Gangs of New York
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782 critiques spectateurs

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Cadreum
Cadreum

79 abonnés 831 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 septembre 2025
Qui est le film ?
Sorti en 2002, Gangs of New York est le projet de longue date de Martin Scorsese, rêvé depuis les années 1970 et enfin rendu possible grâce à la puissance de production des studios Miramax. C’est une fresque historique située dans le New York du XIXᵉ siècle, au cœur du quartier des Five Points, connu pour sa misère, sa violence et ses affrontements entre communautés immigrées et nativistes. En surface, le film promet une grande reconstitution : luttes de gangs, émeutes, vengeance personnelle. Mais très vite, on comprend que Scorsese ne se contente pas de faire revivre une époque : il met en scène le moment où l’Amérique se fabrique, dans le sang et l’oubli.

Que cherche-t-il à dire ?
Adapté librement du livre de Herbert Asbury, le film choisit la grande fable du XIXᵉ siècle new-yorkais (immigration irlandaise, nativisme, émeutes, draft riots) comme zone d’expérience : un espace où confluent classe, nation, genre et race. La véritable ambition du film est de montrer que la nation américaine ne s’est pas seulement construite par ses institutions officielles mais dans la rue, par des affrontements spectaculaires qui confondent politique et spectacle. La vengeance intime du personnage d’Amsterdam Vallon sert de point d’entrée, mais c’est l’histoire collective qui se déploie : comment une communauté, au fil de violences ritualisées, de rites funéraires, de discours publics et de lynchages, invente une forme de pouvoir.

Par quels moyens ?
Scorsese filme la ville comme une scène : marchés, carnavals, bagarres, enterrements deviennent autant de cérémonies publiques où se négocie la souveraineté. Bill « The Butcher » Cutting n’est pas seulement un chef de bande : il est un metteur en scène de la domination, un « homme-publique » qui commande l’allégeance par la représentation (discours, rite, mise en scène de la violence). Son nationalisme racé « America for Americans » n’est pas une simple doctrine : c’est une performance qui fabrique un nous exclusif. La rue remplace ici l’institution quand l’institution se révèle faible ou corrompue ; la légitimité se gagne par l’acte spectaculaire.

Narrativement, le film suit un récit de vengeance (Amsterdam Vallon) qui fait la jonction entre intime et collectif. La trajectoire du fils vengeur fonctionne comme une clef d’accès : sa quête privée expose et traverse les luttes publiques. Scorsese rend visible ce glissement constant : le geste privé (assassiner, punir) coïncide avec le geste fondateur (prendre la ville). Ainsi la rétribution personnelle devient prototype de la manière dont des groupes prennent possession d’un espace politique.

Le film distingue deux régimes de violence : celle des rituels codés (combats de rue, initiations, massacres spectaculaires) et celle des émeutes de masse, instrumentalisées par des enjeux politiques comme la conscription. Ces deux formes s’entrelacent : les rites forgent des corps et des affects que l’histoire mobilise ensuite pour ses propres fins.

La caméra se rapproche des corps : cicatrices, lambeaux, visages enlacés au sang. Ces corps racontent l’histoire mieux que les textes : l’âge, la blessure, la manière de porter un vêtement deviennent indices politiques. Mais le corps est aussi arme et le film insiste sur la physicalité de la lutte pour la cité : la souveraineté se conquiert « peau contre peau ». Autour de cela, la mise en scène fait de la douleur une forme de langage social.

Si l’immigration irlandaise occupe le centre du récit, elle se double d’une hiérarchie implicite : les Afro-Américains apparaissent surtout comme cibles de la violence lors des émeutes du draft. Le film met ainsi à nu l’instrumentalisation raciste de la colère sociale. Mais il laisse aussi ouverte la question de ce qui reste invisible dans cette reconstitution : qui raconte, et qui est relégué à la marge de l’image ?

Sur le plan formel, Gangs oscille entre reconstitution quasi-muséale (décors de Dante Ferretti, photographies d’époque) et opérativité scénique (compositions en tableaux, longs travellings, cadrages frontaux). Michael Ballhaus et Thelma Schoonmaker organisent un cinéma à la fois ample et nerveux : panoramiques larges pour faire sentir la densité urbaine ; gros plans pour capter le particularisme des figures. Daniel Day-Lewis, dans son incarnation de Bill, pousse cette logique à l’extrême : sa présence transforme la barbarie en spectacle.

