Un couple au bord du silence, en voyage pour ne rien se dire.
Un couple à la dérive, un voyage en Italie censé recoller les morceaux… mais pas de cris ni de drame théâtral ici. Juste du vide. Un vide banal, quotidien. D’autant plus dur qu’il est crédible.
Voyages en Italie ne raconte pas une crise de couple spectaculaire. Il observe une lente érosion. Des silences, des non-dits, des repas pris sans faim. Et il le fait avec une forme de crudité désarmante.
Le film repose entièrement sur le duo Philippe Katerine et Sophie Letourneur. Lui, lunaire, passif-agressif, constamment à côté. Elle, plus vive, plus ancrée, mais pas forcément plus claire. Ensemble, ils forment un tandem étrange, maladroit, parfois agaçant, souvent touchant. Ils s’engueulent, se perdent dans des discussions futiles… et finissent toujours par se retrouver, un peu malgré eux.
Ce qui devait être une parenthèse enchantée se révèle un mix d’ennui, de disputes, de fatigue et de petites réussites. L’Italie est filmée sans emphase, presque comme un décor invisible. Pas de carte postale ici, juste une errance à deux. Et c’est cohérent : ce n’est pas un film de vacances, mais un regard sans fard sur la vie de couple.
La mise en scène est nue, frontale, parfois gênante. Sophie filme les corps tels qu’ils sont, les gestes banals, les silences, les ratés. Et c’est cette absence de fard qui crée une forme de beauté discrète, fragile.
Mais cette beauté a ses limites. À trop vouloir coller au réel, le film finit par manquer d’élan. Il s’étire. Et dans la dernière partie, plus introspective, plus douce, je me suis détaché. Soit je m’étais lassé, soit le film perdait de sa force.
On sourit parfois, on s’ennuie souvent. Et pourtant, derrière le malaise, il reste quelque chose. Une forme de tendresse lucide. Le film dit que l’amour n’est pas un grand feu, mais une flamme minuscule qui clignote dans l’absurde.
Voyages en Italie n’est pas un grand film. Mais il parle de nous. De nos couplements mal fichus. De nos efforts pour raviver quelque chose. De ce qui reste quand on a presque tout perdu, sauf le lien.
Ce n’est pas désagréable. Mais ce n’est pas mémorable non plus. Un peu comme ce couple, d’ailleurs.