Clairement, le film lorgne sur le président Erdogan et sa politique discutable, et dénonce par là même la corruption des élites. Le premier quart d'heure instaure une atmosphère pesante et inquiétante voir même malsaine où le procureur tente d'imposer son style et ses intentions dans des décors digne d'un western. La césure, le rebondissement est une scène de repas qui est à la fois l'une des plus réussies du film et celle qui paraît peu plausible. Niveau malaise, inquiétude, cette scène impose un climax qui nous dit que rien ne sera anodin durant ce dîner qui s'éternise. Mais le procureur nous est montré plutôt comme un homme droit, solide et professionnel ce qui ne correspond en rien à ce qu'on voit de lui dès le début de ce repas. Pas très cohérent. C'est à partir de ce passage que le récit va se focaliser sur l'affaire du viol, le procureur va s'y atteler tandis que les éboulements, ou la pénurie d'eau devient complètement accessoire. Dommage. Ainsi la métaphore anti-politique d'Ergogan perd de sa puissance et de son acuité. Malgré ce côté bancal, ça reste un film prenant, qui monte en tension de façon méthodique et un récit très efficace. Site : Selenie.fr
Présenté en sélection Un Certain Regard à Cannes, "Burning Days" s'impose comme un thriller judiciaire et politique captivant, explorant les ramifications de la corruption et des intrigues au sein d'une petite ville à travers le prisme d'un jeune procureur. Le soin apporté à la mise en scène confère au film turc une atmosphère évoquant celle d'un western, renforçant ainsi la paranoïa qui enveloppe le protagoniste central.
Je me rappelle bien du cinéaste turc Emin Alper et de son film « Derrière la Colline » ; œuvre intrigante et atypique sortie dix ans auparavant. J’étais donc curieux de voir ce que donnerait « Burning Days » d’autant que son synopsis était des plus alléchants.
Dès le début et jusqu’à la dernière seconde, je fus bluffé par la qualité de la mise en scène, la capacité du réalisateur à poser l’ambiance adéquate et les prestations des différents acteurs. En revanche, le scénario m’a moins emballé. Si le pitch de départ promettait du bon, son traitement m’a nettement moins convaincu. Une bonne partie du film, je n’ai pu me départir d’une sensation de redondance dans la narration. De plus, si les lenteurs sont nécessaires ici, il n’y a qu’un pas, souvent franchi, pour qu’elles se transforment en longueurs. Un effet accentué par des scènes s’étirant, à mon sens, inutilement.
Un long métrage toutefois appréciable dont on appréciera en plus la dénonciation de la corruption en Turquie, les magnifiques paysages, le dépaysement,… Par contre, je n’ai absolument rien pigé à la dernière scène...
Un thriller politique haletant et étouffant, à la tension montant crescendo, qui suit l'arrivée d’un jeune procureur idéaliste dans la Turquie profonde, confronté au système mafieux des notables locaux. 3,75
Après avoir lu quelques critiques élogieuses, je pensais voir un excellent film turc. Belle déception car je lui trouve pas mal de défauts. Déjà le personnage du procureur me pose problème. Qu'il soit très jeune passe encore car il faut bien débuter quelque part sa carrière. Seulement, il a beau avoir une certaine autorité, quel manque de professionnalisme ! Ne pas savoir garder ses distances avec des notables cherchant à vous séduire pour vous compromettre est une véritable faute. Ensuite, la réalisation est maladroite. Elle traîne à certains moments et lasse le spectateur, en particulier au repas qui s'éternise et devient pénible. A d'autres moments, elle néglige les étapes explicatives pour déboucher sur la scène finale. Sinon, il y avait une très belle originalité due aux effondrements de terrain mais c'est sous exploité avec une fin à l'arrache. Si le film n'a pas plu à Erdogan, il me semble qu'il n'y a rien d'exceptionnel dans la situation qui peut exister dans un autre pays. Si tout dégénère, cela vient surtout des erreurs commises par un jeune procureur imprudent et inexpérimenté.
