Découvert lors du dernier Festival de Cannes dans la section Un certain regard, ce film du turc Emin Alper est un honnête thriller socio-politique.
Durant la projection je n'ai pu m'empêché de penser souvent à deux auteurs majeurs : Nuri Bilge Ceylan pour le portrait d'un intellectuel perdu dans la Turquie profonde (Winter sleep, Il était une fois en Anatolie), et Andrei Zvyaguintsev pour la lutte d'un juste contre les forces obscures en milieu hostile (Leviathan).
Malheureusement, même s'il est plaisant à regarder, il manque quelque chose à Burning days pour égaler ces prestigieuses références : de la densité dans la narration, un scénario un peu plus complexe, des personnages plus ambigus, un rythme plus soutenu.
Il y a une naïveté dans le personnage d'Emre qui empêche selon moi le film d'être vraiment passionnant : le destin tragique de son enthousiasme crédule est trop ostensiblement suggéré dès le début du film. Les intrigues manquent de finesse et de nuances, et j'ai trouvé la toute fin ratée.
Restent toutefois quelques très jolies scènes qui montre le grand talent du réalisateur (le dîner, et surtout la formidable séquence de la chasse au sanglier, qui reste dans la mémoire). A découvrir si vous aimez le cinéma turc.
Film captivant sur le plan sociologique au ressort politique qui nous immerge dans une societé d' hommes frustres, confronté à la naiveté déconcertante d'un jeune homme de la grande ville . Rebondissement, flash back, silence, sous-entendu, emotions refoulées tout y passe dans une atmosphére pesante, parfois peu intelligible. Mais l'ensemble est appréciable.
Très bon film qui porte bien son titre. On est haletant presque pendant toute la diffusion. On perçoit la chaleur, le manque d'eau et toutes les pressions qui peuvent s'exercer dans une petite ville reculée en Turquie qui oppose un jeune procureur et les habitants. Une oppression qui se voit comme un véritable thriller filmé avec talent à tous niveaux. A voir !
Une réalisation parfaite., un film saisissant d'une violence sourde mais redoutable.. La tension monte graduellement et avec une efficacité extrême.. on arrive à sourire devant la " naïveté" des personnages mais le scénario glace le sang. Des scènes vraiment réussies et marquantes, qui s'apparentent au genre du film d'´horreur( quand les habitants encerclent l'appartement, la poursuite) malheureusement on est dans une sphère réaliste. La petite mafia de la ville est redoutablement efficace. La menace plane sur tous ceux qui ne correspondent pas aux normes ou aux plans du pouvoir en place. Des frissons dans le dos.
Ce scénario bouleversant est servi par une mise en scène remarquable. Chaque plan restitue parfaitement le malaise de la situation vécue par ce jeune procureur. Le rythme, d'abord lent, s'intensifie au fur et à mesure et nous happe. Emin Alper a réussi, à travers l'histoire d'une ville, à rendre compte de la corruption qui gangrène le pays. Difficile de ne pas ressortir en colère devant cette situation. Enfin, les acteurs sont impressionnants. Le procureur est bouleversant tandis que ses ennemis sont interprétés avec beaucoup de talent tant on lit la ruse et l'hypocrisie à travers le jeu de leurs interprètes. À voir absolument !
