Burning Days
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184 critiques spectateurs

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ben desiles
ben desiles

56 abonnés 118 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 avril 2023
Remarquable. Les films les plus effrayants ne sont pas toujours les films d'horreur. Ici, l'effroi naît du spectacle d'une populace en proie à une haine aveugle . On sent la foule gronder comme un animal menaçant et la haine monter par vagues comme un raz-de-marée. L'homme contre lequel elle est dirigée sent le piège se refermer sur lui et tente d'arracher à sa mémoire les images d'une nuit d'ivresse où l'on s'est juré sa perte. Le film séduit par sa finesse psychologique et une angoisse distillée goutte à goutte comme un venin. Une belle réflexion sur la bêtise de la foule, l'étroitesse d'esprit de la province et la haine de l'autre. Il y a même du Kafka dans le héros torturé par une faute qu'on lui impute et dont il n'a pas le souvenir. Et l'acteur principal est magnifique - ce qui ne gâte rien...
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 avril 2023
Attention, petit chef d’œuvre, le genre de film qui emporte le spectateur sur son passage, inutile de résister…..L’histoire westernienne, d’un procureur qui doit faire face à l’imprévu, gravissime, je n’en dis pas plus….Bilge Ceylan, a transformé le cinéma turque, nul doute que emin Alper, le réalisateur a
bien compris la leçon…Quel régal dans la mise en scène, entre clair-obscur et lumière, entre gros plans et panoramique, entre musique psychédélique sombre et mélodie classique, le spectateur est hypnotisé, par la dynamique du film, pourtant peu nerveux …Et que dire du scénario, tiré à quatre épingles, nous menant de surprises en surprises,…L’acteur principal Selahattin Pasali est l’acteur idéal pour offrir au film toute son ambiguïté, celle que recherche le metteur en scène…Promiscuité des acteurs, distance sociale, puissance de la mise en scène, les mots me manquent, j’ai vu un film CHOC…. Je conseille sans hésiter
Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 juin 2022
Un film intéressant, avec des acteurs pertinents et une question sociétale bien posée. On ne s'ennuie pas mais Burning Days fait partie de ces films où la fin n'en est pas une et c'est un peu dommage.
traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 octobre 2022
Un jeune procureur débarque dans une petite ville de province et découvre vite que la corruption règne en maître dans la cité qui s'apprête à élire son maire. Le sujet a déjà été plusieurs fois traité, peu ou prou, en particulier par les cinémas de l'Europe de l'est mais le contexte turc et son traitement intense permettent à Burning Days de ne jamais tomber dans la redite. On pourrait éventuellement reprocher au film d'Emin Alper d'abuser des flashbacks, concernant une nuit où le héros s'est un peu trop laissé griser par l'alcool, au point de ne plus en avoir que des souvenirs épars, mais c'est un moindre mal, dans un ensemble très efficace qui prend parfois des accents de thriller ou de western, voire d’œuvre fantastique, dans sa belle et symbolique conclusion. Mais c'est bien la description peu complaisante du marigot dans lequel est tombé le procureur qui constitue le point nodal d'un récit qui peaufine ses ambiances avec volupté et virtuosité, émaillées de conversations fournies et riches de doubles sens. Burning Days traite aussi, avec un certain courage, de l'homophobie rance d'un pan non négligeable de la population de même que du pouvoir de nuisance et de manipulation des notables locaux, à travers un sujet aussi essentiel que l'approvisionnement en eau, pour les régions les plus reculées de Turquie. C'est dur de s'ériger en justicier dans une ville où la majorité des habitants obéit à la loi des plus puissants, sans chercher à savoir si ces derniers ont les mains propres.
Ninideslaux
Ninideslaux

