excellent. Pour preuve, son seul défaut est d’être trop court. C’est rare comme défaut. Et c’est synonyme d’un grand film.
La dénonciation sans fard du capitalisme et du monde de l'entreprise en général qui broit ses employés sous une pression menant à l'absurdité sans aucune écoute ni respect de la personne humaine. Pour un film qui a déjà plus de 20 ans, cela nous montre combien le monde de l'entreprise n'a pas évolué voire s'est empiré. Un joli et drôle pamphlet.
Une comédie américaine à la réalisation vraiment pauvre (limite sitcom), mais qui décolle à partir d'un élément aussi ridicule que sympathique : suite à une hypnose, le héros, employé dans une grande entreprise, change de personnalité et décide de ne plus en faire qu'à sa tête. Pour les personnes qui connaissent l'environnement de travail, le film comporte plusieurs passages croustillants. Sans plus par ailleurs.
Le quotidien de salariés d'une entreprise d'informatique, écrasés par un train-train abrutissant, et une hiérarchie tyrannique. J'accorde à "Office Space" une note (trop ?) généreuse, qui reflète la pertinence des thématiques abordées... et le fait que 25 ans plus tard, le film n'a aucunement vieilli ! L'intrigue a ici assez peu d'importance, ce sont surtout les situations qui sont bien pensées et qui sentent terriblement le vécu. En effet, avant de basculer dans le cinéma, Mike Judge travailla quelques temps à la Silicon Valley. Des salariés parqués dans des open space oppressants, à qui l'on confie des taches idiotes, et du matériel dysfonctionnel. Des consultants en "optimisation", évidemment chargés de licencier les traînards. Un patron imbuvable, campé par un excellent Gary Cole. Mug greffé à la main et ton monotone à l'appui, il "invite" régulièrement ses salariés à venir travailler le week-end ! D'ailleurs il faut souligner les acteurs très bien choisis. Outre Ron Livingston à l'aise en salarié qui décide de prendre sa vie en main, nombre de petits rôles sont savoureux. Stephen Root en employé autiste, constamment ridiculisé par son patron. Ou John C. McGinley en consultant infect. A noter la présence de Jennifer Aniston, qui joue une serveuse (!) dont le héros est amoureux. Un rôle pas vraiment indispensable à l'intrigue, qui s'explique tout simplement par le fait que la production voulait une star un peu connue au générique, histoire de rassurer. Enfin, outre le fait que l'écriture met le doigt là où ça fait mal sur les société d'informatiques, Mike Judge livre plusieurs gags inspirés. Je citerai entre autre l'utilisation régulière de gangsta rap, volontairement en décalage total avec l'univers policé des bureaux. Et la fameuse scène de "l'exécution" de l'imprimante, façon règlement de compte mafieux ! Bref, totalement inconnu en France (il faut dire que le film n'est pas aidé par son étrange titre VF), "Office Space" mérite le coup d'oeil. Surtout pour ceux qui travaillent en bureaux...
Film qui ne laisse pas un souvenir impérissable certes, mais qui a le mérite de divertir pendant 1h30. Les personnages sont caricaturaux mais leurs situations sont criantes de vérité encore aujourd'hui : les clichés du monde moderne dénonçant un ras le bol ambiant au sein des open space ne sont pas près de changer.
Petite comédie qui ne paie pas de mine, 35 Heures C'est Déjà Trop s'avère un film correcte bien que décevant au vu de son potentiel. L'histoire nous fait suivre un homme du nom de Peter, menacé de perdre son travail dans lequel il ne s'épanouit pas, qui va totalement changé de comportement après avoir consulté un hypnotiseur. Hélas ce synopsis n'arrive jamais à décoller durant la petite heure vingt que dure ce long-métrage. Si le thème mis en avant, à savoir celui du bien-être au travail, est intéressant sur le papier, celui-ci n'est vraiment pas assez approfondi dans les faits. La critique à l'encontre du monde du travail est beaucoup trop gentillette dans ce qu'elle dénonce. C'était l'occasion rêver de se lâcher, seulement il n'en est rien. L'ensemble reste tout de même sympathique à suivre même si c'est assez neutre en émotions, l'humour n'étant pas assez prononcé, on sourit très peu. Heureusement les personnages sont appréciables et sont la grande force du film. En tête ceux de Peter et Joanna mais également Lawrence le voisin, le collègue de bureau Milton ou encore le patron Lumbergh. Ces rôles sont interprétés par un casting agréable, à l'image de Jennifer Aniston et Ron Livingston. Les relations qu'entretiennent tous ces protagonistes fonctionnent bien, même si les répliques manquent de piquant. Mais le plus gros problème est que l'ensemble se veut extrêmement plat, la faute à une mise en scène peu inspirée de Mike Judge. Heureusement, la b.o. plutôt dynamique essaie de rattraper cela en donnant du rythme, mais malgré ses efforts elle n'y parvient pas. La fin pour sa part manque clairement d'idées et s'achève de façon particulièrement fade. Dommage que 35 Heures C'est Déjà Trop soit aussi sage ce qui au final en fait un film moyen qui laissera peu de souvenirs.
