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Robert D
7 abonnés
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4,0
Publiée le 27 mars 2023
C'est un sujet traité avec de la sensibilité, de la pudeur et de la profondeur. Beau jeu d'actrice de Zelda Samson malgré son jeune age ainsi que de son éducateur référent tout en sobriété. Aucun temps mort dans ce film qui déroule qui passe de l'inconscience des faits à la reconstruction de la jeune fille avec un sourire retrouvé.
Le résumé du film est suffisant, J'ai été gêné pour les trop nombreuses scènes où l'ado hyper maquillée et habillée sexy proclame son amour pour son père. Seules les scènes avec l'amie semblent justes.
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3,5
Publiée le 28 juillet 2023
Avant de pouvoir se reconstruire, il faut d'abord réaliser et comprendre. C'est pour Dalva le début d'un long processus durant lequel elle devra apprendre le sens d'une relation et de l'affection. Arrachée à un père incestueux, elle a été transformée en petite femme. Un lavage de cerveau qui fait mal au cœur notamment quand on l'écoute parler de cette relation comme s'il s'agissait d'une relation amoureuse. Des paroles innocentes dans la bouche d'une enfant qui sont très dures à entendre en tant qu'adulte. Il y a des scènes très fortes comme cette prise de conscience ou encore certaines rechutes lorsqu'elle croit devoir quelque chose aux autres. Avec son premier long-métrage, Emmanuelle Nicot dresse un portrait délicat à hauteur d'enfant sans jamais tomber dans le mélodrame sordide plein de détails. La réalisatrice voit également plus large en évoquant le rôle de la justice et des éducateurs pour "réinsérer" ces enfants dans une société qui n'est pas forcément prête. Un film sensible, touchant et important porté par une formidable Zelda Samson.
Il y a en ce monde des refuges que l'on regarde avec méfiance et d'autres que l'on apprend à accepter. Pour son premier long-métrage, Emmanuelle Nicot fusionne ces deux points de vue, sans que le jugement vienne contrarier le sujet du récit. Le point d'ancrage reste l'inceste, mais ce qui suit découle d'une tendresse qui a de quoi motiver la réinsertion de celles et ceux qui sont en défaut de sociabilité, ou dans le cas présent, en manque de maternité.
Dalva (Zelda Samson), jeune fille de 12 ans, n'hésite pas à se la jouer femme fatale, quand bien même son confort soit sacrifié dès l'ouverture, qui dévoile sans attendre la partie tranchante de sa lame. Mais qu'on ne s'y trompe pas, la violence graphique et morale sont esquivées, afin que le parcours initiatique de Dalva ait un sens. Son épanouissement est tout ce qui préoccupe la cinéaste, qui porte un regard bienveillant sur cet enfant, essayant de se reconnecter avec une idée de la normalité. Les enfants et autres phénomènes indésirables que l'on rejette ou que l'on cherche à protéger, parfois d'eux-mêmes, sont encadrés par la loi et tout un panel d'éducateurs, plus bénévoles dans l'âme qu'une véritable machine administrative. Ce circuit est humain et la caméra de Nicot se place en tant que tel, la plupart du temps en vue subjective ou dans le dos de sa jeune protagoniste, qui ne cesse de braver l'interdit, jusqu'à s'enfoncer tête baissée dans un tunnel sans fin.
Plus qu'apprendre à redevenir une jeune fille, Dalva doit parvenir à sortir du placard et de sa relation idyllique avec un père qu'elle cherche à retrouver et à protéger par tous les moyens. Ce désir va de pair avec son apparence, qui reflète l'emprise néfaste de son paternel sur son corps. Cette dernière doit alors le réaliser, aux côtés de ceux qui sont à son écoute, sans doute pour la toute première fois. D'abord vu comme des geôliers, dans un environnement pratiquement carcéral, elle transforme peu à peu la présence des adultes comme une forme de soutien et non plus comme un objet de désir. Ce sera le cas avec le « grand frère » éducateur (Alexis Manenti), dont la vocation se lit avec les cicatrices de jeunesse qu’il porte en lui. Ce dernier serait donc bien le mieux placer pour réagir et un peu moins pour écouter des histoires qu'il pourrait sensiblement reconnaître.
