Le principal adjoint d’un collègue strict et autoritaire obsédé par la réussite de son fils au brevet des collèges commet l’irréparable pour qu’il obtienne son examen dans ce film paradoxalement trop court mais pourtant long à démarrer et très fourni dans sa dernière partie. Il est question de déterminisme social et de quête de réussite dans ce récit où excelle à l’écran l’acteur Roschdy Zem auteur d’une composition nuancée formidable.
Sabri Lahlali (Roschdy Zem) est le principal adjoint d’un collège d’une grande ville de province. Issu de l’immigration, ce passionné de lettres dur à la tâche a réussi à s’intégrer à force de persévérance, à la différence de son frère (Hedi Bouchenafa) qui a sombré dans la dépendance. Sabri soumet Naël, son fils unique, dont la musique est la seule passion, à une discipline de fer contre l’avis de sa mère (Marina Hands), qui enseigne dans le même collège et dont Sabri est séparé depuis peu. Il nourrit pour Naël de grandes espérances au point de franchir la ligne rouge le jour des épreuves du brevet que l’adolescent passe et que Sabri a la responsabilité de superviser.
Roschdy Zem a réussi à atteindre une célébrité telle que désormais un film peut se faire sur son seul nom. Ce Principal en est la preuve dont l’acteur mange en majesté toute l’affiche et dont son seul nom occupe le sommet – sacrifiant au passage ceux de Yolande Moreau, qui interprète sa supérieure directe, et de Marina Hands. Mais le procédé est efficace, qui m’aura appâté et aura sans doute appâté aussi tous les spectateurs – et ils sont nombreux – qui apprécient cet acteur.
Le personnage qu’il interprète ici est ambigu. Il est spontanément antipathique. Les premières images du film le montrent engoncé dans son costume cravate impeccable, le bureau rangé au cordeau dans un ordre maniaque, aussi exigeant avec lui-même qu’avec les collégiens dont il a la charge et même avec son propre fils. Mais cette froideur apparente cache des failles internes qui le rendent plus sympathiques : on imagine que ce proviseur-adjoint a dû se battre pour en arriver là où il est et que le moindre erreur pourrait lui faire dégringoler l’échelle sociale qu’il a péniblement gravie. Je ne connais pas assez bien le fonctionnement de l’Education nationale pour savoir si le scénario est crédible. Il me semble l’être.
Le film est sec comme une trique. S’il compte quelques personnages secondaires – ce frère paumé auquel Sabri démontre une humanité dont il est par ailleurs bien avare, cette principale joué par la gouailleuse Yolande Moreau qui nourrit pour son adjoint des sentiments maternels voire plus – il se concentre en 1h22 montre en main sur son intrigue.
Pourquoi n’est-il pas aussi réussi qu’on aurait pu l’espérer ? Peut-être parce que son scénario, même s’il reste ouvert, demeure somme toute assez prévisible : on se doute bien, rien qu’en voyant la bande-annonce, qu’à un moment ou un autre, la tricherie de Sabri sera découvert et que son fils et lui devront en supporter les conséquences. Peut-être aussi parce que ses personnages manquent d’épaisseur et de mystère : celui interprété par Marina Hands manque par exemple de profondeur, celui interprété par Hedi Bouchenafa, aussi réussi soit-il, n’apporte rien au récit.
Mon Dieu que ce film est bon ! Mais en même temps ça ne pouvait que car Roschdy Zem est tellement talentueux et charismatique qu'à chaque fois que je vois un film de lui, je l'adore ! Ici il est encore incroyable de justesse et d'émotion et moi j'ai pris mon pied devant l'histoire de ce principal de collège, qui dérape pour aider son fils à la dérive et qui va se retrouver soupconné de tricherie aux examens ! C'est prenant, c'est malaisant, c'est triste et beau à la fois... non vraiment rien à dire ! Ce film est une pépite et décidément Roschdy Zem est vraiment un acteur que j'adore... c'est même l'acteur préféré de mon grand ! C'est pour dire...
"Le Principal" est un film qui m'a plus. Un long-métrage avec une histoire plutôt sympa même si j'ai trouvé un peu mou a certains moments et les acteurs jouent très bien.
Pour une fois on échappe (presque) au sempiternel banlieue + rebeu + réussite + malgré l'adversité. Roschdy Zem est excellent en principal adjoint un tantinet psycho rigide et obsédé par la réussite scolaire. Les clichés reviennent par l'intermédiaire de son frère, cas social de banlieue. C'est un peu dommage et n'ajoute pas grand chose au film. L'ensemble se dilue un peu à force d'embrasser trop de thématiques et de simplifications qui auraient mérité d'être mieux explorées en resserrant un peu le film. L'ensemble reste intéressant et mérite d'être vu sans déplaisir.