Comédie de bureau sympa et précurseur de "the office" dans l'esprit. Les personnages sont drôles et la réalité du terrain tellement proche quand on y pense malgré l'incroyable absurdité des situations. Une petite comédie gentille qui se laisse regarder.
Une bonne petite comédie qui caricature à fond les employés et le fonctionnement d'une grande entreprise. Tous ceux qui ont travaillé dans un cadre semblable vont s'y retrouver. Seulement voilà, il y a des passages ennuyeux au possible.
spoiler: Devant votre enfant pendant une réunion parents-profs
Prof : “Elle semble chercher un modèle à la maison.”
Vous : “It’s not that I’m lazy, it’s that I just don’t care.”
The Office Space c'est l'histoire d'un héro qui a trouvé une situation encore plus innaproprié pour balancer cette réplique culte
- Cette critique contient des spoilers -
Critique de 2012 Une comédie un peu faiblarde sur la vie au bureau. Déjà comme divertissement Office Space peine à remplir son rôle. La BO puisant largement dans le rap (quel rapport avec le sujet traité ?) est insupportable. La dimension romantique est terriblement convenue et baclée. Les personnages stéréotypés et vides deviennent rapidement agaçants car trop répétitifs. Mention toutefois à Ron Livingston et surtout Bob Slydell qui sort du lot malgré un personnage tout aussi éthéré. La critique du monde du travail (même sous une forme aussi caricaturale) m'est resté sympathique tant que le film ne se prenait pas au sérieux mais lorsqu'on arrive au dénouement lors duquel Mike Judge nous sert sa morale conservatrice et niaise selon laquelle le bonheur serait dans la sueur à travailler avec ses bras plutôt que son cerveau sur un chantier j'ai eu la sensation assez désagréable de m'être fait enfiler 1H30 de ma vie.
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Je relis ma critique 13ans après l'avoir écrite et suis toujours en phase. Sauf que cette fois j'ai aimé. Je cherchait moins une comédie facile qu'une satire acerbe du travail de bureau, de l'aliénation au travail, de la bureaucratie absurde des grandes entreprises et de la perte de sens que subissent les salariés dans des structures hiérarchiques déshumanisées. C'est ce que j'ai eu
Peter ne cherche pas à progresser ou à "réussir" selon les standards capitalistes : il veut simplement échapper à l’absurde. C'est très caricatural et la théorie des bullshit job de David Graeber parait ici presque crédible.
J'ai aussi adoré Lumbergh : “Yeah... I'm gonna need you to go ahead and come in on Saturday... That would be great.” Cette phrase synthétise la domination insidieuse sous couvert de cordialité professionnelle du capitalisme moderne. La soumission à l'autorité est encore plus détestable lorsqu'elle se maquille de bienveillance.
J'ai aussi beaucoup aimé le projet de Peter et ses collègues (voler des fractions de centimes à Innitech) qui rappelle fortement le HFT (trading à haute intensité) lui aussi pensé pour enrichir sans créer aucune valeur mais dans le cadre légale du capitalisme. Ici c'est du vol : La morale capitaliste est avant tout une question de pouvoir, pas de justice.
Parce qu'Office Space glorifie l’oisiveté et le refus du travail : c'est une libération.
Une comédie très sympa sur les open Space et leur côté aliénant. Les personnages sont très bien croqués et l ambiance de ras le bol ambiant et de résignation est vraiment formidable. Le film est un peu plus laborieux sur la fin a un problème de rythme et de mise en scène mais il est plein de bonnes choses.