En dehors d'Almodovar, il y a peu de cinéastes qui soient autant fascinés par la violence du désir et des rapports amoureux. N'étant pas un adepte du chef de file de la Movida, ce fut donc une agréable surprise de découvrir ce Matador : film où l'amour flirte avec la mort. Ainsi, rarement le cliché d'Eros et Thanatos aura trouvé autant de sens qu'avec ce petit bijou à la fois drôle et morbide, brutal et charnel, beau et repoussant. Pedro Almodovar, comme tout bon cinéaste cinéphile qui se respecte, parsème son long métrage de références : d'un côté le clin d'oeil au Psychose d'Hitchcock ( qui semble ici mettre en évidence l'acte tragique engendré par le voyeurisme : meurtre chez Norman Bates, viol fantasmé chez Angel...), de l'autre l'extrait du dénouement de Duel au Soleil de King Vidor ( dans lequel violence et désir fusionnent ). Antonio Banderas, dans l'un de ses premiers rôles, joue la carte du mystère et de l'ambiguité. Un très bon film, qui n'a pas peur du ridicule ( la fameuse séquence de l'éclipse ). Troublant...
Toujours aussi provocant et sulfureux que nimporte quel film dAlmodovar, pourtant la sauce ne prend pas. Il manque quelque chose à MATADOR pour tenir le spectateur en haleine tout le long du film. Un peu dommage car le réalisateur de la Movida semblait Hitchcockiennement très inspiré. Antonio Banderas est très bien. 3 étoiles, même si la balance penche plutôt vers les 2 étoiles...
Un film qui contient en germes les thèmes de prédilection d'Almodovar : sexe, mort, religion, anticonformisme... l'intrigue est un peu facile spoiler: (les visions d'Antonio Banderas) , mais quelques plans ou scènes sont magnifiques (comme cette course poursuite en robe rouge sang dans l'escalier ou la scène d'amour finale).
La mise en scène est peut-être mois raffinée que dans ses oeuvres plus récentes, mais elle possède une énergie libératrice digne des deux personnalités à qui il rend ici hommage : Bunuel et Mishima.
Un film intéressant mais certainement pas un chef-d'oeuvre. On y voit un Almodovar un peu en peine, mais qui y met du sien (et même tout ce qu'il a). Ca part un peu dans tous les sens, c'est plein de vie et de mouvement. Certainement une grande révolution pour l'Espagne de l'époque. Mais la critique des moeurs (et notamment de la mère bigote) est un peu facile et pas très profonde ni recherchée (ni même originale pour l'époque). On se laisse tout de même emporter par le charme et la dynamique qui se dégagent de Matador. On sent poindre un grand génie en devenir sous ces plans et ce synopsis confus et pas très construits. Une oeuvre à découvrir pour les amateurs d'Almodovar qui ne la connaîtraient pas.
Vu à sa sortie et pas revu avant.... septembre 2023, j'avais un peu oublié. Ça a terriblement vieilli, et c'est loin d'être le meilleur Almodovar, qui n'a pas encore la maîtrise visuelle de ses films futurs, alliant le kitsch des couleurs, des atmosphères, avec une bonne dose d'humour. Là on a l'impression de bricolage, avec un scénario et des personnages auxquels on ne croit pas du tout. La scène finale est tellement attendue qu'elle en perd tout son sel. Je ne crois pas que je le reverrai avant ...2060 !
Matador est très probablement (et de loin) un des meilleurs Almodovar. On y retrouve tout le symbolisme et l'insolence qui caractérise le génie de la Mancha. Mais Matador est aussi un documentaire à la limite du sociologique de l'époque où Antonio Banderas jouait encore dans des vrais films (la plupart chez Almodovar d'ailleurs) et n'est pas encore fourvoyé dans les productions hollywoodiennes de bas-étage ! Comment regarder par exemple le tryptique (Le Tombeau/Spy Kids 1 et 2 !!) sans éprouver de la nausée devant ce tel gâchis? Il est étonnant de voir à quel point certains acteurs espagnols cèdent aux chants des sirènes venant d'Hollywood pour jour les rôles des "latinos" stéréotypés. Antonio Banderas s'y est perdu; Penelope Cruz n'arrive que difficilement à cacher avec "Vicky" des navets de la taille de "Woman on Top" ou "Capitaine Corelli". Même la délicieuse Paz Vega s'est tenté (sans succès) avec "Spanglish". Et espérons qu'Antonio Bardem ne fera que des "No Country for old Men"..mais ce n'est pas gagné !!
