Nitram
Note moyenne
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Dois-Je Le voir ?

411 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 mai 2022
C’est une réalisation de Justin Kurzel qui c’était fait connaitre du grand public avec Assassin's Creed. Le scénario a été écrit par Shaun Grant en s’inspirant du drame de Port-Arthur. Nitram a été présenté en compétition au Festival de Cannes 2021, où Caleb Landry Jones a obtenu le Prix d'interprétation masculine.
Il y a des drames qui touchent au plus profond des pays durant plusieurs générations. Celle de Port-Arthur en Australie est peu connue en France, surtout qu’il s’est déroulé il y a trente ans. C’est donc avec un regard nouveau qu’on va voir ce qui s’est déroulé dans les années 90 dans ce pays à l’autre bout du monde. Il est venu l’heure d’observer la vie de Martin Bryant dit Nitram. Un jeune homme perturbé que différents événements vont pousser vers le fond.
Ce film va donc se pencher sur ce solitaire. Son manque d’empathie sociale l’empêche de se construire une vie. C’est passionnant de le voir évoluer dans un monde lui étant hostile. Son comportement n’a pas de limites, car il ne se rend pas compte des normes sociales. Nitram ne verra aucun inconvenant de donner des pétards à des enfants pour s’amuser un bon coup. Ce côté instable va mettre de l'inattendue. À chaque instant, on se doute que la poudre peut exploser. L’aspect est véritablement dramatique. Bien qu’on soit de son point de vue, il est difficile de se mettre dans sa tête, en revanche, on arrive à comprendre la vision de son entourage. Que ce soient ses parents désespérés par son comportement, ou celui d’Helen ayant beaucoup d’affection pour lui. L'évolution de ces différents rapports sociaux est donc intéressante.
Les événements vont mener Nitram sur une pente glissante. La montée en puissance est des plus prenantes. Chacune de ses prises de tête va permettre de voir sa violence potentielle. Son attitude en devient glaçante par le peu d’humanité dont il fait preuve. Cela explique la fin qui laissera sans voix. Ce final magistral donne une tout autre envergure à ce drame. Une seconde lecture sera même profitable une fois que l’on connaît le tableau entier. On aura d’ailleurs l’information des répercussions de cet événement dramatique sur la vie quotidienne en Australie. Cela donne d’autant plus d’impact.
Si le résultat est si puissant, c’est en grande partie dû à la performance mémorable de Caleb Landry Jones. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il a obtenu le Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes 2021. Ce rôle est digne des plus grands. Il est en effet des plus difficiles d’interpréter la folie pure, et il le fait parfaitement. L’Américain est tout de même bien entouré avec la talentueuse Essie Davis vue l’an dernier dans Milla, Judy Davis et l’incontournable Anthony LaPaglia connu grâce à la série FBI : portés disparus.
Julien Chevillard
Julien Chevillard

195 abonnés 181 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mai 2022
par le réalisateur de mc beth et de assinsin s credd le film a obtenu plusieurs prix dans différent festivals donc
Festival de Cannes 2021 : Prix d‘interprétation masculine pour Caleb Landry Jones et Festival international du film de Catalogne 2021 : meilleur réalisateur pour Justin Kurzel et meilleur acteur pour Caleb Landry Jones
benoit_lb
benoit_lb