Le film s’achève sur la promesse du « progrès » : la ville se débarrasse des taudis, élève des ponts, efface les traces du carnage. Mais Scorsese inverse la lecture triomphaliste : la modernité est un effacement, un travail d’oubli qui passe par la disparition des corps et des récits qui les ont habités. La construction urbaine n’est pas neutre ; elle invente une histoire oubliée. Le cinéma, en montrant ce processus, questionne ce que perd la ville quand elle s’embellit.

Où me situer ?
Ce que j’admire dans Gangs of New York, c’est sa capacité à conjuguer deux gestes apparemment opposés : la minutie de la reconstitution et la flamboyance de la théâtralisation. Le film assume que raconter l’histoire n’est jamais neutre, que tout récit fondateur est aussi une mise en scène. Ce qui me trouble davantage, c’est la place laissée aux figures marginalisées (Afro-Américains, femmes, communautés autres que les Irlandais et les nativistes) souvent réduites à des rôles périphériques. Le film, en choisissant sa focale, fabrique à son tour un récit partiel. Mais cette part de silence n’est pas sans valeur critique : elle nous force à nous demander ce que nous attendons du cinéma lorsqu’il prétend « raconter l’histoire ».

Quelle lecture en tirer ?
Scorsese montre que la nation naît dans la rue, dans la violence, et que l’urbanisation moderne s’accompagne d’un effacement des mémoires. Le cinéma devient alors l’espace où ces luttes ressurgissent, non pas comme vérité historique définitive, mais comme rappel de ce qui, sous la pierre des monuments, continue de battre et de saigner. En cela, c’est une œuvre réflexive : elle nous oblige à regarder la fabrication spectaculaire du pouvoir et à reconnaître que, derrière la pierre des ponts et les façades claires, subsistent les blessures qui ont rendu cette pierre nécessaire.
Kouto
Kouto

34 abonnés 4 815 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 septembre 2025
Marquant la première collaboration entre Martin Scorsese et Leonardo DiCaprio « Gangs of New-York » est une fresque historique sanglante bénéficiant d’une reconstitution soignée et d’une mise en scène qui ne manque pas de souffle malgré un récit tirant parfois en longueur. La banale vengeance au centre du récit sert surtout de toile de fond à présenter une Amérique en proie aux divisions dans un pays en pleine guerre de Sécession.
J2L
J2L

1 abonné 54 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 septembre 2025
Un bon sujet sur une période assez méconnue des Etats Unis. C'est bien réalisé avec une bonne bande son, mais pourquoi toute cette hemoglobine et cette violence ?
Alolfer
Alolfer

191 abonnés 1 852 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 août 2025
Au moment des crédits, il est difficile de croire que "Gangs of New York" a été réalisé par Martin Scorsese. De sa filmographie, il s'agit du film le plus émouvant et le plus étonnant ! Porté par un duo XXL, Martin Scorsese développe plusieurs histoires. Celle qui nous intéresse au premier plan, est une histoire de vengeance. À l'arrière plan, Les conséquences d'une tension qu'était la guerre de Sécession. Deux visages s'affrontent ; deux pays s'affrontent. Si au départ, le film semble poussif et semble se perdre par ses multitudes d'intrigue, c est notamment pour la consécration de son finale : Tout s'emboîtent, répondant donc à la pensée du film : Qui gagne vraiment ? C'est surtout un point de vue, d'une défaite historique sur tous les fronts. Un Scénario solide et une mise en scène exceptionnelle et des images à tomber par terre. Le film le plus sous-côté de sa filmographie
Taahz
Taahz

3 abonnés 322 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 août 2025
Une tragédie criminelle épique telle que Scorsese sait les faire, cette fois ci dans un New York en pleine guerre de sécession.

La réalisation est grandise, avec des scènes d'une intelligence rare telle que l'arrivée des immigrés irlandais, repartant immédiatement en bateau pour la guerre à peine le pied posé sur les quais.

Daniel Day Lewis livre une performance légendaire, incarnant un être aussi détestable que charismatique.
Mme Hérisson
Mme Hérisson

6 abonnés 379 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 août 2025
Bien que ce film soit globalement très réussi, on ne peut s'empêcher de penser qu'il aurait pu être encore meilleur. En effet, malgré son thème central de l'honneur et son dénouement axé sur l'union, ce sont les nombreuses scènes de combat qui marquent le plus les esprits. Bien que ces scènes soient nécessaires à l'intrigue, apportent une dimension dramatique et soient très bien orchestrées, elles ne suffisent pas à elles seules à constituer une trame solide pour le film. Néanmoins, il reste un excellent divertissement, superbement interprété.
GéDéon
GéDéon