Je me suis laissé embarquer par ce polar un peu terrifiant : l'image est belle, l'intrigue plutôt bien menée, l'atmosphère angoissante souvent., aux limites du fantastique en raison des flash back sur une nuit dont le personnage principal, le procureur Emre, ne se souvient gère car il a été drogué lors du repas avec les notables du village. Mais à la réflexion on ne voit pas trop bien quel est le véritable propos du film. La première scène se déroule aux abords d'une doline, provoquée par la surexploitation des nappes phréatiques pour l'agriculture. Mais ce ne sera finalement- pas le sujet du film. La corruption des notables n'est pas non plus ce qui motive leurs exactions .Rien à voir avec le règne d'Erdogan, le président actuel, comme le voudraient nos critiques. Pour avoir vécu en Turquie longtemps et avoir sillonné le pays, je comprends que le fond du problème, dans ces contrées reculées, c'est le refus de l'intervention de l'état et de la loi que représente le procureur. Les habitants veulent tirer en l'air si cela leur chante pour manifester leur enthousiasme - durant mon vécu en Turquie, 700 morts par balles perdues furent dénombrées en un an -, violer la gitane du coin en toute impunité, et pour les notables garder le pouvoir politique dans la ville en étant les pourvoyeurs de l'eau qui manque cruellement. Le populisme là-bas n'a guère à voir non plus avec ce que nous connaissons chez nous. Les habitants sont frustes, s'enthousiasment en traînant la carcasse ensanglantée d'un sanglier qui fut tué, et ne veulent pas qu'on intervienne dans leurs traditions et leur mode de vie fermé au reste du monde. Finalement c'est le soupçon d'homosexualité qui sera le plus fatal au Procureur car le peuple turc est dans le déni complet sur ce sujet, en particulier dans les campagnes. Alors oui, le film est bien mené, nous tient en haleine, mais gardons nous de l'analyser.avec des façons de voir bien de chez nous.
Un film tout à fait acceptable mais qui pour ma part manque de tension, le récit n'étant pas non des plus original, seul l'interprétation exemplaire fait de ce scénario un peu languissant un côté positif de cette œuvre. Rien de bien transcendant même si ce film se laisse voir.
Rien n'est abouti dans ce film mal ficelé, mal écrit... Ennuyeux d'un bout à l'autre. Des personnages inconsistants (en particulier le procureur), le film oscille entre enquête policière et satyre politique sans choisir entre les deux, et sans finir aucune des pistes ouvertes... Donc on s'ennuie ferme et , à la fin qui n'en est pas une, on réalise qu'on a vraiment perdu son temps.
Le film commence par un long travelling d’une chasse à courre d’un énorme sanglier au cœur de la cité. La scène nous happe par sa beauté et la brutalité extrême qui règne sur la ville. Elle annonce et fait échos à la dernière scène du film, spectrale et totalement hallucinante dans sa bestialité, qui imprime durablement notre mémoire après la fin du film. Entre les deux, un pamphlet métaphorique d’une Turquie au bord du gouffre, comme peuvent l’être les habitants au bord des dolines, inquiets et totalement impuissants. Le film a « chatouillé » les conservateurs du pays par les thèmes abordés ; corruption des élites, patriarcat, homophobie et populisme sur fond de clivage sociaux. Il a remporté un grand succès en Turquie, et tout à la fois l’ire du gouvernement. Le ministre de la Culture aurait réclamé le remboursement des aides financières allouées au film. Le réalisateur a tourné dans sa région natale, la province de Konya. La photographie du film rend un bel hommage aux paysages désertiques à couper le souffle. La chaleur étouffante est palpable à l’écran et accentue le malaise dans lequel le personnage principal s’enfonce durant plus de 2 heures. L’ambiance à l’image du titre est suffocante. Nous spectateurs sommes plongés en immersion aux côtés du jeune homme, dans sa quête de justice. Nous ressortons essorés après la scène finale, de ce « Burning Days » où la violence des hommes qui ne reculent devant rien, monte crescendo. Un film haletant et osé dans un pays qui va mal, véritable brûlot politique et social.
Un film qui démontre la difficulté de vouloir transformer un système trop rapidement en étant seul face au poids des habitudes et de la culture. L'autre aspect très intéressant est la démonstration de la mécanique de harcèlement qui devient incontrôlable même en l'absence des réseaux sociaux...
Un film passionnant, superbement filmé et interprété. Un sujet brûlant d'actualité, l'eau... à moins que ce soit la corruption? bref, l'intérêt général malmené. Un héros magnifique, quoique sans autre pouvoir que son intégrité et sa dignité. Davantage qu'un personnage auquel s'identifier : un vrai modèle à suivre (ce qui ne court pas les rues actuellement).
Très très bon film 2h08 que l'on ne voit pas passer. j'ai hésité d'aller le voir et franchement je ne regrette pas. c'est exellent, je le conseil vivement.
Un film ou la tension s'insinue crescendo pour atteindre son paroxysme à la fin. Impossible de savoir jusqu'où cela va noué mener mais le rythme nous tient en haleine jusqu'au final qui peut frustrer. les acteurs sont excellents et ambigus.