Très bon film avec d'excellents acteurs. Roschdy Zem est très crédible, Yolande Moreau adorable et pleine de sensibilité, comme toujours ! La morale du film est assez bien vue spoiler: en trichant, le père pense favoriser son fils, en réalité, il va l'enfoncer...
La note moyenne du film (3) ne correspond pas du tout aux critiques formulées par les spectateurs ! Elle devrait être bien meilleure !
Thème intéressant , excellent jeu de la part des acteurs .... mais film sans grand intérêt !!!! Je ne suis pas parvenue à entrer dans l'action. J'ai eu l'impression de regarder 2 heures de vide
Entre chronique sobre d'un transfuge de classe et thriller. L'ensemble est honnête et la tension opère à certains moments. Mais le dénouement est très décevant et bâclé. Je ne comprends pas où le réalisateur veut en venir. Roschdy Zem est impeccable ! Comme toujours
Lire la critique complète ici : https://doisjelevoir.com/2023/05/14/le-principal-lenfer-est-pave-de-bonnes-intentions/
Le Principal offre une histoire avec un protagoniste principal parfait qui enfreint les règles pour son fils, mettant en évidence le thème central du mensonge. Cependant, une fois la tricherie réalisée, le film devient répétitif et manque d'intérêt, avec peu de développement des personnages. La relation chaotique avec le frère de Sabri est superflue et ne contribue pas à l'intrigue, donnant une impression de remplissage. Malgré ces défauts, le film bénéficie d'excellentes performances d'acteurs, notamment de Roschdy Zem dans un rôle ambigu, et de Marina Hands, Hedi Bouchenafa et Yolande Moreau qui jouent de manière juste et convaincante. En revanche, le jeune acteur Jibril Bhira ne se démarque pas dans son rôle.
Chad Chenouga a réalisé un petit film sans prétention, sans grande originalité cinématographique, mais pour autant réussi. Derrière l'histoire de ce principal-adjoint de collège interprété par Roshdy Zem, il propose une réflexion sur l'origine des méfaits ou comment un homme exigent, intègre, inquiet de la réussite de son fils, peut se retrouver à commettre une erreur, à fragiliser ses proches, sans se rendre compte de l'immoralité de son acte. Ce sujet n'est pas nouveau mais il est bien traité car Chad Chenouga a réussi à éviter le piège du manichéisme. Intéressant.
Intéressant j'ai passé un bon moment. Roschdy Zem s'empreigne parfaitement au personnage. Très charismatique dans ce rôle. Une histoire simple et efficace ou la pression se ressent vers la fin du film appréhendant la suite…
"Le Principal" de Chad Chenouga est une œuvre cinématographique à la fois captivante et émotionnellement profonde, qui mérite une critique positive pour de nombreuses raisons.
Tout d'abord, la distribution du film est remarquable. Avec des acteurs de renom tels que Roschdy Zem, Yolande Moreau et Marina Hands, le casting est impeccable. Chacun de ces acteurs apporte une authenticité et une profondeur remarquables à leurs personnages, rendant ainsi l'histoire plus engageante et crédible.
L'histoire du film est une exploration puissante des sacrifices que les parents sont prêts à faire pour le bien-être de leurs enfants. Sabri Lahlali, le personnage principal, incarne parfaitement ce dilemme moral. Sa quête désespérée pour offrir à son fils un avenir meilleur en mettant tout en œuvre pour assurer un dossier scolaire parfait est à la fois touchante et émotionnellement intense. Le spectateur est ainsi emmené dans un voyage de réflexion sur les valeurs familiales, les aspirations éducatives et les réalités sociales.
La réalisation de Chad Chenouga est également à saluer. Sa capacité à mettre en scène des scènes émotionnellement chargées et à capturer les nuances des relations humaines est impressionnante.
Le film de Chad Chenouga aborde les thèmes du déterminisme social et de la méritocratie à travers un personnage qu'on peut voir comme un transfuge de classe. Sabri est un principal adjoint au parcours exemplaire. Son fils est un brillant élève de troisième. Pourtant, Sabri va commettre une faute professionnelle pour assurer la réussite scolaire de son fils, faute qui va l'entraîner vers la désescalade, coincer son fils dans un terrible conflit de loyauté et détériorer ses relations avec la mère de son enfant. De cette histoire subtilement montrée, on retiendra quelques personnages marquants magistralement interprétés : la principale, Yolande Moreau touchante plus que jamais, Noémie, l'ex-femme de Sabri, Marina Hands à fleur de peau mais déterminée. Sabri enfin, magnifique Roschdy Zem dont le réalisateur définit si bien la finesse de jeu en une courte phrase : "Il lui suffit d’un costume et de trois détails pour se fondre dans le personnage".