Dalva
Note moyenne
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Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 avril 2023
Dalva a douze ans. Brutalement séparée de son père, elle est placée en foyer d'accueil. Elle y apprendra lentement à se reconstruire.

J'avais vu plusieurs fois la bande-annonce de "Dalva" sans y comprendre grand-chose. En découvrant cette pré-adolescente outrancièrement fardée, j'avais même pensé un temps que son héroïne était un petit garçon en train de vivre une transition de genre ! Or le sujet de "Dalva" n'est pas la transidentité, loin s'en faut, mais l'inceste.
La bande-annonce n'en dit rien. Elle a bien raison de n'en rien faire. Mais toutes les critiques l'évoquent. Le film, dès sa toute première scène, le laisse comprendre.

Un tel sujet est évidemment tétanisant. "Les Chatouilles" l'avait pris à bras-le-corps en 2018 avec une terrible efficacité. On se souvient qu'il s'agissait de l'adaptation d'un seule-en-scène construit sur la base de flashbacks entre le passé traumatisant de son héroïne et sa lente reconstruction grâce à la cure psychanalytique qu'elle avait entreprise.

spoiler: Ici, c'est moins de l'inceste proprement dit qu'il est question, qui demeure hors champ, dans un passé dont on ne verra et dont on ne saura rien - l'action commence le jour de l'arrestation du père de Dalva - que du chemin que parcourra Dalva pour retrouver l'enfance qui lui a été volée.


spoiler: Le vrai sujet du film est paradoxal voire choquant : il est dans le refus initial de l'enfant d'admettre la culpabilité de son père, voire son entêtement obstiné à clamer son innocence.

Jacques - c'est le nom de ce père qu'elle n'appelle jamais "papa" - avait transformé sa petite fille en poupée hypersexuée, maquillée, coiffée, vêtue comme une femme mature. On imagine en frémissant ce qui se cache derrière ce fantasme. Mais Dalva, loin de vivre l'arrestation de son père comme une délivrance, la vit comme une séparation intolérable. spoiler: Elle exige de conserver ses vêtements, son maquillage, son chignon sophistiqué. Elle demande à revoir son père, placé sous écrou à Reims.


Ainsi posé le film s'annonce palpitant. Mais l'exploitation qu'il fait de ce postulat de base reste assez plat. Comme on l'a déjà vu mille fois, dans tant de films plus ou moins similaires ("La Mif", "Mon frère", "Conséquences", "La Tête haute", "States of Grace", "Fish Tank", "Dog Pound"...), "Dalva" filme la vie dans un foyer d'accueil de l'ASE - ce qu'on a cessé depuis longtemps d'appeler "l'Assistance". Là, au contact d'éducateurs bienveillants (Alexis Manenti, César du meilleur espoir masculin pour "Les Misérables", Marie Denarnaud...) et d'une camarade de chambre aussi cabossée qu'elle (Fanta Guirassy à suivre), elle se reconstruira.

La jeune Zelda Samson est impressionnante dans le rôle titre. Elle joue à la perfection un mélange ambigu de féminité aguicheuse et d'enfance innocente. Une seule reproche : on la voit trop vite basculer du premier registre vers le second.
Joce2012
Joce2012

262 abonnés 750 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 mars 2023
Très bon film sur les conséquences dramatiques suite à des mauvais traitements sur des enfants par leur famille, très grande interprétation de Zelda Samson, à voir !
Xavier BLANCHARD
Xavier BLANCHARD

29 abonnés 415 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 avril 2023
Zelda Samson joue magnifiquement le rôle de Dalva, hyperféminisée et, sans doute du fait de l'isolement dans lequel elle était maintenue par son père, presque incapable de nouer des relations avec des enfants de son âge.
Le scénario semble très crédible, avec la méchanceté de certaines gamines "normales", mais au contraire la solidarité avec des filles qui traversent aussi des histoires compliquées, les maladresses de l'éducateur plein de bonnes intentions mais qui, au début au moins n'est pas préparé à un tel "cas".
Seul regret, si l'on voit de près le travail des éducateurs sociaux, on n'aperçoit qu'à la fin, brièvement, le travail de l'institution judiciaire, pourtant essentiel [et les dernières images du film le montrent très bien] au deuil que Dalva doit faire de la relation avec son père, étape indispensable de sa réparation.

