Trois ans après le très bon "La Nuée", Just Philippot repasse derrière la caméra, toujours pour du thriller mais en reprenant cette fois-ci les codes du film catastrophe. On y suit en effet une petite famille qui doit fuir une pluie acide. Rien de bien original dans le fond donc, ça peut être le scénario type de n'importe quel blockbuster catastrophe américain et il y a malheureusement un peu de ça. Ce qui donne de l'originalité au film, c'est les ingrédients que le réalisateur avait déjà installé dans son premier film. C'est-à-dire d'être d'actualité et surtout de nous montrer des scènes bien crues qui mettent mal à l'aise le spectateur. Si le premier avait pour thème le mal-être agricole, les problèmes que rencontraient les paysans etc., celui-ci prend pour thème l'écologie qui tombe d'autant plus à pique qu'il met en avant les fortes vagues de chaleur que nous subissons de plus en plus. Bref, avec ça, il en arrive à la pluie acide (avec un peu trop de raccourcis d'ailleurs) et s'en suit un schéma de film catastrophe assez classique malheureusement. C'est-à-dire qu'on y retrouve l'éternelle famille dysfonctionnelle (dans les films américains, c'est souvent la famille nucléaire parfaite, c'est-à-dire avec deux enfants, ici il n'y en a qu'un), les gens qui font n'importe quoi et qui se mettent plus en danger que la catastrophe en elle-même etc. Même si le film surprend, encore une fois, de par ses scènes crues. C'est d'ailleurs ce qui le sauve d'une certaine monotonie. On en retiendra principalement deux,
celle où la mère se noie dans de l'eau acide et l'autre où l'enfant et sa mère sont promis à une mort certaine
. D'autant plus marquantes que le réalisateur n'y va pas avec des pincettes, on se prend ces scènes en pleine tronche sans qu'on n'y soit préparé, exactement comme dans "La Nuée". Sauf qu'ici, ce n'est pas passionnant jusqu'au bout et que le film en devient un peu lassant, donnant même parfois l'impression de manquer d'idées. En témoigne toute la dernière partie du film dans laquelle les personnages donnent l'impression de chercher la catastrophe ; ce n'est plus la catastrophe qui vient aux personnages mais l'inverse, en témoigne par exemple
la scène dans le champ inondé : pourquoi la fille est sortie de la voiture pour aller se réfugier sur un vieux tracteur, pourquoi sont-ils sortis de nuit sous la pluie alors que le garage pouvait encore tenir etc.
En une scène, on a tout ce que le film avait réussi à ne faire : tomber dans le cliché des personnages aux réactions débiles et incohérentes, un écueil que l'on retrouve dans tous les films du genre. La mise en scène est quant à elle impeccable, encore une fois à l'image du premier, c'est-à-dire sobre tout en ayant un parti pris artistique marqué. "Acide" est donc moins réussi que "La Nuée" mais reste un très bon film de genre français.