Bye Bye Tibériade
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Yves G.

1 845 abonnés 4 017 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 février 2024
Lina Soualem plonge dans les archives familiales pour raconter l’histoire de sa mère Hiam Abbas, née en Palestine en 1960. Sa grand-mère, Um Ali, avait dû fuir Tibériade en 1948 lors de la création d’Israël. Sa maison détruite, sa famille éclatée (l’une de ses filles s’est retrouvée en Syrie dont elle ne put jamais revenir), elle s’installa à Deir Hanna, à mi-chemin entre Acre et Tibériade. C’est là que vécut Nemat, sa mère, qu’elle y devint institutrice, qu’elle y fonda une famille bientôt riche de dix enfants. Hiam, la quatrième, se sentait étouffer dans ce milieu patriarcal. Elle partit le plus vite possible étudier la photographie à Haïfa, avant d’intégrer une troupe de théâtre à Jérusalem, de se marier contre la volonté de ses parents avec un Anglais et d’aller vivre à Londres avant de s’installer à Paris en 1989, sans parler un mot de français.

Lina Soualem creuse le sillon qu’elle avait déjà ébauché dans son premier documentaire, "Leur Algérie", consacré à ses grands-parents paternels (les parents de l’acteur bien connu Zinedine Soualem). Bye bye Tibériade est un documentaire à la fois intime et pudique. Comme son titre l’annonce, il est placé sous le signe de la nostalgie. Lina Soualem veut garder le souvenir, qui est en train de se perdre après la mort de sa grand-mère Nemat, de la vie de quatre générations de femmes palestiniennes.

Derrière la micro-histoire de cette famille, c’est l’Histoire de la Palestine qui se dessine, celle de la Nakba de 1948, celle de la difficile coexistence des deux peuples israélien et palestinien, sur une même terre minuscule, celle de la revendication sans cesse renaissante mais toujours bâillonnée de l’indépendance et de la souveraineté.

La vraie héroïne du film est Hiam, la mère de Lina. Ses traits nous sont devenus familiers, à force de l’avoir vue depuis plus de trente ans dans une kyrielle de films : "La Fiancée syrienne", "Free Zone", Munich", "Les Citronniers", "Corps étranger", "Gaza mon amour"… Comment une telle artiste est-elle née dans un tel milieu ? Comment sa sensibilité s’y est-elle aiguisée ? Pourquoi est-elle partie ? Comment s’est-elle réconciliée avec ses parents ? Autant de questions qui ne sont pas traitées de front mais auxquelles, par bribes successives, des réponses partielles et pudiques sont apportées.
Cactus14
Cactus14

9 abonnés 15 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 janvier 2024
Faire voir ce qui n'est plus; faire entendre ce qui est désormais silence. Du grand art pour tisser des liens de générations en générations, pour transmettre la mémoire d'une famille palestinienne meurtrie par le tourbillon de l'Histoire, niée dans sa chaire depuis 75 ans.
Jerome
Jerome

50 abonnés 197 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 février 2024
Pas mal réalisé, mais il ne se passe pas grand chose et le film dure un certain temps....tandis que le thème central (l'exil) est déjà bien documenté dans pas mal de films...
Jeanlepage
Jeanlepage

9 abonnés 40 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 février 2024
un film émouvant et remarquable malgré son parti-pris anti israélien et ses paysages palestiniens très moches.
octopus_fr2002
octopus_fr2002

96 abonnés 165 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 27 février 2024
La fille de Hiam Abbas évoque la jeunesse de sa mère qui a choisi l’exil pour devenir actrice. Évocation à travers des photos et des films de fille. J’aime beaucoup cette actrice. Le film est assez émouvant mais reste très en surface et manque un peu de rythme et de substance. Au spectateur d’imaginer le contexte étouffant pour les femmes arabes qui vivent beaucoup entre elles et subissent les effets d’une guerre qui a tout bouleversé.
traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 janvier 2024
La merveilleuse actrice Hiam Abbass occupe une place centrale dans le documentaire Bye Bye Tibériade, réalisé par sa fille, Lina Soualem, mais ce n'est que justice car elle représente à la fois la transmission et la rupture, dans une histoire familiale qui raconte 4 générations de femmes, de 1948 (exode palestinien lors de la guerre israélo-arabe) à nos jours. Comme dans son premier film documentaire, Leur Algérie, la réalisatrice évoque l'intime pour évoquer le contexte sans cesse mouvementé du Moyen-Orient, et plus largement l'exil et le déracinement d'une partie de sa population, rendant hommage, au passage, au courage des femmes palestiniennes. Le récit ondule avec élégance entre vieux films familiaux (principalement aux alentours de 1992, quand l'arrière-grand-mère de Lina Soualem était encore vivante), de remarquables documents d'archives datant de 1948 et du dialogue actuel entre mère et fille (Hiam et Lina), reconstituant le puzzle familial à travers les souvenirs de la première et la découverte de photographies anciennes. Et c'est ainsi qu'une mémoire collective peut perdurer, via les femmes, à travers une évocation douce et généreuse, qui n'oublie pas que bien des deuils et des déchirements ont jalonné le passage du temps.
Olivier Levigne
Olivier Levigne

37 abonnés 453 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mars 2024
Beaucoup d'hésitation, j'ai choisi de mettre 4 étoiles, ce qui corrrespond à TRES BIEN.
Pourtant, même si par moment, j'ai failli avoir les larmes aux yeux, par d'autres moments j'aurais pu m'ennuyer, et mettre une note bien inférieure.

