Avant de devenir un film, Seule la vie est d’abord le roman autobiographique de Barbara Pachl-Eberhart, publié en 2010 après la disparition tragique de son mari et de ses deux enfants. Plusieurs tentatives d’adaptation ont vu le jour au fil des années, mais aucun scénariste n’osait réellement s’attaquer à ce récit très introspectif. Il aura finalement fallu la rencontre entre le réalisateur Adrian Goiginger et le scénariste Senad Halilbašić pour transformer cette histoire intime en œuvre de cinéma.
Fait surprenant, Adrian Goiginger n’était pas certain de vouloir mettre lui-même le film en scène. Lorsqu’il découvre le projet après la naissance de son deuxième enfant, il juge l’histoire trop douloureuse pour pouvoir s’y consacrer pleinement. C’est en lisant la première version du scénario qu’il change d’avis : il comprend alors que le film ne raconte pas seulement une tragédie, mais surtout la possibilité de reconstruire sa vie après l’épreuve.
Soucieux de rester fidèle à la personne réelle derrière le récit, les auteurs ont associé Barbara Pachl-Eberhart à toutes les étapes de la production. De l’écriture du scénario au casting, en passant par les échanges avec les acteurs, elle a accompagné le projet pendant plusieurs années. Cette collaboration étroite a permis aux cinéastes de fictionnaliser certains événements tout en conservant l’authenticité émotionnelle de son parcours.
Comme les personnages principaux exercent le métier de clown, l’équipe a mené un important travail de recherche avant le tournage. Les comédiens Valerie Pachner et Robert Stadlober ont suivi une formation spécifique auprès du consultant Jean-Paul Ledun, apprenant aussi bien la philosophie clownesque que des disciplines techniques comme le jonglage, les rollers ou l’équilibrisme. Certaines séquences à l’hôpital ont même été entièrement improvisées afin de retrouver la spontanéité propre à cet univers.
Parmi les séquences les plus ambitieuses du film figure l’enterrement, qui a nécessité une préparation exceptionnelle. Adrian Goiginger et son équipe ont mobilisé pas moins de 160 figurants, dont une vingtaine de clowns, après deux jours complets de casting dédiés à ces artistes. Associée à la chanson « Old Dan Tucker », particulièrement importante pour Barbara et son mari Heli, cette scène est devenue l’un des moments les plus marquants du long métrage.