Dès les premières images, Almodovar nous propulse dans un monde violent mêlant désir, sexe et mort. Le parallèle est fait entre les relations troubles et complexes qui lient les hommes et les femmes, et l'univers machiste de la tauromachie. Un film dérangeant, probablement parce que la quête de la jouissance est intimement et exclusivement liée à la mort, celle de l'autre et la sienne propre. A ne pas mettre devant tous les regards.
Un sujet difficile sur l'histoire d'un couple fasciné par la proximité entre le sexe et la mort! l'amour et le crime.... Bien des aspects du film semblent aujourd'hui un peu lourd et je me dis qu'il n'est pas nécessaire de revenir dessus, il y en a sûrement d'autres, réalisés par Almodovar, à découvrir...
Malsain et fascinant. L'histoire oscille entre le burlesque noir (du genre la mère qui est saoulée que sa fille doive témoigner au commissariat pour un viol, parce que ça fait la troisième fois, puis parce qu'elles vont être en retard à son casting) et le drame psychologique (ils sont tous un peu timbrés). L'histoire est assez tordue : Angel (Antonio Banderas), jeune homme perturbé, se fait accuser de 4 meurtres qu'il n'a pas commis. L'enquête se déroule, avec pêle-mêle des tas de personnages aux fantasmes morbides et aux antécédents louches. Les dialogues sont excellents, Antonio Banderas attendrissant, le film peut choquer parce qu'il en fout quand même plein les yeux (mélange sexe et mort, ambiance souvent malsaine). C'est du Almodovar quoi.
J'ai vu ce film il y a longtemps, mais pour dans mon esprit il est clair qu'il exprime de façon habile ce qu'est la PASSION et non la mort, la passion, ne peut se terminer autrement que dans la Mort, comme le choix des amants aimer à passion, c'est aimer à mort, et mourir ensemble c'est Maîtriser les choses : ne pas risquer de ne plus s'aimer, de voir se désagréger l'Amour Passion et Charnel !!!! Comme le temps désagrège les chairs, Pedro Almodovar a très très bien décrit le vraie PASSION telle qu'elle DEVRAIT être vécue, selon moi, aussi. Vision expressionniste de la vie, comme Almodovar a toujours eue, et merci à lui !! Je comprends mieux, en aimant Almodovar, qu'on m'a si souvent demandé si j'étais 'française', non, je suis passionnée !!!! Superbe film, à lier à "Portier de Nuit" dans un esprit jusqu'au boutiste mais sado-maso on est d'accord. Je ne vois pas la fin de mon texte donc ne sais si cela est visible...
pas le meilleur Almodovar mais déjà le style reconnaissable entre mille du réalisateur, entre études de moeurs et complexité attachante des personnages
Avec "Matador", Almodovar atomise le mythe de l'amour romantique. Dans ce film, le sexe et la mort, Éros et Thanatos, se confondent. Et le réalisateur en profite pour dénoncer la bigoterie religieuse, incarnée par la mère d'Angel Gimenez. Un film cru qui déromantise l'amour et montre l'homme nu, tel qu'il est. Le début du film, avec la mise à mort du taureau comme métaphore de l'acte sexuel, est sublime. La fin est aussi très forte. Entre les deux, il y a, c'est vrai, quelques lenteurs. C'est ce qui explique les quatre étoiles.
Un film maîtrisé sur un scénario extrêmement bien écrit. Fabriquer sa femme à partir d'un homme, c'est tordu, malsain... Mais ça marche. Tous les plans, chaque détail donnent un sens à chaque scène. A voir et à revoir... Chapeau
Un film du début de la seconde période d'Almodovar, le film possède à mon gouts encore trop de longueurs, des plans inutiles...mais le scénario est original, et le parallélisme entre la relation taurerro/taureau et celles du couple est bien mené. Le début de la maturité chez Almodovar qu'il atteind avec Tout sa Mère (chef d'oeuvre dans l'émotion)