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JamesDomb
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4,0
Publiée le 16 mars 2012
Après Le Labyrinthe des passions, Matador, seconde collaboration entre Antonio Banderas (Goya du Meilleur second rôle masculin en 1987) et Pedro Almodovar, demeure l'une de leur plus troublante association à ce jour. Le cinéaste espagnol fait un état des lieux des comportements humains où la mort et le désir s'entremêlent, où un jeune homme doit apprendre à tuer pour apprendre à vivre. Pour Pedro Almodovar, la mort est un élément d'excitation sexuelle, la folie, la haine, les conflits sont liés à la beauté et à l'amour. Les personnages sont certes marqués par cette mort qui rode mais aucunement par la fatalité. Par ailleurs, tous échappent à cette adversité en restant maîtres de leurs désirs, de leurs pulsions, certains décidant même de leur propre mort en devenant leur propre bourreau. Avec son esthétique léchée, l'ambiguïté de ses personnages et son sens du suspense, Pedro Almodovar parvient à ne jamais lâcher l'attention du spectateur plus de cinq minutes. Film culte, Matador est l'un des films les plus singuliers du metteur en scène de Volver, sombre, cruel, insolent, violent, sensuel, obsessionnel, qui n'est pas sans rappeler Basic Instinct de Paul Verhoeven.
Almodovar veut rendre hommage à Luis Buñuel et à Yukio Mishima en abordant et en réunissant deux des thèmes de prédilection de l'oeuvre de ces deux derniers, et qui sont bien évidemment aussi des thématiques importantes dans la filmo du réalisateur espagnol, que sont le sexe et la mort. Dans le premier quart d'heure, le cinéaste réussit à esquisser ses personnages et à créer une véritable atmosphère. Dommage que la suite perde de son allant et ne tienne pas toutes ses promesses à cause d'une intrigue mal construite malgré son symbolisme intéressant en dépit du fait que la tauromachie est une des plus grosses aberrations de tous les temps. Seules les dernières minutes arrivent à se rendre aussi intéressantes que les premières.
Un film maîtrisé sur un scénario extrêmement bien écrit. Fabriquer sa femme à partir d'un homme, c'est tordu, malsain... Mais ça marche. Tous les plans, chaque détail donnent un sens à chaque scène. A voir et à revoir... Chapeau
En dehors d'Almodovar, il y a peu de cinéastes qui soient autant fascinés par la violence du désir et des rapports amoureux. N'étant pas un adepte du chef de file de la Movida, ce fut donc une agréable surprise de découvrir ce Matador : film où l'amour flirte avec la mort. Ainsi, rarement le cliché d'Eros et Thanatos aura trouvé autant de sens qu'avec ce petit bijou à la fois drôle et morbide, brutal et charnel, beau et repoussant. Pedro Almodovar, comme tout bon cinéaste cinéphile qui se respecte, parsème son long métrage de références : d'un côté le clin d'oeil au Psychose d'Hitchcock ( qui semble ici mettre en évidence l'acte tragique engendré par le voyeurisme : meurtre chez Norman Bates, viol fantasmé chez Angel...), de l'autre l'extrait du dénouement de Duel au Soleil de King Vidor ( dans lequel violence et désir fusionnent ). Antonio Banderas, dans l'un de ses premiers rôles, joue la carte du mystère et de l'ambiguité. Un très bon film, qui n'a pas peur du ridicule ( la fameuse séquence de l'éclipse ). Troublant...
Matador est très probablement (et de loin) un des meilleurs Almodovar. On y retrouve tout le symbolisme et l'insolence qui caractérise le génie de la Mancha. Mais Matador est aussi un documentaire à la limite du sociologique de l'époque où Antonio Banderas jouait encore dans des vrais films (la plupart chez Almodovar d'ailleurs) et n'est pas encore fourvoyé dans les productions hollywoodiennes de bas-étage ! Comment regarder par exemple le tryptique (Le Tombeau/Spy Kids 1 et 2 !!) sans éprouver de la nausée devant ce tel gâchis? Il est étonnant de voir à quel point certains acteurs espagnols cèdent aux chants des sirènes venant d'Hollywood pour jour les rôles des "latinos" stéréotypés. Antonio Banderas s'y est perdu; Penelope Cruz n'arrive que difficilement à cacher avec "Vicky" des navets de la taille de "Woman on Top" ou "Capitaine Corelli". Même la délicieuse Paz Vega s'est tenté (sans succès) avec "Spanglish". Et espérons qu'Antonio Bardem ne fera que des "No Country for old Men"..mais ce n'est pas gagné !!
Je suis tout à fait l'avis des autres internautes ayant mis deux étoiles à Matador ...
