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Couidie
1 critique
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5,0
Publiée le 28 février 2024
Grand moment d'émotion, de beauté, de délicatesse mais aussi de modernité. Karin Viard incarne une femme puissante gouvernée plus par la peur que par un véritable amour qui s'effacerait devant sa fille. Ana Girardot (Mme de Grignan), fille de la Sévigné, est profondément juste dans ses atermoiements et ses rebellions. Noémie Lvovsky est aussi profondément sincère et donne une clé de compréhension de l'histoire de la relation mère-fille (sans doute pas la seule) dans une petite scène incisive. On ne sent pas le temps passer. Le film coule comme un fleuve puissant et tortueux. Bravo aux deux auteurs de cette adaptation réussie de la célèbre correspondance de Mme de Sévigné.
Très joli film, fin et délicat, avec une esthétique formelle réussie. Les personnages, Mme de Sévigné et sa fille, très justement interprétées, s’aiment et se confrontent à l’excès et se faisant, transforment cette impossible séparation en littérature, elle-même, personnage à part entière du film. Se dégage l’esquisse moderne d’une femme idéale entre art, iberté et amour. Image, musique, costumes, mise en scène, tout concourt à cette réussite.
Trés bon jeu d'actrices qui met en exergue une relation mère/fille excessive, limite toxique, nous permettant de découvrir ces célèbres lettres, joyau de notre patrimoine littéraire
Je ne suis pas sûre d'avoir bien compris ce film... Quelle en était la colonne vertébrale? Faire entendre des extraits des lettres de la célèbre épistolière? Dépeindre une relation complexe mère / fille? Évoquer la difficulté d'être une femme au 17ème siècle?
Certains passages sont caricaturaux (ok en Provence, il y a des cigales...), d'autres plus finement ciselés. C'est le milieu du film qui m'a intéressée : spoiler: ce moment de bonheur en Bretagne entre un fils "à bonne distance" de sa mère, et une jeune fille d'origine sociale pauvre qui cherche à appendre ou se cultiver auprès d'une aristocrate qui s'attache à elle. Ou le plan avec Bussy et le magnifique chêne...
Pour le reste, je suis passée à côté du film et n'ai pas bien tout compris. Je me suis même presque ennuyée, malgré la beauté des étoffes. Je n'ai pas réussi à voir Mme de Sévigné en Karin Viard, seuls les personnages de Charles et de "la jeune personne" m'ont retenue.
J'ai conscience que la réalisatrice a axé le film uniquement sur la relation particulière (surtout à cette époque) de Madame de Sevigné et de sa fille. Cependant, en occultant les joutes de ces esprits brillants, les relations mondaines, la vie des salons elle réduit Mme de Sévigné à une mère possessive jusqu'à l'obsession en ne tirant de ses lettres que ce qui relève de cet amour. Pas un mot sur cette peinture de la société qui permettait à sa fille Françoise de vivre à Paris par procuration et qui a fait la renommée de Mme de Sévigné en tant qu'épistolaire. J'ai aussi noté que la réalisatrice a pris une certaine liberté d'interprétation mais tout de même! Dans le film, tous ces ressentiments, ces reproches, le fondemant de leur relation prend naissance quand Louis XIV aurait tenté de presque violer Françoise et pour sauver la réputation de sa fille, Madame de Sevigné lui impose ce mariage qui va provoquer leur éloignement. En vérité, Françoise a épousé Mr de Grignan 7 ans après que Louis XIV ait tenté de la séduire en vain. Ennuyeux car les échanges sont faussés sur le fond. C'est mon avis mais d'autres diront que cela importe peu, ce qui comptait pour la réalisatrice c'etait de montrer l'intensité de cette relation excessive, jalouse, toxique. Je n'avais pas perçu la folie obsessionnelle de cet amour maternel avant ce film, est ce aussi une interprétation de la réalisatrice?
