C'est l'histoire de la maman de Guy Birenbaum (qui a co-scénarisé le film) , Tauba Zylbersztejn, parce que née juive polonaise, recluse avec ses parents pendant deux ans, à un âge, l'adolescence, où l'élan vital est le plus puissant, où il s'agit de laisser entrer le monde et sortir le dévorer et s'y déployer.
C'est l'histoire de ces deux ans qui en paraissent mille, dans une pièce étroite, à se faire minuscule, sans bruits, sans pleurs, sans air.
C'est l'histoire de ce couple de Justes, Rose et Désiré Dinanceau (remarquablement joués par Sandrine Bonaire et Laurent Bateau) qui le sont doublement, vous verrez pourquoi.
C'est l'histoire de la lucarne de cette chambre de bonne, unique ouverture, par laquelle le père Moshe (très bon Guillaume Gallienne) peut encore voir et entendre l'Histoire qui les a enfermés dans un placard, se dérouler, Paris sous les bottes allemandes puis Paris libéré.
Cette lucarne, c'est aussi celle par laquelle, nous, spectateurs, regardons cette histoire bouleversante pour la garder en mémoire longtemps. À l'heure où les derniers témoins meurent et où les fous, de nouveau, sont aux commandes.
Allez le voir, avec vos enfants et adolescents. C'est important.
"La vie devant moi" est sorti cette semaine.