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J'ai vu un film... qui dit la vérité sur le monde du travail sans hausser la voix — et c'est précisément ce qui rend le propos dévastateur... ça parle à ceux qui connaissent le monde (froid) du consulting et de l'entreprise...
"Violence des échanges en milieu tempéré" de Jean-Marc Moutout suit Philippe, jeune consultant débutant et nouvellement parisien (l'ascension sociale dans toute sa splendeur...) propulsé dans une mission d'audit au cœur d'une entreprise industrielle en restructuration, dans une Province lointaine...
Sa mission : préparer une fusion et la conséquence logique, un plan social qu'il doit tenir secret.
Sa vraie question : jusqu'où est-il prêt à aller ? Peut-il garder la confiance de ses chefs et des équipes ?...
Le titre dit tout avec une élégance redoutable.
La violence est là — sociale, humaine, systémique — mais enrobée dans la tempérance des open spaces, des PowerPoints et des euphémismes managériaux.
La réalisation se fait avec une précision de dynamiteur : image tirée au cordeau, dialogues d'une efficacité sèche, progression dramatique millimétrée.
Pas de manichéisme, pas d'échappatoire romantique, pas d'illusion idéologique.
Le patron n'est pas un monstre — il est... logique !
Jérémie Rénier est impeccable dans ce rôle de jeune homme tendre que le système va lentement façonner à son image. La fin, réaliste et sans rédemption hollywoodienne, achève de faire de ce film quelque chose de rare : un portrait clinique de la capitulation ordinaire.
Moins spectaculaire que *Ressources Humaines* de Cantet, plus désespéré, plus juste.
Un grand film social français...
"Violence des échanges en milieu tempéré" de Jean-Marc Moutout suit Philippe, jeune consultant débutant et nouvellement parisien (l'ascension sociale dans toute sa splendeur...) propulsé dans une mission d'audit au cœur d'une entreprise industrielle en restructuration, dans une Province lointaine...
Sa mission : préparer une fusion et la conséquence logique, un plan social qu'il doit tenir secret.
Sa vraie question : jusqu'où est-il prêt à aller ? Peut-il garder la confiance de ses chefs et des équipes ?...
Le titre dit tout avec une élégance redoutable.
La violence est là — sociale, humaine, systémique — mais enrobée dans la tempérance des open spaces, des PowerPoints et des euphémismes managériaux.
La réalisation se fait avec une précision de dynamiteur : image tirée au cordeau, dialogues d'une efficacité sèche, progression dramatique millimétrée.
Pas de manichéisme, pas d'échappatoire romantique, pas d'illusion idéologique.
Le patron n'est pas un monstre — il est... logique !
Jérémie Rénier est impeccable dans ce rôle de jeune homme tendre que le système va lentement façonner à son image. La fin, réaliste et sans rédemption hollywoodienne, achève de faire de ce film quelque chose de rare : un portrait clinique de la capitulation ordinaire.
Moins spectaculaire que *Ressources Humaines* de Cantet, plus désespéré, plus juste.
Un grand film social français...
Vu à sa sortie, il y a plus de 20 ans, quand moi-même j’œuvrais comme consultant en marketing ; çà avait été une claque et çà l’a à nouveau été ; même si on y voie des faiblesses cinématographiques. Peu importe en fait, car depuis repris comme sujet d’étude par des universitaires, il montre avec un regard assez aiguisé comment un système peut faire perdre ses repères et ses valeurs à des individus pour une finalité dénuée de sens. A l’époque était aussi sorti « Ressources Humaines » de Laurent Cantet ; qui est la seconde jambe de celui-ci.
Philippe Seigner (Jérémie Renier) est un jeune diplômé d’école de commerce, qui quitte sa province natale pour aller travailler à Paris comme consultant au sein d’un cabinet de conseil en management d’entreprises. Hugo Paradis (Laurent Lucas), son supérieur direct, lui confie d’emblée une mission délicate : auditer la société Janson Metal Industrie, sur le point d’être rachetée par un acquéreur. Moins expérimenté que ses collègues, Philippe voit dans ce poste et dans cette tâche bien précise une belle opportunité pour lancer sa carrière. Il n’avait pas le profil du poste, ses collègues sont beaucoup plus qualifiés ; et c’est bien ce type de profil qui offre assurement les meilleurs soldats. Tout repose sur un sentiment de loyauté ; on m’a fait confiance, je vais devoir être redevable et à la hauter.
