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Hervé L
92 abonnés
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2,0
Publiée le 5 janvier 2022
Un film confus fait de la juxtaposition de plusieures parties vaguement loufoques et toujours incohérentes. Et bien sûr la sempiternelle diatribe contre les réseaux sociaux accusés de tous nos maux par ceux qui justement s'en delectent
Trois phases, bien différentes, entrecoupées de chansons de Bobby Lapointe, pour s’amuser aux dépenses de la société roumaine, c’était apparemment le défi que s’était lancé le réalisateur Radu Jude, à partir du concept d’une sex-tape qui fuite sur Internet, au grand dam de l’enseignante d’un collège réputé qui y tient la “vedette”. La première phase consiste en une longue traversée de Bucarest pour se rendre à l’audition disciplinaire, odyssée urbaine très silencieuse et vaguement burlesque au cours de laquelle on aura tout le loisir d’observer l’égoïsme, l’inculture, la superficialité et autres tares ordinaires des concitoyens de Radu Jude. La seconde phase, qui tient lieu d’entracte, est une sorte de version contemporaine du Dictionnaire des idées reçues de Flaubert, un jeu constant d’analogies entre les mots servant l’humour sarcastique de Radu Jude. Dans la troisième phase, on retrouve le côté absurde de la première partie, cette fois en mode verbeux : à son “procès” en présence des parents, l’enseignante tente vainement d’opposer le droit, la raison et la logique à un cercle d’accusateurs qui carburent à l’émotionnel, aux valeurs dogmatiques, à la grossièreté et à la mauvaise foi. Tout est bordélique et décousu, l’humour est la plupart du temps indirect ou culturellement trop référencé pour que son impact aille de soi mais l’ensemble dégage une véritable originalité et la troisième partie offre un débat d’idées souvent intéressant : ‘Bad luck banging’ est décidément un drôle de film, avec toutes les qualités et les défauts que cela suggère.
Excellent film courageux et pertinent. Le premier quart d'heure genre porno se justifie pleinement pour pemettre d'appréhender l'hypocrisie des censeurs. Le procès dont l'enseignante est victime réalisé efficacement tant les protagonistes sont porteurs d'un archétype de comportement significatif.
Les 45 premières minutes de ce film sont d’un ennui mortel pour la première fois depuis longtemps j’ai failli arrêter le film au bout d’un moment puis y’a plus beaucoup d’efforts j’ai tenu le coup encore en me disant qu’il recevait peut-être quelques minutes d’intérêt, et soudain J’étais très surpris par ce long-métrage qui est en fait un quasi documentaire hautement politique filmé en Roumanie semble-t-il qui aborde l’hypocrisie de la société, les ineptie de la bien-pensance catholique et orthodoxe, la fin très bizarre ne m’a pas plu du tout par contre les discussions autour du fameux sujet qui ont eu lieu lors de la réunion des parents font une formidable satire de la société bien pensante d’aujourd’hui
Il y a un très beau mouvement dans la première partie du film lorsque la caméra quitte régulièrement sa protagoniste principale pour s'attarder ici sur une fleur émergeant du macadam, là sur des publicités, des enseignes, la circulation oppressante, un paysage urbain indigent, proliférant, étouffant, traité en à-plats pop, tirant notre regard sur ce qu'en général on ne regarde pas. La violence visuelle s'insinue en symptôme de la violence sociale. Le dernier volet, effrayant tribunal populaire de parents d'élèves, a quelques envolées réjouissantes qu'on ne voit pas souvent dans le cinéma contemporain, si souvent corseté par le naturalisme. Toutefois, la farce grotesque finit par s'essouffler à force de références culturelles incessantes et la liberté formelle tourne court devant une situation centrale terriblement théorique qui renferme le film dans son immobilité surplombante.
VU LA CRITIQUE PRESSE ULTRA POSITIVE ET ÉBLOUIE j ai été voir le film mais voici ma critique à moi : Le fellini roumain nous a pris pour des voyeurs pervers et non des spectateurs. Il a noyé ces réflexions dans du X comme on noie son chagrin dans un vilain verre d alcool. Il en ressort plus de X que de réflexion, comme il ressort au buveur plus de migraine que de consolation. Il n as pas réussi à déshabiller la société et dépeindre ses travers sans déshabiller et malmener ses propres comédiens. Il accuse la société dans laquelle il git lui même comme monstre principale apportant un film dans le cinéma d auteur qui aurait du être réservé au cinéma X des bas quartiers. Voilà puisque le réalisateur ne m as pas épargnée je ne l ai pas épargné. Et j ai été encore gentille:-) .