On peut quand même dire que "Bye Bye Tiberiade" est un documentaire assez captivant qui explore les thèmes complexes de l'identité, de la mémoire et de la quête de racines. Lina Soualem offre une perspective personnelle et émouvante alors qu'elle retourne en Palestine avec sa maman qui va renouer avec ses origines, et rendre hommage à sa grand-mère. À travers des images d'époque, prises de vue super8 ou vidéo amateur, (certaines prises par son grand-père me semble t'il), et des rencontres sincères avec les membres de sa famille (ses voisins, ses tantes), le film offre une immersion authentique dans la Palestine.

Cependant, malgré ses qualités indéniables, le film peut laisser certains spectateurs perplexe. Sa structure narrative parfois flottante et ses transitions abruptes entre les différentes séquences peuvent sembler déconcertantes. De plus, la narration introspective de Lina Soualem peut parfois sembler subjective, laissant peu de place à une perspective plus large sur la situation en Palestine. Ce n'est au final, pas du tout un dicumentaire sur la Palestine.

"Bye Bye Tiberiade" réussit quand même à capturer l'essence même de la quête d'identité et de la recherche de soi et de ses racines, à travers les yeux de la réalisatrice. Ces moments d'intimité offrent une profondeur émotionnelle nouvelle qui va surement résonner avec le public. C'est la dimension des relations parents / enfants, surtout mère / fille, grand mère / petite fille, etc. Beaucoup de personnes aimeraient ou auraient aimé filmer leut propre maman de la sorte.

En fin de compte, "Bye Bye Tiberiade" est un film qui mérite d'être vu pour sa sincérité et sa capacité à susciter une réflexion profonde sur les thèmes universels de l'identité et de l'appartenance, sur les thèmes aussi des liens familiaux. Bien qu'il puisse ne pas plaire à tous en raison de sa narration subjective et de sa structure non linéaire, il offre néanmoins une expérience cinématographique enrichissante et émotionnelle.

Lina Soualem a du talent.
Je regrette d'avoir loupé son premier film, que je vais aller voir d'ici peu, et je suis impatient de voir le prochain.
Franck J P
Franck J P

7 abonnés 113 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 février 2024
La saga de cette famille palestinienne sur quatre générations est empreinte d'une extrème sensibilité plus que d'une intention de revanche. Les cultures sont mêlées et enrichissent une histoire qui n'est pas faite que de haine et de guerres.
Maryane75
Maryane75

21 abonnés 464 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 11 août 2024
J'adore Hiam Abbass mais, franchement, je n'ai pas trop compris quel était le message, pour nous, du film de sa fille Lina Soualem.
Je m'attendais à un vrai biopic sur sa mère... un bout de sa vie enfant... adolescente... son départ pour la France... son début de carrière en tant que comédienne... ... ...
Là, pour le coup, c'est simplement une séance ''souvenirs de vacances en super 8'' comme on regardait dans mon enfance et c'était très barbant pour tout le monde sauf pour les plus concernés qui monologuaient.
IDEM, il n'y a que la famille Abbas-Soualem qui semble avoir pris plaisir à ce documentaire qui, finalement, ne nous apprend rien du tout hormis que Tibériade est un très bel endroit et que je comprends la nostalgie des aïeules déracinées par les israéliens comme les pieds-noirs l'ont été d'Algérie et les français de Tunisie quelques années plus tard.
L'idée est bonne mais très mal abordée et cela ne fait pas du tout professionnel.
C'est franchement chiant !!!
Marie-Christine Julien
Marie-Christine Julien

3 abonnés 77 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 février 2024
Un documentaire qui raconte une histoire, celle Hiam, actrice des Citronniers, entre autre, femme de caractère , à vif, qui a quitté sa famille et son pays où elle étouffait. Profondément touchant sur la douleur de l'exil, la tendresse entre femmes, sœurs, aieulles, filmées par lmLina, l'arrière petite fille qui cherche ses racines. Tiberiades, Palestine, si riche d'histoire,. Salle archi pleine aux 3 Luxembourg.
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 736 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 février 2026
Plonger dans l'intimité d'une famille comme celle de Hiam Abbass, est avant tout une conservation de la mémoire. Ces moments filmés, redonnent des moments chaleureux et chamboulants, notamment à cause de l'histoire de sa famille. C'est magnifique à suivre, tant par sa réalisation que par sa sincérité.