Lors du trajet en métro qu’il effectue pour se rendre au sein de l’entreprise à auditer (basée à la Défense), Philippe rencontre Eva (Cylia Malki), une jeune mère qui élève seule son enfant, avec laquelle il entame une liaison amoureuse. Et dès cette premeire scène, le titre prend tout son sens ; il défend la jeune femme, victime de main baladeuses dans le maétero, devant l’indifférence de toute la rame.
Mais cette relation naissante est rapidement parasitée par des soucis liés à la fameuse mission d’audit : Philippe réalise en effet peu à peu qu’il va devoir participer activement au plan de restructuration lié au rachat de Janson (dont pratiquement personne n’est informé), non seulement en proposant une nouvelle organisation de travail mais surtout en poussant l’entreprise à se séparer de plus de 80 salariés.
Entre son supérieur qui lui met la pression, sa petite amie qui désapprouve sa mission et des salariés à qui il doit cacher la terrible vérité, Philippe va éprouver ce qu’on appelle communément un cas de conscience…
Tout sujet de film présente des difficultés spécifiques. En l’occurrence, traiter du monde de l’entreprise au cinéma d’un point de vue critique peut donner lieu à un film caricatural, démagogique, où les difficultés sociales et économiques sont autant de prétextes à verser dans un certain misérabilisme. On a alors un peu l’impression – peut-être trompeuse – que les auteurs sont davantage motivés par la volonté de se donner bonne conscience que par celle de construire un récit intelligent et rigoureux, exempt de clichés.
Mais le film cherche jamais à trop appuyer le discours et privilégie un traitement sobre et nuancé. Cette sobriété, loin d’altérer la dimension critique (bien réelle) du propos, lui donne au contraire davantage de résonance.
En racontant cette histoire de jeune cadre travaillant dans un cabinet d’audit, et en décrivant soigneusement le cas de conscience auquel sa mission va le confronter, le film de Jean-Marc Moutout nous parle bien entendu d’une réalité économique profondément actuelle. À savoir qu’une entreprise, même si elle génère des bénéfices importants (c’est le cas de l’entreprise audité par le protagoniste), va licencier dans une logique d’anticipation permanente, de compétitivité extrême. Le tout dans un contexte où les concentrations et acquisitions ne laissent pas de place pour les « petits » et entraînent dans leur sillage (souvent du moins) des plans sociaux d’une ampleur variable faisant fi des individus.
Ces phénomènes créent un paradoxe au sein de l’entreprise moderne, quand elle dépasse une certaine taille du moins : là où tous les managers parlent de « donner du sens », « d’impliquer » le salarié, ce discours est mis à mal par le fait que l’avenir d’une entreprise est très largement décidé par des responsables et actionnaires physiquement éloignés du terrain, et que les individus les plus impactés par ces décisions sont ceux qui en sont le plus tardivement informés (à l’image des employés de la société dans le film, qui apprennent le rachat de leur entreprise bien après qu’il ait été acté). Difficile, dans ces conditions, de ne pas voir ces derniers comme les pions d’un échiquier à taille mondiale ; allez « trouver du sens » dans un pareil contexte…
Violence des échanges en milieu tempéré dresse ce diagnostic sans forcer le trait, et en illustrant subtilement les différentes conséquences – sociales, humaines, collectives et individuelles – de cet état de fait. Surtout, le message n’écrase jamais le récit, au contraire : en se montrant particulièrement exigeant au niveau des dialogues, de la caractérisation des personnages et de la construction dramatique, Jean-Marc Moutout place le récit au premier plan. Chaque personnage, indépendamment de son temps de présence à l’écran, sonne vrai et apporte un éclairage distinct et utile sur l’histoire ; chaque réplique est dite au bon moment, de la bonne manière ; et les séquences s’enchaînent selon un mécanisme d’une précision admirable. Avec un scénario et une direction d’acteurs aussi solides, il n’y a jamais besoin de surligner quoi que ce soit : c’est dans l’accumulation de petits détails, finement ordonnés, que l’ensemble trouve son sens et sa force.