Le sujet du film est très interessant ; malheureusement, sa mise en image n'est pas à la hauteur de cet ambitieux projet. Il y a quelque chose de maladroit, presque naïf (malgré la crudité de certains passages) dans l'exploitation du scénario. Le film manque de fluidité et d'évidence, Almodovar finit par trop se disperser en voulant couvrir de trop nombreux thèmes à la fois. Il y a trop de côtés inaboutis ou bâclés, un peu flous. Cela dit, on ne passe pas un mauvais moment, et on y retrouve, fort heureusement quelques touches "almodovariennes" comme on les aime ; entre autre un défilé de robes de mariée délirant où Almodovar interprète lui-même un styliste exhubérant. Quelques passages sont également drôles, tout comme la réaction de la policière qui qualifie de "chanceuse" la victime de Banderas.
Dès les premières images, Almodovar nous propulse dans un monde violent mêlant désir, sexe et mort. Le parallèle est fait entre les relations troubles et complexes qui lient les hommes et les femmes, et l'univers machiste de la tauromachie. Un film dérangeant, probablement parce que la quête de la jouissance est intimement et exclusivement liée à la mort, celle de l'autre et la sienne propre. A ne pas mettre devant tous les regards.
voir Pedro Almodovar influencé par Alfred Hitchcock donne un résultat curieux , intéressant mais imparfait . Ce "matador" a plusieurs bonnes idées mais est incontestalement inférieur aux derniers films du cinéaste . Si le début est exellent , plaçant entre autre une superbe métaphore entre la corrida et l'acte sexuel , la seconde moitié déçoit beaucoup , ennuye même par moment (quoique le final rehausse le niveau) . On retrouve dans "matador" les thèmes de prédilection d'Almodovar : le sexe , l'homosexualité , la religion , et surtout la mort . si la mise en scène fonctionne sans problème , le scénario déçoit . Reste encore une bande-son réussie et un joli casting (Antonio Banderas exellent , loin des médiocrités dans lesquelles il joue aujourd'hui) . "Matador" un bon film mais un Almodovar mineur .
Toujours aussi provocant et sulfureux que nimporte quel film dAlmodovar, pourtant la sauce ne prend pas. Il manque quelque chose à MATADOR pour tenir le spectateur en haleine tout le long du film. Un peu dommage car le réalisateur de la Movida semblait Hitchcockiennement très inspiré. Antonio Banderas est très bien. 3 étoiles, même si la balance penche plutôt vers les 2 étoiles...
Oeuvre de jeunesse qui contient déjà en germe beaucoup d'obsessions d'Almodovariennes, les déviances et transgressions sexuelles, la couleur rouge, la foi puritaine aveugle... mais trop maladroite pour être vraiment intéressante. Une oeuvre de jeunesse qui plus est, a particulièrement vieilli, la faute à une esthétique très datée 80's. Les progrès du cinéaste ont été fulgurants depuis.
Un film du début de la seconde période d'Almodovar, le film possède à mon gouts encore trop de longueurs, des plans inutiles...mais le scénario est original, et le parallélisme entre la relation taurerro/taureau et celles du couple est bien mené. Le début de la maturité chez Almodovar qu'il atteind avec Tout sa Mère (chef d'oeuvre dans l'émotion)
Un film intéressant mais certainement pas un chef-d'oeuvre. On y voit un Almodovar un peu en peine, mais qui y met du sien (et même tout ce qu'il a). Ca part un peu dans tous les sens, c'est plein de vie et de mouvement. Certainement une grande révolution pour l'Espagne de l'époque. Mais la critique des moeurs (et notamment de la mère bigote) est un peu facile et pas très profonde ni recherchée (ni même originale pour l'époque). On se laisse tout de même emporter par le charme et la dynamique qui se dégagent de Matador. On sent poindre un grand génie en devenir sous ces plans et ce synopsis confus et pas très construits. Une oeuvre à découvrir pour les amateurs d'Almodovar qui ne la connaîtraient pas.
Malsain et fascinant. L'histoire oscille entre le burlesque noir (du genre la mère qui est saoulée que sa fille doive témoigner au commissariat pour un viol, parce que ça fait la troisième fois, puis parce qu'elles vont être en retard à son casting) et le drame psychologique (ils sont tous un peu timbrés). L'histoire est assez tordue : Angel (Antonio Banderas), jeune homme perturbé, se fait accuser de 4 meurtres qu'il n'a pas commis. L'enquête se déroule, avec pêle-mêle des tas de personnages aux fantasmes morbides et aux antécédents louches. Les dialogues sont excellents, Antonio Banderas attendrissant, le film peut choquer parce qu'il en fout quand même plein les yeux (mélange sexe et mort, ambiance souvent malsaine). C'est du Almodovar quoi.