À l'instar de « Mignonnes », qui questionnaient la sexualisation des jeunes filles sur la scène publique et numérique, « Dalva » se déchaîne afin de s'ouvrir à l'enfance qu'elle n'a jamais eue. Elle sort de sa zone de confort et explore en permanence les gestes et les mimiques des personnes de son âge. Samia (Fanta Guirassy), sa proche confidente, est tout aussi rebelle, mais qui soutient l'émancipation parentale avec ses propres motifs. De cette manière, en jonglant entre plusieurs styles de vie, l’héroïne va prendre son envol et une indépendance qui la poussera à exister auprès des siens, en faisant la distinction entre l’amour, l’amitié et la passion. Un récit empreint de sincérité, dont les arguments ricochent avec un merveilleux ludisme. À ne pas manquer, à ne pas oublier.
Quoi qu'un peu longuet sur sa deuxième partie, Dalva aborde avec force mais subtilité un sujet particulièrement difficile. Les détails sordides sont parsemés avec délicatesse tout au long de ce film à la fois dur, tendre et poignant. Prestations fantastiques.
Dalva est victime d'inceste, sauf que pour elle , c'est comme ça que l'on justifie l'amour entre son père et sa fille. Film percutant qui montre le point de vue d'une gamine totalement aveuglée et coupée du monde extérieur. La jeune fille est très bien joué, le film est crédible et touchant.
Emmanuelle Nicot, pour son premier long métrage, aborde l’inceste avec une grande délicatesse et une grande pudeur. Rare de voir un film où une victime s’ignore. Ce qui est aussi troublant, c’est de voir Dalva âgée de douze ans faire le chemin inverse : de jeune femme qu’elle se croit être, elle va découvrir qu’elle est avant tout une toute jeune ado. Le chemin qu’elle entreprend, malgré elle, au sein du foyer va lui permettre de s’affranchir de son bourreau et de redécouvrir sa mère. Si « Dalva » est une oeuvre réussie, c’est aussi grâce à l’interprétation impressionnante de Zelda Samson toute jeune actrice débutante qu’Emmanuelle Nicot a su diriger. Emmanuelle Nicot et Zelda Samson sont deux artistes à suivre...
Rarement on a pu voir au cinéma un film décrivant aussi bien une enfance volée par des abus sexuels (ici commis par un père pédophile). Aucun voyeurisme, juste une plongée psychologique dans le monde vu par une enfant de 12 ans qui n'a comme repère que ce que son géniteur lui a fait croire. Une double révélation est à souligné, celle de la réalisatrice (Emmanuelle Nicot ) qui propose une remarquable première œuvre et celle d'une jeune comédienne ( Zelda Samson ) qui livre une formidable prestation !
Mon Dieu ça c'est du film choc... j'ai a-do-ré ! Suivre cette petite fille de 12 ans arriver en foyer et se comporter comme une femme car elle a subi les assauts incestueux de son père pendant des années m'a vraiment remué... c'est super gênant, super réaliste et super malaisant ! En pius elle est attachante et on a vraiment envie qu'elle se sorte de tout ça mais c'est super tough à regarder... un petit bijou !! Vraiment...
La néo-cinéaste belge Emmanuelle Nicot - à ne pas confondre avec la française Emmanuelle Bercot – n’a clairement pas choisi la facilité pour son premier long-métrage. En effet, « Dalva », du nom de la jeune fille qui est le personnage principal dans le film, investit le sujet vénéneux et potentiellement à haut risque de l’inceste. Il faut beaucoup de doigté et prendre des pincettes pour trouver la note et le ton juste sur ce type de sujets. Et la cinéaste s’en sort particulièrement bien surtout qu’elle a ajouté un autre trait peu commun à ce personnage dont on a volé l’enfance : celle-ci se prend en effet pour une femme adulte. Une posture probablement conforme à celle que son père abusif lui a inculquée, même si on parle ici plutôt d’une forme d’endoctrinement et d’emprise. Mais le film a le bon goût d’éviter toute séquence scabreuse puisqu’il débute quand la jeune fille est retirée à son père et placée dans un foyer d’accueil en attendant le jugement. On ne verra pas les causes, ni l’inceste en lui-même mais davantage ses conséquences néfastes.