Les comédiens font honneur à cette écriture sans faille qui donne aux différents personnages une place bien définie, sans pour autant les réduire à leur « fonction » au sein du récit. Par petites touches, l’auteur leur donne une épaisseur qui leur permettent d’échapper à la caricature et de mieux prendre vie à l’écran. L’évolution (professionnelle et intime) du protagoniste, par laquelle s’articule l’une des principales problématiques du film (comment rester fidèle à sa nature, quand on souhaite évoluer dans un contexte qui exige d’y renoncer en partie ?), est jusqu’au bout crédible et cohérente, et Jérémie Renier l’exprime dans toutes ses nuances.
Violence des échanges en milieu tempéré comporte plusieurs répliques significatives montrant comment la vie professionnelle empiète sur la vie privée. Lors d’une séquence située vers le début du film, le manager de Philippe suggère au jeune homme de fonder une famille car la famille c’est important pour pas péter les plombs. Ce conseil (parfaitement déplacé) souligne que le conditionnement du salarié passe aussi par une certaine « normalisation » de sa vie personnelle. Le cocon familaile permet de vivre avec plus de détachement les conséquences de ses actes professionnels.
Stéphane Brizé une décennie plus tard présentera un visage tout aussi peu réjouissant du monde du travail au travers sa trilogie ; celui-ci avec « Ressources Humaines » lui fait écho 10 ans avant.
A voir et revoir
Philippe Seigner (Jérémie Renier) est un jeune diplômé d’école de commerce, qui quitte sa province natale pour aller travailler à Paris comme consultant au sein d’un cabinet de conseil en management d’entreprises. Hugo Paradis (Laurent Lucas), son supérieur direct, lui confie d’emblée une mission délicate : auditer la société Janson Metal Industrie, sur le point d’être rachetée par un acquéreur. Moins expérimenté que ses collègues, Philippe voit dans ce poste et dans cette tâche bien précise une belle opportunité pour lancer sa carrière. Il n’avait pas le profil du poste, ses collègues sont beaucoup plus qualifiés ; et c’est bien ce type de profil qui offre assurement les meilleurs soldats. Tout repose sur un sentiment de loyauté ; on m’a fait confiance, je vais devoir être redevable et à la hauter.
Lors du trajet en métro qu’il effectue pour se rendre au sein de l’entreprise à auditer (basée à la Défense), Philippe rencontre Eva (Cylia Malki), une jeune mère qui élève seule son enfant, avec laquelle il entame une liaison amoureuse. Et dès cette premeire scène, le titre prend tout son sens ; il défend la jeune femme, victime de main baladeuses dans le maétero, devant l’indifférence de toute la rame.
Mais cette relation naissante est rapidement parasitée par des soucis liés à la fameuse mission d’audit : Philippe réalise en effet peu à peu qu’il va devoir participer activement au plan de restructuration lié au rachat de Janson (dont pratiquement personne n’est informé), non seulement en proposant une nouvelle organisation de travail mais surtout en poussant l’entreprise à se séparer de plus de 80 salariés.
Entre son supérieur qui lui met la pression, sa petite amie qui désapprouve sa mission et des salariés à qui il doit cacher la terrible vérité, Philippe va éprouver ce qu’on appelle communément un cas de conscience…
Tout sujet de film présente des difficultés spécifiques. En l’occurrence, traiter du monde de l’entreprise au cinéma d’un point de vue critique peut donner lieu à un film caricatural, démagogique, où les difficultés sociales et économiques sont autant de prétextes à verser dans un certain misérabilisme. On a alors un peu l’impression – peut-être trompeuse – que les auteurs sont davantage motivés par la volonté de se donner bonne conscience que par celle de construire un récit intelligent et rigoureux, exempt de clichés.
Mais le film cherche jamais à trop appuyer le discours et privilégie un traitement sobre et nuancé. Cette sobriété, loin d’altérer la dimension critique (bien réelle) du propos, lui donne au contraire davantage de résonance.
En racontant cette histoire de jeune cadre travaillant dans un cabinet d’audit, et en décrivant soigneusement le cas de conscience auquel sa mission va le confronter, le film de Jean-Marc Moutout nous parle bien entendu d’une réalité économique profondément actuelle. À savoir qu’une entreprise, même si elle génère des bénéfices importants (c’est le cas de l’entreprise audité par le protagoniste), va licencier dans une logique d’anticipation permanente, de compétitivité extrême. Le tout dans un contexte où les concentrations et acquisitions ne laissent pas de place pour les « petits » et entraînent dans leur sillage (souvent du moins) des plans sociaux d’une ampleur variable faisant fi des individus.
