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Jill Olivier
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5,0
Publiée le 9 septembre 2022
Très beau film avec un casting absolument grandiose. Les 4 acteurs sont parfaits dans leurs rôles respectifs. On rit, on pleure et on réfléchit sur ce qui est moral ou non. Pour un premier film, le réalisateur frappe fort.
Difficile de croire a cette histoire surtout en sachant que les parents acheteurs sont avocats !!! Ceci dit , le film lui est correct , plutôt pas mal joué et se laisse malgré tout regarder.
La démarche derrière est sans doute sincère, en ce sens qu’elle veut faire réfléchir sur la gestation par autrui, pratique toujours légalement apparentée en France à du trafic d’êtres humains, mais l’idée me semble tirée par les cheveux, un peu trop peut-être. Vont s’y croiser, sympathiser et s’y arranger un couple d’avocats parisiens et une famille gitane : du côté masculin, le premier va faire acquitter le second des charges qui pèsent contre lui. Du côté féminin, la première désespère de porter un enfant, tandis que la seconde en attend un sixième qu’elle sait ne pas pouvoir assumer financièrement. Chez eux, la notion du risque pénal prime sur toute autre considération…mais chez elles, l’idée va suivre son petit bonhomme de chemin. Les acteurs sont très bons, sans la moindre exception, et on ne peut pas nier que la mise en oeuvre de cette idée abracadabrante attise un léger suspense pas inintéressant. Le tout est de déterminer s’il était profitable au film de privilégier le Thriller feutré au détriment de l’émotion, car l’ensemble laisse l’impression d’un film un peu froid, tout entier au service de la démonstration que le crime de lèse-mère ne paye pas. Il s’agit pourtant clairement d’un sujet à la Ken Loach, mais ce dernier aurait sûrement trouvé les clés pour en tirer quelque chose de beaucoup plus mémorable.
Un drame social dont le scénario est construit comme celui d’un thriller. Un « thriller social », j’y ai pensé avant même de lire que c’était présenté ainsi dans les secrets de tournage. Qui dit thriller dit rebonds inattendus. C’est tout à fait ça et ça capte et retient toute l’attention du spectateur du début à la fin. Spectateur qui se sent témoin des affres des quatre personnages principaux qui naviguent entre le bien, le mal, la Loi (y compris celle de Dieu parfois). Matière à réflexion que ce suivi d’une femme qui a déjà trop d’enfants et qui attend le sixième et cette autre, d’un tout autre univers matériel et social (couple d’avocats versus mari et femme gitans) qui elle est en souffrance de ce manque de maternité. Une approche sensible et bien calibrée du sujet. A classer dans les grands films français au scénario et à la mise en scène intelligents, l’interprétation des quatre acteurs principaux n’étant pas en reste.
Sur un scénario adapté qui aurait pu entraîner des excès, un premier long métrage prometteur, étude de mœurs incisive tout autant que suspense psychologique réussi. Le quatuor d'interprètes est impeccable.
Franck (Damien Bonnard) est ferrailleur. Sa femme, Meriem (Judith Chemla) et lui sont gitans et vivent avec leurs cinq enfants dans une caravane en Seine-Saint-Denis au milieu d’un camp sordide et surpeuplé. Julien (Benjamin Lavernhe), un avocat, lui évite la prison après l’accident qui détruit son camion et provoque son arrestation. À cette occasion Franck et Meriem rencontrent Julien et sa femme, Anna, une avocate elle aussi, rongée par le désir d’enfant. Le couple, qui attend leur sixième enfant, propose aux jeunes bobos un marché simple quoiqu’illégal : leur enfant à naître en échange de l’effacement de leurs dettes et du rachat d’un nouveau camion.
Le premier film de Léopold Legrand, remarquable de maîtrise, repose sur une idée qui peut sembler tirée par les cheveux mais qui, une fois qu’on l’a admise, entraîne les conséquences en série des meilleurs films des frères Dardenne. Il est remarquablement servi par un quatuor d’acteurs dont chacun des personnages possède une épaisseur et une complexité qu’on trouve rarement. Damien Bonnard est sans doute le plus impressionnant, dans le rôle très physique du pilier de famille obligé, pour protéger les siens, de mettre un mouchoir sur ses valeurs. Judith Chemla est la plus ambiguë dont on se demandera jusqu’au bout si son inhumanité apparente est un antidote à la douleur que lui causera la séparation d’avec son enfant. Mais c’est Sara Giraudeau qui est la plus étonnante. Sa voix de crécelle en irrite beaucoup. Mais, si on passe par-dessus, on ne pourra que saluer la maîtrise avec laquelle elle joue cette femme à qui l’obsession de la maternité fait perdre pied. Dans ce quatuor, Benjamin Lavernhe, tout sociétaire de la Comédie-française qu’il est, est le maillon faible, avec le rôle le plus ingrat.
Comme avec les scénarios des frères Dardenne, celui co-écrit par Léopold Legrand, d’après le livre d’Alain Jaspard "Pleurer des rivières" a le mérite de compter bien des bifurcations et de nous réserver bien des surprises. On ne s’ennuie pas une seule seconde. On est ému de bout en bout. La fin du film est étonnante. Tout bien considéré, elle est la plus logique qui soit. Elle réussit à ne pas être moralisatrice sans être immorale.