Une farce tres pertinente et impertinente sur les Tartuffes roumains. La dénonciation est complete et originale prenant la forme de la parodie. Outre le demontage des discours et references, j'ai trouvé rétrospectivement le regard porté sur le paysage urbain et les scènes de rye encore plus caustique. Le tout est chapitré de manière joyeuse, mais parfois lourde et certaines scènes sont un peu trop grotesque. Le cineaste aurait pu l'alleger pour en faire une diatribe parfaite.
Les films d'art et essai nous offrent le bonheur de voir d'autres cinémas que les histoires de format standard uniformes à gros budgets hollywoodiens. Et ce film roumain nous donne à voir un autre cinéma, une autre façon de filmer, de raconter, de penser que les sempiternelles daubes que le cinéma commercial standardisé actuel nous inflige. Une fois passée la scène d'ouverture, qui a le mérite de bien "poser" le sujet ( ! ), le début du film m'a bluffé. Pendant 30 mn, on suit les périgrinations urbaines de la protagoniste principale du film, sans bien en comprendre l'intérêt, la camera s'attardant parfois sur quelque façade d'immeuble. Soporifique en apparence, les scènes de rue s'élargissent pour nous montrer sinon la violence, en tout cas l'agressivité et le sexisme qui ont cours encore ouvertement de nos jours en Roumanie. La 2è partie m'a tout autant bluffé. Un catalogue de scénettes, d'anecdotes, de stats sociologiques roumaines mises en scène,etc... souvent drôles, jusqu'à ce qu'on comprenne que tout ça n'est pas gratuit; ça nous confirme la violence, l'hypocrisie, les mentalités rétrogrades qui régissent la société roumaine. bref, tout est prêt pour que le film débute: la 3è partie, le procès à charge de la prof "dépravée" vouée à la vindicte populaire, à travers ce "jury" de parents d'élève outrés, qui ressemblent à un échantillon bien représentatif ( et bien gratiné ! ) de la société roumaine, où le poids de l'armée, des institutions et le conservatisme des idées ( sexisme, machisme, sentiment anti-juif/tzigane ) est encore fortement ancré, exacerbé même, du point de vue d'un spectateur d'Europe de l'Ouest. Du coup, l'étalage ( involontaire ) de la vie privée ( très ) pimentée de la prof paraît bien dérisoire face à cette hypocrisie institutionnelle. Démonstration originale, ce qui l'a rend d'autant plus implacable, probante, efficace. Merci pour cette fraîcheur et cette originalité dans le récit !
Une enseignante, suite à la publication d'une vidéo porno sur internet la mettant en scène, est victime d'un procès public par l'établissement qui l'emploie. L'ensemble des parents partcipant au procès sont sensés représenter un panel sociologique...Mise en scène avec une pointe d'absurde et de dérision qui donne au film un caractère atypique, humoristique et frappant à la fois.
1 ere scene du film très crue, ensuite 40 min a voir la protagoniste marcher dans la rue avec des scenes banales., au supermarché et dans les.lieux publics. ensuite 30 min de diapos , decorellées du thème. et une fin en trois version, rappellant que ce film esr "un blague" dixit la réalisation. aucun intérêt et un vide magistral
Excellent film et découverte de ce réalisateur roumain que je ne connaissais pas. Une critique acerbe de la laideur qui envahit la vie quotidienne, des comportements qui pourrissent tout, et de leurs répercussions destructrices. Et un film avec beaucoup de séquences très drôles, et de magnifiques plans séquence de Bucarest.
Je ne connaissais pas Radu Jude avant d'aller voir ce film et j'ai complétement été séduit. Ce découpage en trois parties formellement très différentes est une idée merveilleuse de réalisation. C'est un film exigeant pour le spectateur et qui forcément nous fait réfléchir (politiquement et cinématographiquement) une fois sorti de la salle. Je suis impatient de découvrir le reste de sa filmographie mais il est, pour moi, rien qu'avec ce film, le cinéaste roumain le plus talentueux du moment.