Ces phénomènes créent un paradoxe au sein de l’entreprise moderne, quand elle dépasse une certaine taille du moins : là où tous les managers parlent de « donner du sens », « d’impliquer » le salarié, ce discours est mis à mal par le fait que l’avenir d’une entreprise est très largement décidé par des responsables et actionnaires physiquement éloignés du terrain, et que les individus les plus impactés par ces décisions sont ceux qui en sont le plus tardivement informés (à l’image des employés de la société dans le film, qui apprennent le rachat de leur entreprise bien après qu’il ait été acté). Difficile, dans ces conditions, de ne pas voir ces derniers comme les pions d’un échiquier à taille mondiale ; allez « trouver du sens » dans un pareil contexte…
Violence des échanges en milieu tempéré dresse ce diagnostic sans forcer le trait, et en illustrant subtilement les différentes conséquences – sociales, humaines, collectives et individuelles – de cet état de fait. Surtout, le message n’écrase jamais le récit, au contraire : en se montrant particulièrement exigeant au niveau des dialogues, de la caractérisation des personnages et de la construction dramatique, Jean-Marc Moutout place le récit au premier plan. Chaque personnage, indépendamment de son temps de présence à l’écran, sonne vrai et apporte un éclairage distinct et utile sur l’histoire ; chaque réplique est dite au bon moment, de la bonne manière ; et les séquences s’enchaînent selon un mécanisme d’une précision admirable. Avec un scénario et une direction d’acteurs aussi solides, il n’y a jamais besoin de surligner quoi que ce soit : c’est dans l’accumulation de petits détails, finement ordonnés, que l’ensemble trouve son sens et sa force.
Les comédiens font honneur à cette écriture sans faille qui donne aux différents personnages une place bien définie, sans pour autant les réduire à leur « fonction » au sein du récit. Par petites touches, l’auteur leur donne une épaisseur qui leur permettent d’échapper à la caricature et de mieux prendre vie à l’écran. L’évolution (professionnelle et intime) du protagoniste, par laquelle s’articule l’une des principales problématiques du film (comment rester fidèle à sa nature, quand on souhaite évoluer dans un contexte qui exige d’y renoncer en partie ?), est jusqu’au bout crédible et cohérente, et Jérémie Renier l’exprime dans toutes ses nuances.
Violence des échanges en milieu tempéré comporte plusieurs répliques significatives montrant comment la vie professionnelle empiète sur la vie privée. Lors d’une séquence située vers le début du film, le manager de Philippe suggère au jeune homme de fonder une famille car la famille c’est important pour pas péter les plombs. Ce conseil (parfaitement déplacé) souligne que le conditionnement du salarié passe aussi par une certaine « normalisation » de sa vie personnelle. Le cocon familaile permet de vivre avec plus de détachement les conséquences de ses actes professionnels.
Stéphane Brizé une décennie plus tard présentera un visage tout aussi peu réjouissant du monde du travail au travers sa trilogie ; celui-ci avec « Ressources Humaines » lui fait écho 10 ans avant.
A voir et revoir
Jean-Marc Moutout signe avec ce film un portrait glaçant du monde de l'entreprise, où un cabinet d'audit débarque pour restructurer une usine, mettant en lumière la violence feutrée mais bien réelle du management moderne. Le sujet, encore terriblement actuel, dissèque avec intelligence les mécanismes de la rationalisation économique et ses conséquences humaines.
La mise en scène, sobre et clinique, épouse parfaitement le propos : caméra distanciée, cadrages froids, une esthétique qui renforce le malaise sans jamais forcer le trait.
Le scénario évite l'écueil du manichéisme facile ; les consultants ne sont pas des monstres, ce qui rend le film plus dérangeant encore. D’ailleurs Jérémie Renier livre une interprétation convaincante, incarnant avec justesse les doutes d'un jeune loup pas totalement acquis au système.
Mais il est dommage que certains personnages secondaires manquent de profondeur, réduits à des fonctions plutôt qu'à de véritables individus et le rythme, volontairement lent, déroute et nuit un peu à la tension dramatique.
Un film nécessaire, de bonne tenue mais légèrement inégal.
La mise en scène, sobre et clinique, épouse parfaitement le propos : caméra distanciée, cadrages froids, une esthétique qui renforce le malaise sans jamais forcer le trait.