143 abonnés 758 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 juillet 2025
En 2002, Martin Scorsese signe une grande fresque épique prenant place dans les quartiers populaires de New York au milieu des années 1860. A travers une histoire de vengeance, le réalisateur évoque le contexte de l’époque marqué par la guerre de Sécession et l’arrivée massive de migrants venus d’Europe. Cette double approche confère au scénario un caractère touffus, partant dans plusieurs directions d’inégale valeur. Heureusement, la distribution haut de gamme constitue une véritable délectation avec un trio basé sur Leonardo DiCaprio, Cameron Diaz et surtout Daniel Day-Lewis qui, comme toujours, habite son personnage dans des proportions incroyables. Le plaisir est également présent avec une mise en scène soyeuse où reconstitution historique, plans inventifs et sens du rythme sont maîtrisés. Bref, une plongée violente dans les bas-fonds de Manhattan.
Jerome Plesiat
Jerome Plesiat

7 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 juin 2025
Une histoire mal ficelée et pet crédible, un film trop long et assez moi. Seul le jeu d acteurs, hormis celui de Cameron Diaz, vaut à ce film la moyenne
SB88
SB88

42 abonnés 1 637 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 juin 2025
Gangs of New York- fresque très réussie sur la difficile intégration et acceptation des Irlandais. L’histoire de la revanche d’un petit garçon qui voit son père se faire assassiner. L’histoire rencontre l’Histoire. Les décors sont réussis tout comme le casting !
3,7/5
L'homme sans nom
L'homme sans nom

182 abonnés 1 185 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mai 2025
Martin Scorsese nous transporte dans un quartier populaire de New York au milieu du XXIe siècle, entre immigration massive et guerre de secession. Un casting et une reconstitution qui impressionnent, où dans un florilège de bruits et de sangs l'excellent Daniel Day-Lewis donne la réplique à Leonardo Dicaprio... Si la réalité historique a largement été exagéré et romancée, le film offre un récit prenant et divertissant bien que parfois un peu attendu.
Bertrand Pimpin
Bertrand Pimpin

1 abonné 39 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 mai 2025
Sûrement le film de Scorsese le plus sous côté. Veritable opéra, les décors, costumes et personnages sont épiques. La violence des États Unis y est comme d habitude avec Scorsese traitée comme personnage principal et partie intégrante de son histoire.
Timëo
Timëo

1 abonné 3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 avril 2025
Daniel Day-Lewis porte littéralement le film avec une performance impressionnante, comme d’habitude. Son personnage est à la fois charismatique et terrifiant. DiCaprio n’est pas en reste, offrant une belle prestation dans un rôle plus complexe. L’intrigue, centrée sur les luttes de pouvoir dans le New York du 19e siècle, est captivante. Les scènes de combat sont intenses, et l’ambiance du film te prend vraiment. Même si le film est long, il garde ton attention tout du long grâce à son mélange efficace de drame et d’action
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 8 décembre 2024
C’est un super film qui se distingue par une mise en scène extraordinaire et un casting parfait. Martin Scorsese nous offre du grand art avec une reconstitution époustouflante de l'époque, où les décors sont incroyables et enrichissent l'immersion dans l'histoire. Les performances des acteurs sont remarquables, et l'ensemble du film est une démonstration magistrale du talent de Scorsese pour capturer des récits épiques et visuellement impressionnants. C’est un véritable chef-d'œuvre du cinéma historique.
BerndGan
BerndGan

9 abonnés 188 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 29 novembre 2024
Plutôt d'accord avec les critiques négatives. Ce film montre des bagarres sanglantes permanentes et en plus pas très bien filmées. Il veut certainement se mettre dans la catégories péplum où il est fait mention de faits historiques. Mais même ces faits sont mal mis en lumière. Et en plus c'est long, trop long...
Emmanuel Cockpit
Emmanuel Cockpit

97 abonnés 1 510 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 novembre 2024
Martin Scorsese nous offre une magnifique fresque aux décors baroques qui nous emporte dans l’histoire, les personnages et les bas-fonds du New-York des années 1860. La réalisation cumule de superbes scènes de groupe qui combattent, font la fête ou animent les rues de manière très lyrique. Tellement lyrique, qu’associé à la reconstitution parfaite, le film devient parfois agaçant, au détriment du scénario sans surprise et qui s’éparpille ; on sait dès le début comment cela va finir. C’est un beau tableau dans lequel il manque un souffle d’émotion. Reste que l’interprétation de Daniel Day-Lewis est fascinante.
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