"Le Sixième Enfant" récompensé au festival du film francophone d'Angoulême (4 récompenses) est un drame social à la française honnête dans l'ensemble. En effet même si j'ai trouvé que le film était surnoté, que les thématiques abordées (maternité, filiation et de l’abandon) auraient pu être traités différemment par moments, l'histoire finit par toucher au cœur avec la très belle composition de Judit Chemla et Sara Giraudeau.
Les hasards de la vie vont se faire rencontrer un avocat pénaliste et sa compagne avec un couple de gitans sédentarisé, parents de 5 enfants. Quand une sixième grossesse se déclare, Anna (Sara Giraudeau) va monter un plan machiavélique, elle qui désespère d'avoir un enfant, provoquant la fureur de son compagnon (Benjamin Lavernhe). Adapté d'un fait divers ayant lui-même inspiré un livre, ce film pose la question de savoir jusqu'où l'on peut repousser les limites de la légalité pour devenir parents. Malgré quelques invraisemblances, Léopold Legrand réussit le pari de ne pas tomber (ou presque) dans les clichés entre ces deux milieux aux antipodes (gitans/bobos). La fin est particulièrement juste, tout comme les quatre acteurs principaux. Un drame social de qualité.
Les cinq premières minutes du film font un peu craindre un thriller de routine dans le genre archi-usé du crime comme seul échappatoire à la misère sociale. Heureusement, après cette sorte de préambule un peu banale, le film prend brutalement une tournure bien plus inattendue...et plus intéressante, qu'il gardera jusqu'à la fin.
La principale force du Sixième Enfant c'est justement de prendre le spectateur à rebours de ses attentes. D'emblée et de façon presque habituelle dans le cinéma contemporain il est question de pauvreté et de galère. Pourtant ce n'est pas le sujet du film, mais simplement une clé de lecture indispensable à une histoire bien plus intimiste et originale ou le thème de la parentalité côtoie ceux de l'éthique, de la loi et de la religion. Bref, le film évite habillement les clichés et donne à ses personnages une véritable épaisseur. A tel point que, une fois n'est pas coutume, on en arrive à oublier leur condition sociale pour se focaliser uniquement sur leur personnalité et leurs névroses. Surtout que les plus névrosés ne sont pas nécessairement les socialement plus mal lotis. Pour incarner les deux couples au cœur de son histoire, Léopold Legrand a misé sur un quatuor de jeunes comédiens qui se révèlent tous excellents: Sara Giraudeau est bien plus convaincante que dans La Page Blanche, Damien Bonnard prouve une fois qu'il excelle dans les rôles d'écorchés vifs, enfin Judith Chemla et Benjamin Laverhne sont aussi trés bons dans des rôles plus en retrait, mais peut être plus subtils. . Loin des lieux communs, les dialogues sont aussi trés bons et bien souvent criants de vérité.
Étrangement, la seule faiblesse du film tient paradoxalement dans son scénario complexe et alambiqué, car on a quand même un peu du mal à croire à cette histoire assez invraisemblable. Enfin ce n'est pas tant le concept de l'histoire qui est invraisemblable que le fait de penser qu'elle puisse être menée à bout. A un moment, le personnage incarné par Sara Giraudeau dit à son mari qu'il n'y "a aucun risque" à l’opération qu'ils sont en train de mener, le spectateur lui au contraire ne peut s'empêcher d'en voire partout. Et pour cause, quand on voit comment se termine le film. Film qui n'est d'ailleurs, que je sache inspiré d'aucune "histoire vraie". Ce qui n'est pas forcément si étonnant.
Sujet très difficile et délicat. Mise en scène classique et soignée, acteurs parfaitement dans le ton. Je regrette juste que le sujet soit traité de manière linéaire et prévisible, de nombreux points sont passés peu ou prou sous silence, privilégiant la narration au dépend du débat. Toutefois, la chute, très sage et consensuelle, sans polémique, est maitrisée et magnifie le courage d'une femme. Ce genre de film appelle à la réflexion sur le sujet, mais celui-ci manque d'aborder de nombreuses facettes, dommage.
Trop d'invraisemblance ! Une succession de trucs hautement improbables durant les 10 premières minutes du film pour planter le décor. C'est bien dommage ! L'idée était fort intéressante mais trop c'est trop !
Un film vif, rythmé, transgressif et assez fort sur le plan émotionel. Les personnages ont tous une réelle présence. Après on regrette un réel parti pris, ici le spectateur est laissé libre de faire son choix entre ce qui est bien et mauvais, l'oeuvre aurait mérité une plus grande prise de risque.
L'histoire est assez improbable, même avec un dévorant désir d'enfant, mais on se laisse cependant facilement prendre par cette intrigue et le jeux très juste et très sensible de Sara Giraudeau, Judith Chemla, Damien Bonnard et Benjamin Lavernhe. Un bon moment de cinéma.
Beaucoup d'humanité et de justesse dans les situations des 4 personnages principaux (2 couples) --> 4 acteurs magnifiques! Le désir d'enfant la submerge, quitte à prendre une direction insensée : "j'en ai marre des inséminations mutiples"... Il est désemparé devant le désarroi de son épouse. Ils sont terriblement coincés et prennent une décision ultime et tellement opposée à leur foi. C'est tellement incroyable que le suspense est total quant au dénouement. Joli film!