C’est une farce politique, qui devient criminelle. Un imbroglio psychologique pour le jeune procureur confronté à l’enquête dont tous les éléments peu à peu le ramènent à se présence sur les lieux du drame. Qu’aurait-il fait ? Des preuves ? Des témoins ? Kafka n’est pas mort. Et un jeune réalisateur turc, bien vivant, se charge d’en rappeler l’existence dans la description peu amène de l’administration régionale de son pays, où la corruption est inscrite en évidence au fronton de la mairie. Si on tente d’y mettre un frein, l’hystérie populaire se charge de ramener le bon apôtre à des fonctions plus discrètes. C’est tout le dilemme du représentant de l’Etat, embrigadé dans un système qu’il va complètement brouiller au cours d’une fête nocturne dont il n’a guère de souvenirs. C’est tout l’à-propos de ce film aux multiples échos qui vire très finement vers un thriller angoissant. Le malaise étrange qui s’empare du spectateur fonde une intrigue encore plus excitante. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Un thriller intelligemment politique, qui brosse un tableau peu glorieux d’une petite ville turque et probablement, par extension, de la Turquie : pouvoir politique abusif et populiste, corruptions, violences, homophobie… Le réalisateur s’applique à poser un cadre délétère, où les sols s’affaissent en gouffres vertigineux, où l’eau ne coule plus au robinet, où les rats investissent les vieilles maisons, où les notables se plaisent à traîner des sangliers ensanglantés dans les rues de la ville. Un climat inquiétant : tout en chaleur moite et en tensions psychologiques. Le petit jeu narratif lié à la perte de mémoire du personnage principal et, globalement, l’expression récurrente d’un trouble ou d’une ambiguïté concourent également à serrer toujours plus fort l’étau dramatique. Belle efficacité de scénario et de mise en scène, dans un registre à la fois étouffant et glaçant.
Un thriller social bien construit et prenant, qui croise habilement les enquêtes sur un enjeu collectif, les effondrements de terrains et sur un enjeu individuel, le viol d’une jeune gitane simplette. L’ambiance de la petite ville provinciale d’Anatolie est prégnante, servie aussi par des images d’extérieurs superbes, tout comme le cauchemar vécu par le procureur, malgré une surutilisation des flashbacks dommageable à la fluidité du film. Sont fortement dénoncées les errances de la société comme le clientélisme politique et le populisme simpliste, qui débouche sur la violence collective et expéditive ; face auxquels certains résistent, comme l’exprime la fin très symbolique de ce remarquable film.
Film plein de bonnes intentions. Mais qui manque terriblement de vigueur. On s'enlise dans des scènes interminables. Dénoncer les abus et saloperies de petits nantis de province, c'est bien, à condition de faire une mise en scène dynamique ! La lenteur du développement de l'intrigue et les multiples retours en arrière brumeux, m'ont découragé de regarder le film jusqu'à la fin. C'est dire l'ennui qui gagne malgré l'envie de connaitre le dénouement. J'ai failli m'endormir...
Lire la critique complète ici : https://doisjelevoir.com/2023/05/06/burning-days-une-lutte-contre-la-corruption-politique-en-turquie/
"Burning Days" met en lumière la pénurie d'eau problématique en Turquie et les dolines en Anatolie centrale. Le film aborde également la corruption en ville et la lutte du procureur pour la justice. Cependant, l'aspect thriller lié à l'enquête sur le viol s'avère peu intéressant et alourdit le récit avec des flash-back. Ces éléments distracteurs éloignent du sujet central du film : la pénurie d'eau et la corruption. Malgré cela, Selahattin Paşalı se distingue dans le rôle du procureur déterminé à combattre la corruption. Son jeu d'acteur est renforcé par les interactions avec les autres personnages, contribuant à la complexité de l'histoire. Du maire à la juge en passant par le journaliste, les membres de la sphère de pouvoir enrichissent le récit. L'ensemble crée une tension palpable qui ajoute une profondeur à la critique sociale du film. "Burning Days" offre ainsi un portrait puissant d'une partie de la Turquie et de ses enjeux sociaux. Malgré ses faiblesses, le film réussit à captiver grâce à sa représentation de la quête de justice et de la lutte contre la corruption.