Le scénario évite l'écueil du manichéisme facile ; les consultants ne sont pas des monstres, ce qui rend le film plus dérangeant encore. D’ailleurs Jérémie Renier livre une interprétation convaincante, incarnant avec justesse les doutes d'un jeune loup pas totalement acquis au système.
Mais il est dommage que certains personnages secondaires manquent de profondeur, réduits à des fonctions plutôt qu'à de véritables individus et le rythme, volontairement lent, déroute et nuit un peu à la tension dramatique.
Un film nécessaire, de bonne tenue mais légèrement inégal.
Chez « MacGrégor », cabinet de consultants en organisation d’entreprise, on ne fait pas dans la dentelle. Philippe (Jérémie Rénier) dont c’est le premier job, se confie à Eva (Cylia Malki) sur sa mission d’analyse au sein d’une entreprise sur le point d’être rachetée par un grand groupe. Sa réorganisation implique l’analyse des tâches...le processus des ordres commerciaux jusqu’à la fabrication. « Restructuration sans compression du personnel, ce n’est pas monnaie courante ». Premier job et le voilà embarqué sur le rafiot coupeur de têtes. La arrondit les angles en raison des syndicats, trop peut-être, « Le rapport sur l’absentéisme est sur votre bureau !» , le chef d’atelier pratique la rétention d’informations et semble incontournable, une forte personnalité « Vous me bourrez le mou avec vos grandes théories ! » . « Qu’est-ce que tu en as à foutre de ces tocards ? lui balance son chef référence. Philippe se lance alors dans les bilans de compétence non sans réticence. On le voit venir, le petit jeune avec ses questions. Beaucoup d’employés actuels, du plus petit au plus grand poste ,vont se reconnaître dans ces différents portraits. L’ex pédégé empoche la mise..et 87 personnes virées.. pas très moral. C’était la rencontre par le cinéma français de la réalité.
Le film est très ancré dans une vision des années 2000 : jeunes cadres ambitieux en costume cravate, management anglo-saxon brutal, desindustrialisation. Même s’ila vieilli et est un peu caricatural, il a le mérite de montrer la confrontation des cabinets de conseil en stratégie et de l’industrie, tous deux peu montrés au cinema, avec une certaine profondeur d’analyse.
Vu à sa sortie à l'époque, j'avais bien aimé. Revu hier, le film a bien vieilli, en particulier sa vision du milieu du consulting, Mac Gregor dans le film renvoie à McKinsey...
Renier est parfait dans son rôle de "junior" en consulting, ingénu, bon garçon, et légèrement enivré par son nouveau statut professionnel. Laurent Lucas est parfait aussi dans son rôle de tueur de têtes, cynique, manipulateur et clinique. Après que le personnage joué par Rénier flanche un peu au moment de l'audit en intégrant le fait qu'il y aura des licenciements, son boss le met au pied du mur :"qu'est ce que tu en as à foutre de ces tocards" , "c'est la première fois que je me trompe sur un junior"...et quand, le personnage joué par Renier choisit sa carrière en laissant de côté son empathie et ses convictions intimes, le personnage joué par Lucas déblatère :"Tu es dépucelé", "tu en redemandes". En cela le film montre bien le côté tribal de ce corps de métier, le consulting, visible aussi lors de la soirée organisée par Mac Gregor.
Le film montre bien les ravages du capitalisme financier et son côté anti-humain, flagrant lors des entretiens que Renier fait passer aux ouvrier de l'usine. Les chiffres se moquent de la vie;
Le fait aussi que Renier délaisse son premier amour, rencontré à la défense dans le métro et choisisse sa carrière plutôt qu'un bonheur simple en opposition avec son nouveau statut social illustre cela aussi.
Renier est parfait dans son rôle de "junior" en consulting, ingénu, bon garçon, et légèrement enivré par son nouveau statut professionnel. Laurent Lucas est parfait aussi dans son rôle de tueur de têtes, cynique, manipulateur et clinique. Après que le personnage joué par Rénier flanche un peu au moment de l'audit en intégrant le fait qu'il y aura des licenciements, son boss le met au pied du mur :"qu'est ce que tu en as à foutre de ces tocards" , "c'est la première fois que je me trompe sur un junior"...et quand, le personnage joué par Renier choisit sa carrière en laissant de côté son empathie et ses convictions intimes, le personnage joué par Lucas déblatère :"Tu es dépucelé", "tu en redemandes". En cela le film montre bien le côté tribal de ce corps de métier, le consulting, visible aussi lors de la soirée organisée par Mac Gregor.
