Un couple et ses deux enfants s'apprêtent à pique-niquer dans un coin isolé et magnifique de Nouvelle-Zélande. Deux inconnus viennent interrompre la quiétude de leur repas...
Ouch ! On avait beau savoir que la mauvaise rencontre allait être inévitable dans le climat habituel de survival que "Coming Home in the Dark" installe mais la brutalité de celle concoctée par son réalisateur James Ashcroft plonge d'emblée le long-métrage dans des sommets de noirceur et de tension comme on croise rarement ! L'espèce de road-trip nocturne malsain qui va s'ensuivre enfoncera d'ailleurs encore un peu plus le film dans ces ténèbres, certaines informations vont en effet faire évoluer la nature de cette rencontre forfuite afin de dévoiler le visage d'une Nouvelle-Zélande dite "civilisée" qui a trop longtemps préféré éluder la cruauté des ses actes passés plutôt que de les reconnaître et les assumer. Évidemment, ceux qui font ici office de victimes vont se retrouver confrontés directement à cette rage vengeresse qui ne demande qu'à être assouvie à la hauteur des dommages irrémédiables subis.
Plutôt inattendu sur la réelle teneur de l'affrontement en train de se jouer (dont le mystère est bien entretenu par les personnalités dichotomiques des deux bourreaux, l'un affable et capable du pire à tout moment, l'autre mutique et plus passif mais pas moins imposant), "Coming Home in the Dark" fait preuve d'une intensité implacable à chaque fois qu'il fait un pas en direction de sa révélation, accompagné d'une possible nouvelle explosion de fureur et/ou l'évocation de traumatismes psychologiques sous forme de bavardages en apparence futiles. Le problème, c'est qu'une fois les cartes de son jeu révélées (et cela arrive assez vite), la tension du film ne va finalement faire que s'étioler sur la durée. Attention, "Coming Home in the Dark" va tout de même se montrer toujours cohérent sur le chemin douloureux parcouru par ses personnages et offrir quelques moments d'une froideur saisissante en écho à ses prémices mais l'ensemble va peu à peu faire appel à des rouages bien plus classiques du survival (des tentatives de fuite maladroites, des tueurs qui se mettent bêtement en difficulté, etc) jusqu'à trop étirer ce road-trip vers des virages trop évidents et tourner en rond jusqu'à une conclusion qui ne laissera plus guère de place au moindre étonnement chez le spectateur.
En définitive, cette ballade meurtrière en territoire néo-zélandais donnera l'impression d'avoir placer la barre très haute durant son excellente première partie sans hélas avoir ensuite les ressources nécessaires d'inventivité pour maintenir le film à ce niveau. Dommage car l'ambiance et les personnalités torturées de ses protagonistes auraient mérité que la qualité de ce temps fort du film se ressente tout au long de sa découverte.