Un jeune procureur urbain débarque dans une petite ville d’Anatolie pour exercer son métier. La tache va être plus que compliquée pour celui qui pense que faire appliquer le droit de partout uniformément est possible en Turquie. Très vite, il va se heurter aux notables du coin bien décidés à ne pas laisser un blanc bec de l’intelligentsia remettre en question des pratiques politiques, rites et corruption bien ancrés dans les usages locaux… voir même acceptés par la population. Ce film projeté à Cannes en 2022 dans la section « Un certain regard » à quelques mois de l’élection présidentiel turque est un brulot contre un régime corrompu dans lequel les oppositions et la presse sont muselés. En modèle réduit, dans ce bourg perdu au milieu des montagnes, la difficulté de faire appliquer l’ordre est bien pointée du doigt : la juge n’est pas prompt à faire appliquer la loi, le maire est une sorte de monarque local, le journaliste est en fait le leader de l’opposition,… Notre procureur est vraiment tombé dans un nid de crabe. Petit à petit, l’étau se resserre autour de lui et le film tourne au thriller politique. Pris dans un traquenard, lui qui se veut irréprochable n’est peut-être pas le chevalier blanc qu’il comptait être. Dans ce monde sans pitié, son intégrité physique est de plus en plus sur la sellette. La tension monte dans un crescendo impitoyable pour donner un film haletant ; c’est un cauchemar éveillé mais pas que… Le cauchemar a proprement parlé fait office aussi de fil rouge tout au long du film. Ce mécanisme narratif s’épuise même un peu dans la seconde moitié du film. Pour la dénonciation de la corruption des élites, de leur violence extrême via à vis de leurs opposants ; pour la paranoïa dénoncée dans ce pays autoritaire ; c’est un incontournable de l’année. Un film courageux bien entendu porté par une réflexion glaçante. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Thriller haletant, Burning Day dépeint avec force une société turque divisée, au sein de laquelle se construisent des jeux de pouvoir et d'influence profonds. On y observe de multiples oppositions, entre ville et campagne, entre modernité et traditions, entre ordre et despotisme. L'ambiance installée au fil de l'œuvre masque parfois une écriture un peu approximative, notamment les personnages qui manquent de profondeur, et leurs enjeux parfois peu clairs. La conclusion peut laisser penser à un choix de facilité, ne prenant pas forcément la peine de clôturer tous les axes narratifs. Mais Burning Days n'en demeure pas moins un film intéressant qui vaut le coup d'être découvert.
Une fois de plus je vais manquer d'objectivité ,car j'adore le cinéma turc depuis fort longtemps ,et ne connaissait pas ce metteur en scène Donc j'ai beaucoup aimé l'histoire, les 2 acteurs principaux ont un charisme magnifique ,l'histoire est prenante et on connais en principe la fin du film Petite bourgade écrasée de chaleur, Emre débarque comme jeune procureur mais va vite déchanter fasse à la corruption du maire et de beaucoup trop de gens et va être entrainé dans une spirale que lui même n'a pas voulu ,mais pas plus contrôler non plus rien n'est facile seul face à lui même
Un jeune procureur est envoyé en province pour régler mes affaires de son prédécesseur. Le film est un thriller psychologique et politique sur la vie en Turquie. La réalisation élégante permet de suivre avec grand intérêt les aventures de ce jeune procureur. La gestion des flashs back et l'imbrication des histoires est un modèle du genre. Les acteurs sont tous exceptionnels. A voir absolument.
Bon suspense mais scénario assez alambiqué avec une succession de flashbacks qui rendent le film assez confus. On passe un bon moment même si on ne comprend pas tout....
Burning Days - les difficultés d’un homme de lois face à la corruption. On se retrouve en pleine campagne avec ses traditions et ses rigueurs et cette famille ancestrale qui refuse de perdre sa dominance. Le juge qui lutte. Sur le thème me plaît, sur l’histoire et le milieu, un peu moins 3,3/5
Même si la fin se finit sur plusieurs pieds de nez, on se fait emmener par le récit et son rythme assez prenant, avec une dramaturgie fébrile et progressive, et un scénario qui égare volontairement le spectateur sur de mauvaises pistes. De bons acteurs, une mise en scène très maîtrisée. A voir sans retenue.
Un thriller politique venu de Turquie évoquant comment un jeune procureur parachuté dans un village reculé va se retrouver impliqué dans des évènements imprévisibles. Ce récit, reflet d’une Turquie en proie au conservatisme déploie une mise en scène remarquable dans son découpage montant ainsi progressivement en tension osant même flirter avec le fantastique.
Traiter du sujet de la corruption en Turquie est à l'origine une bonne idée, mais le scénario est mal ficelé, brouillon et le spectateur s'y perd un peu. Le film met beaucoup de temps à démarrer, fait preuve de beaucoup de lenteur et est finalement peu original. J'ai même crû à un moment que l'objectif était de faire un maximum de placement de produit pour Hyundai...
Nommé dans une petite ville de Turquie, un jeune procureur va devoir composer avec la population locale et notamment les notables (avocat, dentiste...). Emre va dans un premier subir des pressions à peine déguisées, puis se retrouver au coeur d'une soirée arrosée où une jeune femme tzigane est violée. Emin Alper signe un film où il n'épargne pas son pays, entre politiciens corrompus et relents nationalistes, on oscille entre thriller et chronique sociale. On sort de cette projection assez secoué par cette oeuvre haletante et dérangeante sur la "Turquie des villages" qui ne veut pas se faire dicter sa loi par un "citadin".