Ces derniers jours, le nouveau film de Nicolas Bedos a tellement été descendu en flèche par nos amis les critiques pro, que celà en suscitait presque de la compassion, ou du moins de la curiosité. C'est même, à vrai dire, la raison qui m'a poussé à le voir, son synopsis lui n'ayant rien de spécialement original ou d'alléchant. Verdict, si Mascarade est effectivement un mauvais film ce n'est pas tellement à mon sens pour les raisons mises en avant dans les médias. Sa "méchanceté" et sa "vulgarité", maintes fois montrées du doigt ne m'ont pas franchement sautées aux yeux. Et après tout être méchant et vulgaire celà peut constituer un style cinématographique comme un autre.
Non le problème du film c'est surtout qu'il est trés long et trés...ennuyeux. Mais soyons plus précis et plus explicite.
A une époque ou un nombre sans cesse plus important de films -notamment français- se donnent pour objectif de refléter une certaine réalité sociale, on navigue ici totalement à contre-courant de la tendance avec au contraire l'impression d'être complètement en dehors du réel. Ou du moins du réel tel que que 99% d'entre nous, le connaissent .
Dépourvu de cet ancrage dans le quotidien des gens, Mascarade est donc en vérité un film de pur cinéma, une sorte d' "hommage au film noir", comme on en a déjà vu des centaines d'autres. Mais bon pourquoi pas après tout.
Le souci c'est que dans son hommage, Nicolas Bedos, ne semble vraiment pas s'être foulé, malgré les moyens importants (et pas seulement humains) qu'il avait à sa disposition. Ce qu'on voit à l'écran pendant 2h15 ce sont les mêmes mondanités sur la Côte d'Azur, les mêmes histoires de vamps, d'escroqueries, d'adultère et de chantage qu'on a déjà vus (ou lus ou entendus) mille fois ailleurs et en mieux. Le tout qui se termine évidemment en règlement de comptes sanglant. Nicolas Bedos ne privilégie aucun angle, aucun ton particulier dans son récit et semble au contraire prendre plaisir à patauger dans les longueurs et les clichés tout en faisant durer son film le plus longtemps possible. Au final, on a l'impression d'être quelque-part entre Hitchcock et Santa Barbara C'est décousu, (volontairement) désordonné, désinvolte et surtout interminable, le tout semblant être étiré à l’extrême.
Mascarade souffre aussi, fait assez rare pour un film français, d'un léger problème d'interprétation. Si François Cluzet et Marine Vacth s'en sortent bien, Isabelle Adjani semble bien fade dans son rôle fort caricatural. Mais le vrai problème c'est le personnage masculin principal et son interprète Pierre Niney. Autant ce dernier avait été excellent il n'y a pas si longtemps en lobbyiste sans scrupules dans le film Goliath. Autant il n'est pas crédible en aventurier arnaqueur. Il a quelque-chose de trop raffiné, de trop éduqué, je ne sais pas exactement mais ça sent l'erreur de casting.
Bref si on résume, Mascarade n'a absolument rien du cinéma outrancier ou scandaleux, que certains médias dénoncent. C'est juste un petit film (paradoxalement très long) assez mal fichu et peu inspiré, comme il en sort toutes les semaines. Seuls les noms prestigieux sur son affiche font qu'on s’intéresse à lui, alors que porté par des inconnus il serait déjà parti par la trappe aux oubliettes.