Avec sa mise en scène qui lorgne carrément sur la photographie de Wes Anderson, ses vannes fines, ses personnages faussement guindés et ses majordomes au costard violet (avec même une scène de descente en ascenseur avec le groom qui regarde en l'air), on se croirait dans le Grand Budapest Hotel. Mais non, cette enquête pour meurtre qui réunit deux personnages complémentaires (la novice et l'expert), c'est bien celle de Coup de théâtre, un film d'enquête qui aime être cynique sur les rouages du genre, tout en les empruntant gentiment (une hypocrisie qu'il assume parfaitement, donc cela ne nous gêne pas), avec même une incarnation de la meilleur auteure du genre (on vous laisse le suspens - ténu - pour le final sympathique). Si vous aussi, les romans et films "whodunit" ("qui a fait ça ?") sont votre tasse de thé (du Earl Grey de préférence, Darling), alors vous aurez quelques sourires complices du cynisme de l'inspecteur et de la victime (délicieusement odieux). En revanche, le rythme n'est vraiment pas en accord avec l'avancement (mollasson) de l'enquête, créant des longueurs là où le scénario enchaine les révélations (on en rate la moitié, distraitement), et voulant aller trop vite quand on aimerait apprécier la scène (le final, très rapide). Comme à leur habitude, Sam Rockwell, Adrian Brody, Ruth Wilson et Saoirse Ronan sont des valeurs sûres d'un bon casting, et aiment visiblement bien leur personnage (le duo d'inspecteurs est attachant). Mention aussi à la révélation du mobile du / de la / des coupable (s) - on ne vous spoile pas - qui nous a encore une fois fait afficher un sourire étonné (
c'était l'ouvreur du théâtre... car il n'en pouvait plus d'entendre la pièce chaque soir.
Mobile cynique à souhait, on valide). Dommage que l'on décroche parfois, que les rebondissements sont un peu fouillis, et que la mise en scène tire souvent plus du côté du copier-coller que de l'hommage (ou de l'inspiration artistique), car Coup de théâtre est vraiment amusant à vouloir sabrer son propre genre, avec ses personnages sympathiques (surtout son binôme d'inspecteurs) et son final étonnant.