Un magnifique documentaire où le portrait familiale est toujours un point sensible pour tous spectateurs
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 février 2024
..Malheureusement c'est un documentaire , un hommage d'une fille à a sa mère spoiler: , avec des extraits vieux de soixante ans en super huit ( mauvaise image, piètre qualité, des vidéos d'il y a trente ans, sans grand intérêt, et évidemment l'époque actuelle, où Liam Abbass semble boursoufflée et insipide, pour nous raconter es origines d'une famille et de ses enfants, avec des liens trop personnels pour le spectateur, qui peut, ce fut mon cas , se sentir exclus de ces confidences familiales...
.Et ce d'autant que la moitié des dialogues est en arabe sans sous titre...Je me suis demandé si la réalisatrice ne se moquait pas des français......je ne me suis pas senti concerné par la la vie de cette famille;....Peut être le serez vous ? à vous de voir,...
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 mars 2024
Bye bye Tibériade commence timidement. On ne sait pas trop vers où veut aller le film, et on se dit qu'il y va bien lentement.

Mais petit à petit, les éléments se mettent en place. On décode petit à petit les images qui relèvent d'archives historiques, celles qui sont issues de films familiaux, et on s'intéresse enfin à cette étrange relation entre quatre générations de femmes palestiniennes : la réalisatrice Lina Soualem, sa mère l'actrice Hiam Abbas, sa grand-mère et son arrière grand-mère.

Un des intérêts du film est d'entremêler subtilement les thématiques : l'exil palestinien (la naqba), l'attachement aux lieux, le poids des traditions, le désir d'émancipation par le théâtre, la sororité, le souvenir et la nostalgie. Tous ces éléments se marient à travers une grande variété de séquences, dont celles se déroulant en Cisjordanie sont les plus fortes.

Hiam Abbas dégage un charisme puissant. Ses propos sont principalement consacrés à son enfance, laissant dans l'ombre à peu près toute sa vie post-Palestine : elle apparait ainsi nimbée d'une sorte de mélancolie décidée qui dégage un puissant charme.

Une réussite délicate qui donne envie de suivre le travail futur de la réalisatrice.
Arthus27
Arthus27

126 abonnés 642 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 décembre 2024
"Bye Bye Tibériade" de Lina Soualem est un documentaire profondément émouvant qui offre une exploration intime et personnelle de l'histoire familiale et des racines culturelles. En accompagnant sa mère, l'actrice Hiam Abbass, dans un voyage en Palestine, le film s'intéresse à la quête identitaire et à la redécouverte des origines.
Le film est bouleversant à bien des égards. Lina Soualem réussit à capturer non seulement le voyage physique de sa mère vers sa terre natale, mais aussi un voyage émotionnel et spirituel, riche en souvenirs et en émotions. Les interactions entre Hiam Abbass et sa famille sont empreintes de sensibilité et de profondeur, révélant des couches d'histoire personnelle et collective.
L'histoire de cette famille, marquée par l'exil et le désir de transmission, est racontée avec une grande délicatesse. Soualem mêle habilement témoignages, archives familiales et moments de vie capturés sur le vif, créant un récit qui résonne universellement par sa sincérité et son humanité.
À travers une réalisation soignée et une approche respectueuse, le film parvient à illustrer les complexités de l'identité, de l'appartenance et des liens familiaux. Les paysages et les visages filmés avec tendresse ajoutent à l'authenticité et à la beauté visuelle de l'œuvre.
Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

129 abonnés 411 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 mars 2024
Issue d’une longue lignée de femmes palestiniennes, Lina Soualem est la première de sa famille à être née loin de Tibériade, enclave palestinienne à la frontière du Liban et de la Syrie. Elle décide de remonter le fil de son histoire familiale, en donnant la parole à sa mère, sa grand-mère et ses tantes.

Au-delà du récit autobiographique, composé ici de témoignages, de photos et de vidéos de famille, le documentaire fait nécessairement écho à l'actualité en pointant les souffrances liées à la confiscation de terres palestiniennes par les autorités israéliennes et au déracinement et bouleversements que ces familles ont dû affronter.

Pour autant, en centrant le propos sur sa mère, qui, elle, a volontairement choisi l'exil pour devenir actrice, la réalisatrice renvoie également l'image de femmes résistantes et résiliantes. Ce personnage, au charisme indéniable, et que l'on a tous forcément déjà vue apparaître à l'écran dans un ou plusieurs de la centaine de films qu'elle a tournés, et à qui sa fille donne la parole, notamment pour faire lire le texte qu'elle a écrit et qui pourrait servir de voix off au documentaire, est sans aucun doute la plus grande force du film.

Pour autant, Bye Bye Tibériade a la malchance de sortir après Les Filles d'Olfa et Little Girl Blue, deux autres films documentaires qui s'intéressaient déjà à des questions plus ou moins similaires : la relation mère-fille, la transmission, les origines, les racines, l'héritage... et parce que le film manque de rythme et semble un peu moins bien construit que les deux autres cités, son impact se révèle moins puissant chez le spectateur.

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