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Jipéhel
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4,0
Publiée le 6 mars 2023
Les corps blessés
3 ans après son formidable Papicha, Mounia Meddour situer son nouveau film encore une fois en Algérie. La continuité est certaine, et pas seulement à cause du cadre. Le sujet de la femme dans les pays du Maghreb est, ici, subtilement traité, à travers une mise en scène gracieuse et solaire. Alger. Houria est une jeune et talentueuse danseuse. Femme de ménage le jour, elle participe à des paris clandestins la nuit. Mais un soir où elle a gagné gros, elle est violemment agressée par Ali et se retrouve à l’hôpital. Ses rêves de carrière de ballerine s’envolent. Elle doit alors accepter et aimer son nouveau corps. Entourée d’une communauté de femmes, Houria va retrouver un sens à sa vie en inscrivant la danse dans la reconstruction et sublimation des corps blessés… 98 minutes de toute beauté qui nous propose un chemin vers la résignation et la résilience à la manière de Cédric Klapisch dans En Corps. Même si le film accuse quelques baisses de régime dans sa partie centrale, on se souvient pour longtemps de la scène d’ouverture, une danse sans musique, au rythme du vent, et, beaucoup plus loin, une autre danse, collective celle-là, évanescente et comme hors du temps, où la troupe toute de blanc vêtue, fait penser à un tableau antique. Rien que ces deux moments de grâce pure, il faut voir ce film, un film de femmes avec des femmes mais qui touchera les hommes par ce constat au plus proche d'une réalité algérienne méconnue, honnête et sensible. Rappelons que le titre signifie « liberté » en arabe. Lourd de sens. Lyna Khoudri, une fois de plus impeccable, porte le film de bout en bout. Certains déploreront qu’on la voit partout depuis un peu plus d’un an – Nos Frangins, Novembre, La Place d’une autre, Haute couture, French Dispatch, Hors normes, Papicha, et bientôt dans Les Trois Mousquetaires -, mais cela vaut de se poser la question : n’est-ce pas tout simplement dû à son talent ? Elle est fort bien entourée par Amira Hilda Douaouda, Rachida Brakni et Nadia Kaci. Du beau cinéma.
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3,0
Publiée le 20 juillet 2023
« Après chaque mort, il y a une autre vie. » "Houria" n'est pas un film de danse, mais un film qui retrace le parcours d'une jeune femme qui tente de se reconstruire après un événement traumatisant qui l'a forcée à se renfermer sur elle-même. La danse est ici un moyen d'expression et une façon de s'affirmer en tant que femme. "Houria" peut être vu comme le prolongement de "Papicha" avec un nouveau conte féministe qui explore l'envie de liberté de plusieurs femmes tout en épinglant ce qui ne va pas dans la société, car s'il s'agit d'un combat vers la guérison, Houria se bat aussi pour obtenir justice. La manière dont elle est traitée est honteuse d'autant plus par une femme. Le petit sous-entendu sur la danse comme si cela justifiait quoi que ce soit... Heureusement, Mounia Meddour se focalise sur ces femmes et sur ces moments pleins d'insouciance qu'elles partagent ensemble. On peut regretter que ces moments de partage soient si rares et que les personnages secondaires soient si peu développés. Ces derniers ont quand même pas mal de mal à exister. "Houria" est pas mal, mais ça manque d'intensité et d'émotion.
Pour la deuxième fois, après "Papicha", Mounia Meddour filme le parcours d'une jeune femme (encore interprétée par Lyna Khoudri) tentant de se faire une place dans la société algérienne. "Houria" pourrait presque être une suite à "Papicha" tant les 2 œuvres se répondent l'une l'autre, abordant notamment des sujets communs autour du terrorisme en Algérie, de la place des femmes dans le pays, ou des différentes expressions de l'art. Mais "Houria" est très loin de l'excellence d'un "Papicha". Car son problème principal tient au fait qu'il ne parvient à aucun moment à paraitre authentique. Les ficelles scénaristiques, et les gimmick de cinéma sont bien trop visibles et nous crient en permanence au visage que ce film n'est qu'un film. Les personnages, les dialogues et la mise en scène font faux en permanence. Donc on peut reconnaitre la beauté de certaines scènes, notamment de danse, mais aucune émotion ne s'en dégage car les effets s'enchainent sans porter la moindre signification, juste de la poudre aux yeux.
Film très décevant. Façon de filmer désagréable: caméra à l'épaule et en gros plan sur des visages grimaçants. Scénario mélangeant langue arabe et française très étrange.
J'avais adoré Papicha le précédent film de Mounia Meddour mais celui-ci qui creuse le même sillon m'a déçu. Lyna Khoudry que l'on retrouve ici est devenue entre temps l'une des actrices françaises en vogue, et c'est bien mérité. Mais cette histoire de reconstruction par la danse, avec en toile de fond les relents du terrorisme en Algérie, est trop appuyée dans ses intentions et même quelquefois naïve. Le tout enrobé sans aucune subtilité à l'image de la chorégraphie finale qui tourne presque au ridicule.
Houria est le nouveau film de Mounia Meddour. C’est somptueux. L’histoire bouleversante de Houria, danseuse blessée et qui se reconstruit lentement par la danse. Un film poétique porté par la fabuleuse Lyna Khoudri.