Tours Studio Cinémas 24 mars 23
GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 octobre 2023
Avec son premier long-métrage sorti en 2022, Emmanuelle Nicot aborde avec audace un sujet effroyable, celui de l’inceste d’un père envers sa fille. Dès la scène d’ouverture, on est plongé dans une incompréhension malaisante dont les pièces du puzzle vont progressivement s’assembler. La grande force de ce film est incontestablement de retracer ce drame à travers les yeux de la jeune victime âgée de onze ans (l’incroyable Zelda Samson) mais déjà femme dans sa représentation comportementale. Entre affect pour son bourreau et déni des actes commis, elle doit pourtant tenter de se reconstruire. Aux acteurs impeccables s’ajoute une réalisation nerveuse. Bref, une analyse édifiante de l’emprise psychologique.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 567 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mars 2023
Ai vu "Dalva" d'Emmanuelle Nicot dont c'est le premier film. Entre autre une des raisons capitales pour lesquelles j'adore le cinéma est d'avoir un coup de coeur pour une nouvelle actrice ou un nouvel acteur, dont je vais suivre la carrière et le travail pendant des années. Il y a Isabelle Huppert, Sandrine Bonnaire, Sandrine Kiberlain, Elodie Bouchez, Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos, Vincent Lacoste, Stéphane Bak, et bien d'autres... Dans ce film Zelda Samson vampirise totalement la caméra et l'oeil du spectateur. Il y a du Romy Schneider (pour la fragilité, le visage ultra expressif, la puissance de jeu) et du Simone Signoret (pour l'ancrage corporel, le mutisme, la maturité) chez cette jeune actrice extraordinaire. Dalva se maquille, est mature, s'habille comme une femme, parle comme une amante... mais Dalva n'a que 13 ans et est abusée par son père. Par de toutes petites touches et toujours avec une immense pudeur la réalisatrice raconte comment Dalva qui est totalement dans le déni va lentement, entourée de toute une équipe d'éducateurs, de juge... prendre conscience de son enfance volée. C'est admirablement mis en scène. Le casting d'adolescents est parfait. Le scénario est documenté, toujours dans la mesure, jamais ostentatoire. Emmanuelle Nicot filme avec passion son actrice principale. Tout comme Sandrine Bonnaire irradiait la pellicule de Pialat dans "A nos amours" en 1984, Zelda Samson est l'essence de ce long métrage qui commence la pédale au plancher et qui modulera ses tempi en fonction des états d'âmes de Zelda. Un très beau premier film qui permet à une nouvelle étoile de naitre.
Bart Sampson

414 abonnés 850 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 mars 2023
Deuxième film choc de cette nouvelle semaine cinéma, "DALVA" réalisé par Emmanuelle Nicot et qui propose une histoire "borderline" ( sur le papier :) )

Dalva a 12 ans mais s'habille, se maquille et se vit comme une femme. Un soir, elle est brusquement retirée du domicile paternel en raison de la relation incestueuse subi par un père qui exerce son emprise sur une enfant qui vit reclue et sans repère éducatifs et moraux.

D'abord révoltée et dans l'incompréhension totale, elle va faire la connaissance de Jayden, un éducateur, et de Samia, une adolescente au fort caractère. Une nouvelle vie semble alors s’offrir à Dalva, celle d’une jeune fille de son âge.

Je suis rentré dans la salle avec appréhension et encore une fois sur un sujet délicat on assiste à une oeuvre forte, sobre, magnifiquement interprétée.

Je la rangerai pas loin de "Petite Nature" de Samuel Theis

Ce film révèle une comédienne exceptionnelle Zelda Samson qu'on compare déjà à Romy Schneider et à qui on souhaite la même carrière et davantage de bonheur que son modèle.