105 abonnés 284 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 avril 2023
​         Il y a longtemps que je n'avais vu un film aussi prenant, aussi angoissant, aussi poisseux que celui du (encore) jeune Emin Alper, peu connu en France à mon sens. Il n'a pas du plaire à tout le monde en Turquie, j'imagine, tant il dresse des moeurs de ce pays un tableau.... désespérant. Bien sûr, on peut lui reprocher des petites choses par ci par là, un peu trop de maniérisme dans sa façon de mélanger des scènes réelles ou imaginées, des lieux; et puis des personnages secondaires quand même caricaturaux, et peu individualisés. Mais le résultat global classe quand même le film dans les cinq étoiles! 
      Ca commence par une scène de cauchemar. Un sanglier affolé court dans les rues d'une petite ville. Derrière lui, des voitures avec des hommes armés qui tirent en l'air, et toute une bande de jeunes du village, courant et hurlant. Des jeunes, enfin des mecs quoi: vous ne verrez pas une femme. A part celle par qui le scandale arrivera. Et, un peu plus tard, une trainée de sang: l'animal mort est traîné en triomphe par une voiture. Apparemment, ils ne cherchent même pas à le manger.... A partir de ce moment là, tu flippes!!!
      On est en Anatolie, terre d'une beauté désespérée, terre et poussière autour de deux petits lacs marécageux. Le problème de l'eau est obsédant  Parfois, rien ne sort du robinet. Mais le maire arrive avec son camion citerne et c'est la distribution générale! Alors, tout le monde veut le réélire, ce bon maire, surtout, sans se préoccuper de la façon dont la la citerne a été remplie. Il faut le réélire, cet homme, son prédécesseur ne faisait rien... 
        Mais depuis quelque temps, des effondrements se produisent, formant des sortes de cratères circulaires, des dolines plus précisément. Typiques des sols karstiques, elles témoignent d'une déstabilisation du sous sol  -par exemple s'il y a une disparition d'une nappe phréatique à cause d'un pompage abusif? 
        Il y a beaucoup de rats aussi; le dératiseur met du poison partout, y compris dans la huche à pain...
        Et là dessus, il arrive Emre (Selahattin Pasali), le procureur fraichement nommé (son prédécesseur s'est évaporé dans la nature..), tellement moderne, tellement citadin, tellement sûr de lui! Et le spectateur pressent qu'il est un peu frais, un peu trop perdreau de l'année pour survivre dans cet univers sauvage, loin de tout, qui a établi ses propres règles. Le procureur, c'est en quelque sorte le représentant de l'état dans le village; le commissaire de police doit être à ses ordres. Tout naturellement, son premier acte est de verbaliser les chasseurs qui tiraillaient à tort et à travers (mais on sait ce qu'on fait! on sait viser! et puis c'est toujours comme  ça qu'on fait la fête!): c'est dangereux, et puis c'est la loi. On ne tire pas de coup de feu en ville! Il y a là, entre autres, un avocat, le fils du maire...
        Il y a donc deux échéances qui se profilent: la réélection du "bon" maire; et le procès qui va s'ouvrir pour la gestion de l'eau
       Emre accepte cependant une invitation à diner avec la petite bande, il boit beaucoup trop, et c'est du raide (c'est du raki local, qui doit être l'équivalent de notre calva fermier..); peut être même a t-il été drogué? En tous cas, il est à leur merci. 
        A cette fête s'invite Zeynep (Selin Yeninci), une bohémienne, une fille un peu simplette de celles dont on dit "elle l'a bien cherché" Car aller danser, se déshabiller au milieu de cette bande de brutes avinées, ça ne peut que mal finir... par un viol par exemple. Et quand j'ai dit qu'elle était la seule figure féminine, ce n'est pas tout à fait exact. Il y a aussi madame la Juge, épouse du médecin de l'hôpital, couple moderne et, lui aussi, d'apparence très citadine qui a choisi (lâchement? sagement?) de ne pas rentrer en conflit avec la canaille au pouvoir.
        Pendant qu'Emre cherche à faire revenir des souvenirs confus, qui tournent, qui évoluent, dont le spectateur ne saura jamais lesquels sont réels, lesquels sont fantasmés, il trouve un allié de circonstance, le journaliste Murat (Ekin Koç) qui possède le journal d'opposition municipale hérité de l'ancien maire, détesté par tous, parce qu'il représente le seul visage de l'opposition et passe pour fonctionner à la voile et à la vapeur. Une petite chasse à l'homme en Bavière, ça vous irait pour terminer?
      C'est un film fort, envoûtant, anxiogène, terrible, et au delà de son message politique, il y a une virtuosité filmique digne des plus grands. Une terrible beauté de l'angoisse...
A ne pas rater surtout!!
Djifunk
Djifunk

