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Craoux
38 abonnés
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4,0
Publiée le 20 mars 2024
Très émouvant ce retour vers le futur, où se mélangent le présent et les archives familiales et historiques. On peut comprendre la décision d'Hiam Habbass d'avoir voulu s'extraire, 30 ans auparavant, d'un milieu familial aimant mais au fonctionnement patriarcal. Cette tentative de revisiter l'histoire familiale se confronte lourdement à l'Histoire (dès 1948, création de l'Etat d'Israël et "colonisation" de territoires palestiniens). De fait, retrouver la mémoire des lieux lui est parfois impossible car il ne reste parfois plus rien des anciens villages palestiens qu'elle (et sa famille) a connus. Au final, ce documentaire m'est apparu comme un vrai hommage à toutes les femmes palestiennes de la génération de Hiam.
L'intention est bonne, les images d'archive de l'enfance très touchantes. Malheureusement le film manque de parti pris : est-ce un récit de l'intime ou bien à travers l'intime, un récit politique ? On a finalement peu d'éléments sur le contexte politique et géopolitique, mais également peu de scènes pour réellement s'attacher à cette famille et communier à leurs joies et peines. On s'étonne presque qu'il n'y ait pas de regards caméras, et que globalement ce film tourné dans l'intime ne soit pas questionné par ceux qui en sont l'objet. On a une sensation de voyeurisme, celui de voir un film de famille, mémoriel, mais pas une œuvre destinée au grand public.
La matière est intéressante donc le film est globalement intéressant. Mais avoir une matière intéressante (un parcours personnel hors du commun, un contexte politico-historico-humain dramatique) ne suffit pas. Ce n'est pas abouti. Il ne faut pas se contenter de mettre des bouts ensemble. Il faut travailler, construire, fignoler...Il y a du potentiel, donc j'espère que cette critique pourra être prise de manière constructive.
Issue d’une longue lignée de femmes palestiniennes, Lina Soualem est la première de sa famille à être née loin de Tibériade, enclave palestinienne à la frontière du Liban et de la Syrie. Elle décide de remonter le fil de son histoire familiale, en donnant la parole à sa mère, sa grand-mère et ses tantes.
Au-delà du récit autobiographique, composé ici de témoignages, de photos et de vidéos de famille, le documentaire fait nécessairement écho à l'actualité en pointant les souffrances liées à la confiscation de terres palestiniennes par les autorités israéliennes et au déracinement et bouleversements que ces familles ont dû affronter.
Pour autant, en centrant le propos sur sa mère, qui, elle, a volontairement choisi l'exil pour devenir actrice, la réalisatrice renvoie également l'image de femmes résistantes et résiliantes. Ce personnage, au charisme indéniable, et que l'on a tous forcément déjà vue apparaître à l'écran dans un ou plusieurs de la centaine de films qu'elle a tournés, et à qui sa fille donne la parole, notamment pour faire lire le texte qu'elle a écrit et qui pourrait servir de voix off au documentaire, est sans aucun doute la plus grande force du film.
Pour autant, Bye Bye Tibériade a la malchance de sortir après Les Filles d'Olfa et Little Girl Blue, deux autres films documentaires qui s'intéressaient déjà à des questions plus ou moins similaires : la relation mère-fille, la transmission, les origines, les racines, l'héritage... et parce que le film manque de rythme et semble un peu moins bien construit que les deux autres cités, son impact se révèle moins puissant chez le spectateur.
Bye bye Tibériade commence timidement. On ne sait pas trop vers où veut aller le film, et on se dit qu'il y va bien lentement.
Mais petit à petit, les éléments se mettent en place. On décode petit à petit les images qui relèvent d'archives historiques, celles qui sont issues de films familiaux, et on s'intéresse enfin à cette étrange relation entre quatre générations de femmes palestiniennes : la réalisatrice Lina Soualem, sa mère l'actrice Hiam Abbas, sa grand-mère et son arrière grand-mère.
Un des intérêts du film est d'entremêler subtilement les thématiques : l'exil palestinien (la naqba), l'attachement aux lieux, le poids des traditions, le désir d'émancipation par le théâtre, la sororité, le souvenir et la nostalgie. Tous ces éléments se marient à travers une grande variété de séquences, dont celles se déroulant en Cisjordanie sont les plus fortes.
Hiam Abbas dégage un charisme puissant. Ses propos sont principalement consacrés à son enfance, laissant dans l'ombre à peu près toute sa vie post-Palestine : elle apparait ainsi nimbée d'une sorte de mélancolie décidée qui dégage un puissant charme.
Une réussite délicate qui donne envie de suivre le travail futur de la réalisatrice.
Très bon film documentaire, très parlant, très touchant pour moi. Les images d’époque amènent une vraie authenticité qui touche encore plus. Ce film documentaire permet aussi de mieux comprendre ce qu’un pays en guerre vit, ce à quoi sa population est confrontée sans pour autant voir d’images violentes telles que des explosions. Ici la violence se perçoit autrement, à travers des déracinements et le récit d’une histoire familiale.
Même si ce film confirme le triste sort des palestiniens il ne mérite pas les critiques élogieuses qui lui sont attribuées . C’est est un album de famille et pas plus . Est-ce du cinéma ?
Le lac de Tibériade se situe en Galilée dans le rift du Jourdain, il a donc vu naître les trois religions monothéistes, mais aussi beaucoup plus tard la mère, Hiam Abbass, et la grand-mère de Lina Soualem qui leurs consacre ce documentaire. En filigrane du destin de ces femmes se dessine forcément celui de la Palestine. Un documentaire sur l’effacement de la mémoire et peut-être celui d’un peuple mais qui ne pas touché plus que ça, comme si j’avais été convié à une fête de famille mais caché derrière un voile.
Film documentaire magnifique ! A voir absolument. Un narratif très agréable qui nous emmène en Palestine dans une famille de femmes fortes et intelligentes face à la Nakba subie. Palestine ❤️
Exode fuite Enfermement en Palestine en famille. Libération de tracer sa route et immense tristesse de ce qui n’a pas pu être. Liens de femmes et de mère au delà de la tradition et du sentiment de trahison.
Œuvre sincère et authentique qui n'est pas qu'une simple histoire de famille mais une histoire de femmes. On sent le courage de ne pas subir à chaque génération.