N'ayez pas peur, ce film est un sans faute.
tonydubs
tonydubs

18 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 décembre 2023
Ni très bien filmé, ni très bien interprété, le film n'échappe pas une représentation digne d'un mauvais téléfilm français déjà vu cent fois.

Passé ces maladresses et ce manque d'originalité, reste un thème fort et une jeune comédienne attachante.
Aulanius
Aulanius

227 abonnés 1 784 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 8 octobre 2025
Alors là, je tombe vraiment de très haut. Après avoir vu tous les bons avis + la bande-annonce, j'avais hâte de le voir et hélas, la surprise n'a pas été au rdv. Pour ma part, j'ai déjà vu tellement de fois ce sujet à l'écran que j'avais l'impression de voir une copie d'une copie d'une autre copie. Alors ok, la jeune actrice principale est douée, les personnages sont attachants dans l'ensemble, c'est touchant ... mais pour le reste, je n'ai pas retenu grand-chose. C'est dommage car il y avait un réel potentiel mais exploité à 100% selon moi. Il y avait clairement mieux à faire mais peut-être que je suis trop difficile. À vous de voir. 11/20.
Alasky

454 abonnés 4 539 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 24 avril 2023
Incommensurable ennui, immense perte de temps, je me suis presque endormie sur la fin. Rien ne m'a touchée, ni l'histoire ni l'actrice principale. Je passe !
gerard stevenson
gerard stevenson

29 abonnés 1 295 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 15 octobre 2023
L'ennui que ce portrait de cette jeune fille spoiler: ayant subit l'inceste
qui se veut être femme. Pour cela, elle s'habille, se maquille, se coiffe comme une femme. Mais c'est comme une "vieille' avec ses habits à dentelle, son chignon. Aussi, cela se comprend car quand on voit le père, celui-ci a l'âge d'être son grand-père.
Donc un ennui venant de l'interprétation de la jeune fille : aucune émotion que cela soit la tristesse, la colère ou même la joie.
Et puis ces scènes : le confessionnal quand elle est blottie dans son armoire ; la fois où elle pénètre dans sa maison scellée en poussant sur un vantail d'une fenêtre ; le regroupement des jeunes du foyer autour d'une bouteille d'alcool.

Un sujet dramatique gâché.
selenie

7 445 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mars 2023
Le film débute avec effroi et force, dans le noir du générique et des cris qui nous plonge dans une interpellation qui se passe mal, mais surtout qui nous donne quelques clefs en quelques dizaines de secondes. La réalisatrice use de la caméra à l'épaule, nerveuse et proche de Dalva/Samson. On la suit en gros plan, collé-serré qui symbolise aussi son angoisse et sa peur alors que petit à petit la caméra va élargir son horizon, parallèlement à Dalva qui va s'affranchir d'un passé qu'elle n'aurait pas dû connaître. Le récit suit donc une fillette qui a grandit trop vite et qui doit raccrocher le wagon de sa jeunesse, même si tout n'est pas parfait et notamment dans le système d'aide social. Par exemple, réunir des enfants de tous âges et de tous horizons avec les effets pervers ou néfastes qui vont avec, mais aussi le travail des éducateurs ; sur ce dernier point on peut rester un peu perplexe sur le personnage de Jayden/Manenti, qui accueille Dalva de façon un peu abrupte, presque agressive et en tous cas très maladroitement avec des réactions pas toujours adéquates. Par là même on peut rester encore perplexe sur le fait que ce soit un éducateur homme qui soit chargé de Dalva ?! Mais la réalisatrice aborde des facettes inédites et difficiles de façon intelligente et subtile comme le fait que Dalva se sente femme ou sur la question du consentement, mais surtout sur la notion qui différencie le sentiment amoureux et le fait de faire l'amour. Un film juste et réaliste, crédible et profond avec une jolie révélation en prime.
Site : Selenie.fr
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mars 2023
Sur un sujet extrêmement casse-gueule, Emmanuelle Nicot réussit un premier film puissant et lumineux.