38 abonnés 170 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 avril 2023
Un film ou la tension s'insinue crescendo pour atteindre son paroxysme à la fin. Impossible de savoir jusqu'où cela va noué mener mais le rythme nous tient en haleine jusqu'au final qui peut frustrer. les acteurs sont excellents et ambigus.
Pierru M
Pierru M

21 abonnés 70 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 avril 2023
Une grande réussite tant sur le scénario que dans la mise en scène. Cela m'a un peu fait pensé au cinéma de Serogoyen. Plus que recommandé.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 567 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 septembre 2025
Ai vu le magnifique film turc "Burning days" du réalisateur Emin Alper. Je ne savais strictement rien de ce film avant de le voir, si ce n'est sa nationalité et j'aime beaucoup le cinéma turc toujours très innovant. Formellement c'est un très beau film aux cadrages très éloquents, la photographie est superbe, la mise en scène fluide et très bien construite (enchainement de certaines séquences, position et mouvements de la caméra) un superbe travail sur le son. Pour le fond ce film est une allégorie de la Turquie actuelle sous le joug de son dictateur Erdogan. Un jeune procureur, Emre, prend ses fonctions dans une toute petite ville d'Anatolie. Très vite il est le spectateur et l'acteur des malversations, de la corruption, de la terreur, de la manipulation exercées par le Maire. Un journaliste, Murat, va lui servir de lanceur d'alerte. Avec un suspens qui va crescendo ce thriller politique est construit sous forme de 4 chapitres. On peut lire ce film également comme la presse (Murat) et l'opposition (Aime) dans une relation d'attirance qui fait face au totalitarisme et l'oppression (Sahin). Mais qui manipule qui ? Dans quel but ? Comment exercer le pouvoir que l'on détient tout petit soit il ? Selahattin Pasali est extraordinaire dans son interprétation du jeune procureur, sa palette de jeu est très large et toujours subtile. Le film commence au bord d'un gouffre et le spectateur plonge de suite dans cette parabole étourdissante et effrayante. Le scénario va de rebonds en virages à 360 degrés. Plus Emre enquête plus le piège se resserre. Fable sur la montée du populisme et l'effondrement de la démocratie. Réjouissant cinématographiquement et glaçant par ce qu'il dé VOIR ABSOLUMENT.
Bernard F
Bernard F

35 abonnés 82 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 avril 2023
Excellent film. Un jeune procureur qui fait preuve de fermeté dans son travail mais s'avère très naïf en dehors de son bureau tombe dans un piège qui va se refermer sur lui..Nouvellement nommé dans une petite ville de province il tente de résoudre une affaire de viol, autour de personnages pas très nets, avec des us et coutûmes qu'il tente de faire stopper. Un film assez sombre dont le dénouement reste un mystère.
isabella22
isabella22

5 abonnés 11 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 avril 2023
Il faut lire les très bonnes critiques des cinéphiles, je dirai simplement que ce film m'a marqué profondément, captivant d'un bout à l'autre. Eprouvant. La fin sibylline est sans doute une métaphore, qui surprend tout de même.
Yves G.

1 845 abonnés 4 018 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 avril 2023
Emre, un jeune procureur, est nommé dans un petit bourg au fin fond de l’Anatolie. Les élections municipales s’y préparent alors que la canicule et la pénurie d’eau y échauffent les esprits. Invité à dîner chez le fils du maire, Emre, assommé par l’alcool et peut-être drogué, sombre dans l’hébétude. Au matin, il apprend que la jeune gitane qu’il a croisée à ce dîner a été violée.