Ce film illustre parfaitement les affres de la relation toxique mère-fille. On comprend en partie les décisions de la mère dues aux obligations de l'époque (trouver un bon époux, se faire une place à la cour), mais ce qui en ressort le plus c'est l'exacerbation des différents sentiments (l'amour, la jalousie...).
Madame de Sévigné est un joli film d'époque qui confronte deux grandes actrices, Karin Viard et Ana Girardot. La reconstitution du XVIIème siècle est minimaliste (beaucoup de scènes en pleine nature) avec des costumes assez réussis. Dommage de ne pas avoir donné plus de corps à cette relation épistolaire qui a fait de Madame de Sévigné une écrivain après que les lettres ont été rendues publiques. On assiste surtout à la relation complexe entre ces deux femmes, l'une éprise d'indépendance, et l'autre préférant jouer son rôle d'épouse. Madame de Sévigné se veut libre, mais est finalement entravé par son attachement à sa fille. Il est dommage que la supposée toxicité de la relation soit davantage exposée dans les dialogues que montrée par les images.
Karin Viard et Ana Girardot reviennent magnifiquement sur le devant de la scène et assument cette part de l’Histoire épistolaire qu’Isabelle Brocard met en scène sans forcément se préoccuper du fond du sujet. Mais c’est la manière dont ces écrits parviennent sur le papier, leurs inspirations qui mènent les ébats parfois houleux entre mère et fille dans une mise en scène conforme au film d’époque et costumes . Dans sa réalisation à peine classique, la cinéaste rend très accessible l’univers du roi soleil même si parfois les carrosses donnent l’impression de passer derrière le même rideau d’arbres. Un manque de moyens peut-être. On va alors à l’essentiel, au dépouillement d’un récit âpre et sans détours sur les correspondances féminines, prétextes à effusions et sentiments. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Un film intéressant remarquablement bien joué et documenté. Le film fait revivre cette époque, donne au genre épistolaire ses "lettres de noblesse" et explore une relation mère fille aussi riche que complexe. Madame de Sévigné est donc à voir et ...à lire.
Une belle reconstitution et un casting féminin de qualité pour une histoire littéraire et épistolaire assez perturbante. Une relation mère-fille si toxique qu'il n'est presque plus possible de dire laquelle "empoisonne" l'autre. Malheureusement, le contexte littéraire n'est pas suffisamment passionnant pour trouver un intérêt à cette histoire de famille malsaine. Une bonne surprise au générique : le sublimissime Corpus Christi Carol de Jeff Buckley.
Le film est fidèle à l'histoire. La relation possessive et conflictuelle entre la mère et la fille. La mère et la fille ne sont pas très ressemblantes aux portraits orignaux que l'on peut voir contrairement aux personnages secondaires. Les décors, la lumière sont très bien travaillés. Certains plans sont de véritable tableau . La durée du film est idéale et aucune longueur. J'ai bien aimé.
Qui va doucement va longtemps.. est-ce la minceur du scénario qui impose ce rythme de sénateur hydropique ? On monte en épingle la relation un peu tendue entre les Sevigné mère et fille. Viard et Girardot sont bien, mais les dialogues souffrent de la lecture répétée des célèbres lettres ..ce qui ralentit l’action. On est heureux de croiser la Rochefoucaud, Bucy Rabutin, et même sa Majesté le roi Soleil, hélas ces personnages sont juste esquissés. Au bout du compte un manque de chaleur.. c’est finalement le spectateur qui souffre le plus dans ce petit drame .
Une belle reconstitution de la relation à la fois fusionnelle et toxique entre une mère, célèbre, et sa fille. La réalisation est sobre et les deux actrices portent avec talent ces figures historiques. Cette relation a permis à la Marquise de Sévigné de signer des lettres grâce auxquelles elle démontrait ses talents d'écrivain. Un bon film historique.
Deux magnifiques actrices au service d’une histoire plus vraie que vraie. Mesdames de Sevigné se torturent de leur amour trop fort et trop protecteur. Décors et costumes excellents, comme la lumière et la musique.