Le film montre bien les ravages du capitalisme financier et son côté anti-humain, flagrant lors des entretiens que Renier fait passer aux ouvrier de l'usine. Les chiffres se moquent de la vie;
Le fait aussi que Renier délaisse son premier amour, rencontré à la défense dans le métro et choisisse sa carrière plutôt qu'un bonheur simple en opposition avec son nouveau statut social illustre cela aussi.
Je l'ai vu à sa sortie. Un choc ! C'était moi ! Il y a apparemment eu une sérieuse recherche documentaire. Depuis j'ai bossé dans une grosse asso aidant les demandeurs d'emploi à monter leur boites. Ensuite près de 20 ans instit' dans les quartiers les plus difficiles de ma ville (quelques anciens élèves tués par balles...) . Maintenant je suis marin et toujours cinéphile.
Cadre débutant, Philippe découvre l'univers (impitoyable) de l'entreprise en réalisant un audit dans une société de fabrication de métaux. Le jeune homme un peu tendre se voit charger de collaborer à un plan de licenciement tenu secret.
Conjointement à quelques portraits succints de personnels de l'entreprise, cadres et ouvriers, le réalisateur Jean-Marc Montout brosse celui de Philippe, privé et professionnel, dont la sensibilité s'accommode mal, pour l'instant, de la redoutable logique indistrielle et capitaliste. Le personnage est l'enjeu du film et porte un certain "suspense": sa fonction révèlera peut-être une erreur d'orientation professionnelle du jeune cadre; à moins qu'elle ne l'aguerrisse au point d'en faire un type sans scrupule.
Montout investit l'entreprise, en décrit le fonctionnement, les nécessités, l'ambiance tendue qu'imposent une constante remise en question et la pression des résultats. Le regard du cinéaste n'est pas neutre et stigmatise des rapports sociaux toujours plus durs et conflictuels. Il ne fait pas bon vivre dans l'entreprise d'aujourd'hui. Sa fiction est simple mais probante, et passe par des personnages et une étude réalistes.
Conjointement à quelques portraits succints de personnels de l'entreprise, cadres et ouvriers, le réalisateur Jean-Marc Montout brosse celui de Philippe, privé et professionnel, dont la sensibilité s'accommode mal, pour l'instant, de la redoutable logique indistrielle et capitaliste. Le personnage est l'enjeu du film et porte un certain "suspense": sa fonction révèlera peut-être une erreur d'orientation professionnelle du jeune cadre; à moins qu'elle ne l'aguerrisse au point d'en faire un type sans scrupule.
Montout investit l'entreprise, en décrit le fonctionnement, les nécessités, l'ambiance tendue qu'imposent une constante remise en question et la pression des résultats. Le regard du cinéaste n'est pas neutre et stigmatise des rapports sociaux toujours plus durs et conflictuels. Il ne fait pas bon vivre dans l'entreprise d'aujourd'hui. Sa fiction est simple mais probante, et passe par des personnages et une étude réalistes.
Portrait au vitriol du monde du management, un film avec ses qualités et ses faiblesses, mais qui n'en reste pas moins un document intéressant pour tous ceux qui s'intéressent à ce qui constitue la vie en entreprise. 20 ans sont passés depuis la sortie du film, mais certaines méthodes décrites sont toujours d'actualité.
Le protagoniste de ce film est le jeune Philip. Il a choisi (ou reçu) une carrière dans une grande société de conseil à Paris spécialisée dans la restructuration d'entreprises. Il rencontre une fille dans le métro parisien qu'il affectionne. Au fil de l'histoire Philip passe du bonheur à la frustration. Ce film ne parle pas des managers maniaques, de mères célibataires à la recherche d'un partenaire ou des gens ordinaires qui craignent d'être licenciés. Philip est le sujet principal de ce film. Bien que nous ayons parfois un aperçu des secrets des personnes avec lesquelles Philip travaille l'histoire parle vraiment de lui et des relations qu'il entretient avec elles. Ce garçon est jeune et ne comprend pas les personnes qui lui sont proches. Il ne comprend pas son patron parce que son patron ne sait pas comment laisser Philippe traverser ce qu'il a vécu quand il était jeune. Son patron pense que c'est la seule façon d'arriver au sommet et c'est là qu'il veut que Philippe s'arrête. En fin de compte son patron obtient ce qu'il veut non pas parce qu'il est bon mais parce qu'il est la seule personne que Philippe connaît qui a des projets pour lui. Sa petite amie, sa fille, sa mère et les ouvriers perdent tous quelque chose parce que Philippe ne sait pas comment se comporter. C'est vraiment une histoire triste mais aussi un très bon film...