« Dalva » va donc se focaliser non pas sur les techniques d’emprise et d’abus perpétrés par des adultes sur des enfants ou adolescents, comme le récent et tout aussi réussi « Le Consentement », mais sur l’après, la difficile reconstruction d’une enfant. Une jeune fille brisée, détournée de ses moments d’innocence et à qui on a volé l’enfance pour la plonger dans un monde adulte qui n’est pas le sien. On y voit même quelque chose d’intéressant, presque proche du syndrome de Stockholm pour les personnes kidnappées, puisque Dalva aime son père et que pour elle leur amour doit se consommer. Elle n’a pourtant qu’à peine douze ans... De son point de vue, il ne fait rien de mal et c’est là que sans en faire une dissertation lourde, la cinéaste pointe les mécanismes destructeurs de tels abus sur une enfant. On comprend bien dans le film comment ce schéma de pensée a pu s’immiscer en elle et lors d’une confrontation avec son père, enfin conscient des atrocités qu’il a commises, on nous montre l’étendue des dégâts psychologiques sur elle.
Tout est ici traité avec délicatesse, pudeur et beaucoup d’empathie. Même la partie en foyer d’accueil, un lieu vu et revu au cinéma pour des comédies sociales ou des drames, évite le déjà-vu et les clichés. La relation de Dalva avec sa colocataire de chambre est à ce titre touchante et juste. On comprend également la perte de repères de cet enfant dans ces interactions avec son instructeur référent joué par un Alexis Manenti très bon. Il est donc dommage que dans le dernier acte, « Dalva » prenne des raccourcis vers son presque happy-end alors que le film est court et aurait pu contenir d’autres séquences amenant à cette issue heureuse. La transformation de Dalva étant, en effet, un peu trop brusque et elliptique. Mais, surtout, le film doit beaucoup à la jeune Zelda Samson qui est extraordinaire dans ce rôle de petite fille qui se prend pour une femme. Une véritable révélation et encore une enfant comédienne de haut vol. Sans sa justesse d’interprétation, le film ne serait pas si fort et beau. Une belle découverte!
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La réalisatrice s'attaque à un sujet complexe et délicat. Elle le fait avec talent en se focalisant sur l'héroïne alors que les autres personnages, notamment les éducateurs auraient peut-être mérité un meilleur traitement.
La justesse de Dalva tient à la complexité de la période abordée, à laquelle répondent un scénario ainsi qu’une réalisation impressionnistes, faits de petites touches de couleurs tantôt sombres tantôt lumineuses : il s’agit, en somme, de capter l’emprise et la violence nécessaire pour établir une distance avec elle, de raccorder le personnage principal à son statut légal de mineure et à son rôle familial de fille et social d’enfant (jeune adolescente), en réponse aux chimères incestueuses du père. Dalva apparaît tiraillée entre une marginalisée qu’a créée sa situation personnelle et la nécessité d’une réinsertion dans la société, dont l’école incarne le premier bastion ; nous suivons alors une heure et demie durant ses louvoiements, et l’antithèse entre le vêtement érotisé et le recroquevillement de l’enfant dans l’armoire, sa peluche serrée dans les bras. Pour son premier long métrage, Emmanuelle Nicot perçoit les écueils propres au genre investi mais s’en tient à bonne distance : elle ne tombe ni dans la surcharge misérabiliste ni dans un sentimentalisme facile ; et cette navigation en eaux troubles porte de remarquables prestations, celles des jeunes comédiennes surtout, Zelda Samson en tête. Une réussite, pleine de sensibilité et d’espoir – la dernière question posée par la mère ne concerne-t-elle pas l’avenir de sa fille ?
La maltraitance des enfants est un sujet terrible. Dans ce drame, on est au côté de Dalva qui a été séparée de son père pour aller en foyer. Doucement, on découvre l'horreur qui se cache derrière cette décision. La maltraitance physique et psychologique a tourné en syndrome de Stockholm qui la laisse prisonnière l'emprise de son père. La caméra a l'épaule permet d'être au cœur de ce que ressent cette enfant. La Belge Zelda Samson est déchirante dans ce rôle. Pour servir de nouveau pilier, on voit la place primordiale qu'à son éducateur, joué par Alexis Manenti. Un équilibre fragile pour sauvegarder Dalva.