Raaaa cette fin frustrante à souhait ! Qu'elle puisse être ouverte ne sera pas un problème mais qu'elle fasse une impression de "la suite au prochain film" désert le film! Car sinon Burning Days est assez brillant, critique d'un société corrompu et conservatrice dans laquelle le jeune procureur, attachant, tente la justice. Mystérieux et percutant, le film est vraiment réussie, en dépit de cette fin...
Emre est présenté comme un jeune procureur dont la détermination et l'intégrité préoccupent une petite ville turque, ses traditions et ses notables. Pour entrer dans ce thriller à la mode turque, il faut en accepter la lenteur initiale puis ses contours et détours plus ou moins utiles et, surtout, la naïveté coupable avec laquelle le procureur se fait piéger et se trouve désormais en mauvaise posture pour assurer sa mission. Rien de très spectaculaire dans ce film en termes d'action. Et, à ce propos, on verra surtout, dans la séquence finale mouvementée, la seule du film, une métaphore sur l'état de la société turque. Le film impose un suspense plus ou moins prenant lié à la situation du procureur et aux tentatives d'intimidation qu'il subit, et suggère quelques ambiguïtés. Sans doute le scénario n'est pas aussi efficace qu'il le faudrait et les personnages pas aussi forts et singuliers qu'attendu. J'attendais, à tort parce que ce n'est l'objet du film d'Emin Alper, un approche plus naturaliste, plus ample, de la société turque et de ses habitants. A la façon d'un Nuri Bilge Ceylan.
lent , ennuyeux , convenu ,la mise en scène est beaucoup trop "visible".Un mélange de tous de tous les thèmes a la mode , les intolérants, les gitans , le viol ,l' homophobie ,les chasseurs , y en a pour tout le monde .Malgré cela la petite ville est inexistante . Pour le reste déjà vu et revu .( Les élus, le pouvoir des notables ...)
Film un peu bizarre où le personnage principal, juge et gardien de la loi se trouve confronté à des notables un peu louches et doit faire face à des pièges savamment orchestré. En Turquie certes mais ayant un caractère général.
L'innocent (au vrai sens du terme) procureur (un peu trop naïf à mon avis) voulant faire plier les puissants potentats locaux...une histoire d'eau qui manque cruellement aux habitants ordinaires (problème qui pourrait nous arriver) font de ce film un moment tendu même si la fin un rien surnaturelle déçoit un peu.
Il aurait pu aller plus loin ! C'était très sympathique et l'histoire marche et on est pris. La mise en scène nous fait bien ressentir cette ambiance désagréable de cette petite ville. Il est assez subtil dans sa manière de ne dresser le héros non plus comme un héros. Tout le monde semble pourri même le journaliste. C'est assez intéressant de voir autant de personnages instables et de n'avoir aucun point de repère dans ce complot tarabiscoté. C'est un joli fiasco qui semblerait parle de vrais sujets : le manque d'eau dans certaines régions, la place de la religion, de l'homosexualité, la chasse excessive, la justice face à la politique, les ambitions, la province/citadin, les gitans, la police... Ça fait beaucoup et pourtant je trouve que le film navigue bien entre tout ces pôles et ce surplus de problème rajoute à l'ambiance pesante du film. Une ambiance chaude, sombre, sans non plus trop d'esthétisme déplacé. Mais le film ne vas pas assez loin. Il n'a rien de choquant. Il n'a rien non plus de trop sentimental. On aurait aimé que la relation procureur/journaliste aboutisse (peut être effet de la censure turque) ; qu'il y ait un drame en plus. La fin nous laisse littéralement sur notre fin et elle fait plutôt grotesque au final. Pourtant il aurait pu raccourcir certaines scènes pour nous proposer quelque chose en plus... Donc un film en demi-teinte qui a le mérite d'explorer de nombreux sujets importants.
Très bonne surprise. On n'arrive pas à savoir ce qu'il c'est réèllement passé, qui manipule qui dans cette Turquie profonde conservatrice. Beaux paysages, Acteurs et scénario au top, spoiler: meme si on aurait aimé avoir la confirmation de qui a violé Pekmez et ce qui se passe ensuite à la fin .
bon thriller turc où la tension monte progressivement. si le postulat de départ n'est pas forcément totalement crédible et que le coup est peut-être légèrement trop long, la fin rappelle les objectifs politiques du cinéaste.