"Burning Days" est un film qui dénonce la corruption des élites en Turquie. Il emprunte pour ce faire, avec une redoutable efficacité, la forme du polar, mettant en scène un juge qui mène une enquête sur un crime auquel il a peut-être été associé. La recherche du criminel par la police va de pair avec les tentatives désespérées du procureur de reconstituer le souvenir de cette nuit chaotique.

Le problème de "Burning Days" est que le polar devient tellement captivant que la dénonciation des élites corrompues se réduit finalement à un prétexte ou à une toile de fond.
Autre défaut de ce film : son rythme pas assez nerveux qui étire sur plus de deux heures une intrigue qui aurait été diablement plus efficace si elle avait été réduite d’un quart.
FaRem

10 571 abonnés 11 448 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 mai 2023
« Il y a beaucoup d'animosité ici. » Lorsqu'il arrive dans la ville où il va prendre son poste de procureur, Emre assiste à une scène avec des gens qui se comportent littéralement comme des sauvages. Si le reste du film se déroule plus calmement, ça n'empêche pas les coups bas et les trahisons. Notre jeune procureur va réaliser que l'amabilité peut cacher de mauvaises intentions... Si le début est prometteur, j'ai été surpris de découvrir un scénario totalement cousu de fil blanc. Il n'y a pas d'ambiguïté chez les personnages, on lit donc immédiatement leurs intentions malgré leur gentillesse et de faux sourires. Ça manque de complexité au niveau du récit avec même de la maladresse dans le traitement des thèmes et de nervosité au niveau de la mise en scène. Au final, un film un peu trop tranquille qui m'a laissé sur ma faim.
Joce2012
Joce2012

262 abonnés 750 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 avril 2023
Très bon film qui nous tient en haleine du début à la fin dans ce village turc où il ne fait pas bon vouloir changer les coutumes, très bonnes interprétations
Bart Sampson

414 abonnés 850 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 avril 2023
Plongée hypnotique au coeur des méandres de la société Turque, "Burning days" peut être vu comme un combat entre le bien ( la justice et la vertu ) à et le mal ( la corruption et le vice).

La scène d'ouverture mettant en scène une chasse au sanglier est une des nombreuses images mettant en scène une violence masculine et ancestrale.

Emre, un jeune procureur déterminé et inflexible, vient d’être nommé dans une petite ville reculée de Turquie. À peine arrivé, il se heurte aux notables locaux bien décidés à défendre leurs privilèges par tous les moyens, même les plus extrêmes.

Drogué contre son grès, Emre va devoir se battre sur deux fronts :
- lutter contre la corruption endémique autour de l'acheminement de l'eau à une petite ville du fin fond de la Turquie et qui débouche sur du clientélisme au profit du maire sortant qui rationne la population à coup de tankers gorgés d'eau potable
- faire condamner les personnes coupables d'avoir violé une jeune gitane et qui font placer une suspicion de complicité sur la tête du jeune procureur.

Emre pourra compter sur l'aide d'un jeune journaliste d'opposition avec lequel se nouera une amitié masculine des plus ambiguës.

Voici le chaudron brulant de ce thriller social et politique dont la fin démontre s'il ne fallait le démontrer qu'un fossé séparera toujours l'honnête homme du corrompu.

Fascinant
O.M.A.
O.M.A.

10 abonnés 134 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 avril 2023
Un film passionnant, superbement filmé et interprété.
Un sujet brûlant d'actualité, l'eau... à moins que ce soit la corruption? bref, l'intérêt général malmené.
Un héros magnifique, quoique sans autre pouvoir que son intégrité et sa dignité. Davantage qu'un personnage auquel s'identifier : un vrai modèle à suivre (ce qui ne court pas les rues actuellement).
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