Je découvre le cinéma de Mounia Meddour avec ce film et je trouve que c’est une très bonne porte d’entrée car c’est un film accessible et qui je pense peut toucher beaucoup de gens. Une mise en scène excellente avec un vrai travail sur le cadrage et surtout l’éclairage. Les scènes de danse sont particulièrement belles et bien filmées. La BO est très belle et très bien utilisée.
Je pense avoir un réel problème avec le jeu d’acteur bien nul de Lyna Khoudri, elle ne sait pas trop ce qu’elle doit faire de son corps quand elle danse donc elle fait n’importe quoi et quand il s’agit de jouer une émotion elle en fait beaucoup beaucoup trop. Heureusement que Rachida Brakni est là pour rattraper le personnage antipathique de Lyna Khoudri. Un récit qui peut être dur mais dans lequel on n’arrive pas à être impliquer parce qu’on a un personnage principal que l’on arrive pas à aimer un seul instant, bref gros problème d’acting.
Tres beau film plein d’émotions. On vibre avec Houria, ses espoirs, ses désespoirs, sa colère, sa reconstruction ! En toile de fond l’Algérie de nos jours…. Je n’ai pas vu le temps passé
Je ne connaissais rien de ce film et petit à petit je trouvais qu’il avait des faux airs de « Papicha ». Après avoir lu le générique, ce fut évident. Désormais, je me dois de retenir le nom de Mounia Meddour une bonne fois pour toute.
J’apprécie sa façon de traiter son Algérie. Une rébellion mêlée de tendresse. Evidemment, dit comme ça, on pourrait penser que la réalisatrice est consensuelle, qu’elle ne se mouille pas trop. Pourtant son « Papicha » n’est jamais sorti dans les salles algériennes !
A travers le personnage d’Houria, c’est une Algérie solaire avec ce corps gracieux qui ondule de mille rêves. C’est aussi une Algérie répressive comme le corps molesté d’Houria. Corps agressé qui la prive de tous ses rêves. Une répression qui prive Houria de la parole. La parole muselée, il lui reste son corps qu’elle s’emploie à redresser dans la souffrance. Souffrance faite aux femmes qui veulent s’émanciper dans l’expression artistique. Corps fragile, instable comme cette Algérie où tout est toléré, où rien n’est acquis et où le moindre faux pas est sanctionné par la fermeture d’une salle de danse par exemple au nom de la morale religieuse. Une pensée pour la radieuse Lyna Khoudri.
Apprentie danseuse dont l'ambition est d'être repérée par un professionnel, la vie d'houria s'effondre lorsqu'elle se fait agresser dans la rue suite à un pari. Elle devient muette et reconstruit petit à petit sa vie auprès d'un groupe de femmes qui ont vécues des traumatismes. Malheureusement, l'agresseur n'est pas loin et ne va pas lui faciliter la tâche. En salle le 15 mars.
Houria ne part pas du tout dans la direction un peu attendue de la reconstruction physique suite à un choc, mais adresse au contraire une multitude de sujets qui gravitent autour de la vie de cette jeune femme. Le film a une fâcheuse tendance à vouloir en dire trop et à donc ne pas aller au bout des nombreux aspects : le passé familial, l'exode de son amie, sa blessure, la danse, le traumatisme moral, les terroristes repentis, etc. On passe toutefois un joli moment avec des femmes fortes qui gardent leur cap malgré les aléas de la vie en Algérie.
exceptionnel. la réalisatrice traite le sujet politique essentiel de l Algérie...l actrice principale incarne son rôle d une façon remarquable...bcp d émotions...d
Aussi bien que Papicha ! Le regard artistique de la réalisatrice ne nous laisse pas indifférent ! Les actrices jouent toutes divinement bien ! Le jeu d'acteur dû personne qui joue la fille muette m'a complètement bluffé ! Un mot : WAAAAW
La jeune et talentueuse danseuse Houria est victime d'une agression, blessant son corps et passant sa voix sous silence. Au contact d'autres femmes blessées par la vie, elle va apprendre à se reconstruire et à s'affirmer plus que jamais.
Après le très bon «Papicha», Mounia Meddour retrouve son actrice fétiche Lyna Khoudri dans ce film à la structure similaire, où la danse a remplacé la mode.
Film co-produit par Dany Boon et Xavier Gens notamment, l'histoire peut parfois rappeler «En Corps» dans son aspect rééducation/reconstruction, mais inscrit son récit dans la société algérienne, avec les inégalités d'aujourd'hui et les rêves de demain.
Meddour filme toujours avec la même poésie et vitalité le visage, solaire et déterminé, de Lyna Khoudri et des femmes qui l'entourent, mais à l'intérieur d'une histoire moins impactante que son prédécesseur, peut-être à cause d'une construction trop attendue, entre hauts et bas, dans le parcours de son héroïne.
L'histoire de plusieurs oiseaux en cage qui vont se libérer par les gestes et le corps, une manière tout aussi parlante de faire résonner leurs voix respectives, étouffées par la société et les malheurs personnels.
Un film plutôt touchant et réussi, mais auquel il manque quelque chose pour en faire une œuvre marquante, à l'image de cette fin collective, mais abrupte, laissant certains éléments en suspens. 6,5/10.