Très bon film où le doute sur la mission et sur son travail même se ressent dans sa vie privée.
Savoir ce qui est moral et ce qui cimente un couple. Les priorités et le questionnement toujours sur la façon de mener sa vie.
C'est vraiment passionnant et intéressant
Savoir ce qui est moral et ce qui cimente un couple. Les priorités et le questionnement toujours sur la façon de mener sa vie.
C'est vraiment passionnant et intéressant
Réaliste et original. C'est vraiment un film qui apporte quelque chose au Cinéma. Quelle observation du milieu du travail ! Il est rare, dans le cinéma, d'avoir une observation si fine du monde du travail car, en général, les cinéastes ne savent pas ce que font les "vrais" gens, ceux qui ont des horaires réguliers et un lieu de travail unique. Mais cette observation si fine ne se borne pas au travail, elle va bien au-delà en nous faisant observer aussi la façon de vivre des individus de la ville; il y a tout dans ce film : l'usage excessif des téléphones portables, les désagréments du métro aux heures de pointes, la vision condescendante des parisiens sur la province, les blagues de consultants, etc. Pour ce qui est du travail en lui-même, l'observation du Cadre en déplacement, dans son hôtel ou lors de ses soirées dans une ville qui lui est étrangère, est on ne peut plus réaliste (je sais de quoi je parle !). La rationalisation des Ressources Humaines qui basent le travail humain sur des statistiques, des temps moyens par tâche et qui oublient toute l'Histoire de la société constituée d'hommes et de femmes est vraiment saisissante. Ce film, comme il y a deux ans "Féroce" - qui traitait du combat d'un militant contre l'extrême-droite, n'est pas un film consensuel mais il fait réfléchir ... et c'est ça aussi le pouvoir du Cinéma (N.B. lire, à ce propos, mes critiques sur ce site de "Féroce" ou de "Ressources Humaines" - pour plus de détails sur ce que je pense de ce type de films engagés). Attention : ne pas lire ce qui suit si vous comptez voir "Violence des Echanges en Milieu Tempéré" ...
spoiler:
La fin de ce film est merveilleuse car originale et réaliste : elle n'a, en effet, rien d'une fin hollywoodienne; ce n'est pas la fin que l'on attend en tant que spectateur mais une fin réjouissante pour un cinéphile car plus réaliste sur la nature humaine et donc assez originale dans un film. On ne peut d'ailleurs pas s'empêcher de faire un parallèle avec le film de Laurent Cantet, "Ressources Humaines", sorti en 1999. Tous les deux traitent d'un Cadre qui participe à la mise en place d'un plan de restructuration dans une entreprise. Mais, là, où "Ressources Humaines" nous enthousiasmait, en tant que spectateur, par la prise de conscience du Cadre devant ce qu'on lui demande de faire et par sa rébellion face à la hiérarchie, "Violence des Echanges en Milieu Tempéré" va plus loin : effectivement, le Cadre prend conscience de cela mais, confronté à son avenir, devant les pressions qu'il subit de sa direction, il se rend compte que sa marge de manœuvre est très limitée et qu'il n'est pas prêt à "mourir" pour ses idées. Il préfère abandonner son idéal et sa compagne et choisir la solution de facilité : rentrer dans le "moule" des autres consultants Je pense que ce choix serait celui du plus grand nombre même si tout le monde sait que ce n'est pas le meilleur.
Une plongée radicale dans le monde (impitoyable) du travail, bien écrite et remarquablement interprété
Magnifique film sur le monde impitoyable des affaires, du consulting et des 'coupeurs de têtes'. C'est réaliste et terriblement fascinant. Voir ce jeune cadre naif et gentillet devenir le bourreau de centaines de gens dans une entreprise en plein plan social est intéressant et émouvant ! Un très bon film social comme les français savent si bien les faire ! Jérémie Rénier est encore une fois impeccable, comme toujours je dirais !! Un très grand acteur que j'aime beaucoup !
Parfaite illustration de la transformation des jeunes diplômés brillants en agents cyniques de l'idéologie d'entreprise et sa logique mercantile socialement destructrice.
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