3 abonnés 38 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 avril 2022
Quelle maladie mentale ronge Nitram (« Martin » lu à l’envers) pour qu’il soit rendu à ce point indésirable aux yeux de la société ? Adulte dans son corps mais resté enfant dans sa tête, Martin souffre assurément d’une déficience intellectuelle qui le rend incapable de gagner sa vie et le contraint à vivre immanquablement au crochet de ses parents. Une sorte de Tanguy tasmanien qui passe ses journées à manipuler dangereusement des feux d’artifice et dont la frustration de ne pas pouvoir devenir un Australien comme les autres, capable de surfer entre les vagues sous le regard admiratif des jolies filles du coin, va aller crescendo tout au long du film.
L’une des forces de « Nitram » réside justement dans le rythme que lui imprègne son réalisateur. Lent au départ, le film accélère progressivement jusqu’au dénouement final. Les premières minutes permettent au spectateur de cerner le personnage de Martin, grand gamin hébergé dans le cocon familial qui cautionne toutes ses bêtises jusqu’au jour où il décide de s’en éloigner pour aller s’installer dans la grande demeure d’Helen à qui il est venu proposer ses services et dont il devient à la fois l’homme à tout-faire et le compagnon. Avec la disparation tragique de celle-ci le rythme accélère et le film devient biopic : la prospérité matérielle à laquelle Martin accède en tant qu’héritier naturel d’Helen va certes lui permettre d’exacerber ses envies de consommation mais va surtout l’attirer irrémédiablement vers les armes à feu. Dès lors que Martin commence à se constituer un véritable arsenal, il devient évident qu’il ne se contentera pas de tirer sur de simples boules à neige ou sur des cartons à pizza…
La fluidité de la construction du film est par ailleurs agrémentée par le choix délibéré de Justin Kurzel de ne pas s’attarder sur ce qui pourrait apparaitre comme les faits marquants du récit. La décision de Martin de quitter le cocon familial, l’accident dont est victime Helen ou le suicide du père devenu dépressif sont traités comme des non-événements dont Justin Kurzel analyse surtout les conséquences sur le comportement et la psychologie du personnage de Martin. Le départ d’Helen accroit son isolement, la disparition de son père nourrit sa soif de vengeance et son désir de justice qui l’amènent à perpétrer le carnage final. Aucune image de violence n’est montrée lors des dernières scènes du film. La bande-son parle d’elle-même. En revanche, la séquence au cours de laquelle Martin acquiert des armes sans licence dans un magasin spécialisé s’étire en longueur comme un moyen d’ajouter un ressort supplémentaire à cet engrenage menant à la violence.
L’alternance de plans serrés et de plans d’ensemble est un autre des atouts qu’utilise Justin Kurzel permettant au spectateur de mieux s’imprégner de la personnalité détraquée du personnage central.
Le film doit également à la performance de son acteur principal, Caleb Landry Jones, acteur texan vu entre autres dans des seconds rôles chez les frères Coen et Jim Jarmusch et qui a su s’immiscer rapidement dans cet environnement culturel nouveau pour lui que constitue l’Australie des années 1990. Sa crinière blonde ondulée crève l’écran. Son personnage tout en retenue cache une personnalité énigmatique dont on craint l’explosion des frustrations à chaque instant du film. On ne reste pas non plus insensible à la prestation de Judy Davis en mère nonchalante incapable d’exprimer la moindre émotion et qui le résume très bien lors d’une simple réplique : « ce n’est pas parce que je ne pleure pas que je ne suis pas triste intérieurement ». Parmi les seconds rôles, on retiendra celui d’Essie Davis qui interprète une Helen vivant hors du temps dans sa vaste demeure à l’allure victorienne. Pour un peu, on croirait retrouver l’atmosphère de l’Angleterre du 19e siècle au travers de certaines scènes.
Il y a in fine plusieurs manières de regarder « Nitram » : sous l’angle d’un drame familial, sous celui de la dépression et de la fragilité mentale ou sous celui du nécessaire contrôle des armes à feu. C’est ce dernier aspect que le réalisateur décide de mettre en exergue à travers un ultime message sur l’inefficacité des lois prises par l’Australie en la matière. Mais chacun tirera probablement une leçon différente de ce film qui nous arrive des Antipodes.
Coric Bernard

455 abonnés 851 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 mars 2022
Ce film relate l’histoire réelle d’un jeune australien dépresssif qui se terminera par le massacre à Port Arthur en Australie, de 35 personnes en 1996. A la suite de ce fait divers tragique, l’Australie légiférera le port d’armes dans ce pays. Le film démontre bien la personnalité de ce jeune homme, superbement bien interprété, avec son coté imprévisible et hyperactif pour son entourage. C’est bien réalisé quoiqu’un peu trop long.

Bernard CORIC
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 novembre 2021
Après Le gang Kelly, avec Nitram, Justin Kurzel revient au cinéma qui l'a fait connaître et apprécier avec Les crimes de Snowtown, avant de s'égarer quelque peu dans des productions internationales ambitieuses et boursouflées. Nitram raconte la vie d'un jeune homme aux allures de surfeur, dont la tête ne tourne pas vraiment rond, sans que l'on présume que cela puisse mener à une tragédie. Les Australiens ont moyennement apprécié que l'on mette ainsi avant la personnalité d'un individu à l'origine d'un événement traumatisant pour tout le pays, au milieu des années 90 (Wikipédia, pour plus d'informations). Qu'est-ce qui peut amener un homme dérangé, ce diable de Tasmanie, à commettre un acte barbare, telle est la question à laquelle le film ne prétend évidemment pas répondre mais qui explique au moins comment ce fut possible, à commencer par la législation très légère à l'époque sur l'achat d'armes à feu. Nitram est en tous cas plus que correctement réalisé et superbement interprété, notamment par Caleb Landry Jones, un acteur Texan qui s'est fondu de manière impressionnante dans son personnage (Prix d'interprétation mérité à Cannes) mais aussi par Essie Davis et Judy Davis, fascinante dans le rôle de la mère de l'anti-héros. Nitram vient s'ajouter à la longue liste des films australiens inquiétants,, qui va de Pique-nique à Hanging Rock à Animal Kingdom (par exemple), sans pouvoir prétendre rejoindre le haut du panier mais dans la bonne moyenne, tout de même.
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