Dalva, jouée par l'incroyable Zelda Samson, est une jeune fille de 12 ans qui vit complètement isolée, et que son père grime en femme pour abuser d'elle. Lorsqu'elle est arrachée à son géniteur, Dalva est dans le déni : elle ne voit pas où est le problème (elle déclare "aimer" son père incestueux), et surtout, elle est complètement déphasée par rapport aux autre jeunes filles du centre d'accueil où elle est placée.

Filmer une telle histoire nécessite un parti-pris radical et une sensibilité exacerbée : la réalisatrice met les deux en oeuvre en filmant toute l'histoire du point de vue de Dalva. La caméra, mobile, souvent portée à l'épaule, suit Dalva dans les méandres de son émancipation, respectueuse et discrète.

Dalva est court (1h30), précis et redoutable. Il explore la monstruosité de cette relation perverse avec lucidité et une grande empathie. Le travail de la justice et des éducateurs est très bien montré.

Un formidable premier film, que je vous recommande chaudement.
Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

129 abonnés 411 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 juillet 2023
Une façon tout a fait singulière d'aborder le thème de l'inceste en nous présentant le point de vue d'une jeune victime qui ne comprend pas en quoi ce que son père lui faisait était mal et qui n'a qu'une envie : le revoir.

Après une première scène forte en intensité, le reste du film à peiné à me convaincre.

Outre la question de la crédibilité d'un tel postulat de départ, ce qui m'a le plus dérangé est que, même si la jeune fille semble effectuer un cheminement intérieur au fil de l'histoire, le film ne s'intéresse vraiment pas suffisamment à comment elle est accompagnée pour être débarrassée de cette emprise et préfère cantonner les professionnels qui l'entourent dans des personnages mal dessinés et caricaturaux, que ce soit celui la psychologue, transparente et d'une passivité désarmante ou de l'éducateur "spécialisé", dont la seule façon de communiquer avec l'adolescente est de lui aboyer dessus. Le scénario donne ainsi l'impression désagréable que cette jeune victime doit faire ce travail de prise de conscience toute seule et, jusqu'à la scène finale, le spectateur n'est pas convaincu qu'elle y soit vraiment parvenue, ce qui est tout même assez gênant, étant donné le sujet traité. Il est toutefois assez touchant de la voir s'ouvrir et sourire au fur et à mesure que le film avance.

Je n'ai pas vraiment apprécié non plus les premières scènes dans le centre d'accueil. Le refus premier d'y rester, l'éducateur en échec et mal respecté, la fugue, l'hostilité des autres pensionnaires, l'amitié qui finira par se nouer avec l'une d'entre eux... et cette l'impression d'avoir déjà vu ces scènes cent fois déjà (pas plus tard que dans le film Petites, il y a quelques semaines).

La jeune actrice,@zeldabilliesamson , est en revanche très convaincante et dégage une personnalité intéressante. Il est fort à parier que grâce à une telle intensité de jeu nous la revoyons régulièrement dans les années à venir (futur meilleur espoir féminin ?).

Ma page ciné insta : fenetre_sur_salle
mat niro

462 abonnés 2 157 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 octobre 2023
Dalva, 12 ans, est placée dans un foyer pour la protéger d'un père incestueux. Malheureusement pour la jeune fille toujours apprêtée, elle est dans un déni qui va demander un long travail de reconstruction. Pour franchir ce chemin semé d'embûches, elle peut compter sur son éducateur référent (Alexis Mannenti), et sa copine Samia. Emmanuelle Nicot signe un magnifique film porté par la fantastique Zelda Samson sur un sujet épineux. La vie au foyer, à l'école, l'amour pour son père ou encore le besoin de plaire à travers des tenues osées, tout cela est superbement mis en scène. L'évolution du personnage central est très justement traitée. Une réussite.
eldarkstone

305 abonnés 2 407 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 avril 2024
Pas mal pour un film à l'histoire originale et touchante ! ça manque juste de moyens, et reste avec des acteurs un peu trop " juste " ...
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