Home stories
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387 abonnés 515 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 juillet 2026
Home Stories est un film où les lieux semblent plus vivants que ceux qui les habitent. Dans cette ancienne Allemagne de l'Est, les maisons, les forêts, le château ou encore l'hôtel familial portent le poids d'une histoire que chacun continue de traverser sans vraiment parvenir à s'en détacher. Les personnages évoluent dans un quotidien où l'autrefois influence encore les décisions du présent, comme si la réunification avait laissé des cicatrices invisibles dans les relations familiales autant que dans les paysages.

Au centre de cette chronique se trouve Léa, 16 ans, ballotée entre deux foyers après le divorce de ses parents. Son désir de participer à une émission de téléréalité dépasse rapidement le simple rêve artistique. Le chant devient un espace où elle échappe aux silences des adultes, à leurs renoncements et à une mélancolie qui semble contaminer chaque membre de la famille. Alors que les adultes regardent derrière eux, l'adolescente cherche encore un endroit où construire son identité sans porter le poids de toutes les générations précédentes.

Le film développe avec justesse cette idée d'une transmission devenue fragile. Les personnages ne se disputent pas seulement un patrimoine ou un lieu, ils peinent surtout à partager une mémoire commune. Les bâtiments, eux, semblent conserver davantage de souvenirs que les êtres qui les occupent encore. Cette présence presque organique des décors installe une tristesse diffuse qui accompagne le spectateur jusqu'au dernier plan.

C'est pourtant aussi la principale limite du film. En multipliant les trajectoires, le récit dilue progressivement sa puissance émotionnelle. Plusieurs personnages n'ont pas le temps de développer pleinement leur évolution, tandis que Léa apparaît comme le véritable cœur dramatique de l'histoire. Chaque retour vers son regard redonne au film une intensité qui manque parfois aux autres fils narratifs. Un récit davantage centré sur elle aurait probablement permis de renforcer la cohérence émotionnelle de l'ensemble sans sacrifier la richesse des thèmes abordés.
CREOTIVEMEDIA
CREOTIVEMEDIA

113 abonnés 351 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juillet 2026
Home Stories marque le retour d'Eva Trobisch derrière la caméra pour une chronique familiale d'une grande sensibilité. Entre récit d'apprentissage et portrait social, le film observe avec finesse une famille confrontée aux bouleversements du temps, tout en suivant le parcours d'une adolescente qui cherche sa place dans un monde en pleine mutation.

Léa a seize ans. Entre le divorce récent de ses parents, son admiration pour sa tante, la complicité avec son petit frère et l'amitié qui rythme son quotidien, elle traverse cette période charnière où l'avenir semble aussi prometteur qu'incertain. Dans l'ancien hôtel familial, niché au cœur des forêts de l'ex-Allemagne de l'Est et désormais menacé par la faillite, les générations se croisent sans toujours parvenir à se comprendre. Alors que chacun tente de préserver ses repères, Léa nourrit un rêve : faire entendre sa voix lors d'une émission de téléréalité.

Le scénario privilégie les émotions discrètes aux rebondissements spectaculaires. Eva Trobisch construit un récit où les tensions familiales, les difficultés économiques et les aspirations individuelles s'entremêlent avec une grande justesse. L'hôtel familial devient le symbole d'un héritage fragile, tandis que Léa incarne une jeunesse désireuse d'inventer son propre avenir sans renier son passé.

Frida Hornemann livre une interprétation d'une remarquable authenticité. Tout en retenue, elle compose une adolescente sensible et déterminée, dont les doutes résonnent avec beaucoup de vérité. Max Riemelt apporte une belle profondeur à son personnage, tandis que Eva Löbau enrichit le récit d'une présence chaleureuse et nuancée.

La mise en scène privilégie une approche naturaliste, laissant les paysages de l'ex-Allemagne de l'Est dialoguer avec les émotions des personnages. Les forêts, les couloirs d'un hôtel autrefois prospère et les espaces du quotidien deviennent les témoins silencieux des transformations familiales et sociales. La photographie lumineuse et le rythme contemplatif renforcent cette impression de douceur mélancolique qui traverse l'ensemble du film.

Au-delà de son récit initiatique, Home Stories interroge la transmission, la mémoire familiale et les rêves d'une nouvelle génération confrontée à un monde en constante évolution. Sans jamais céder au pathos, Eva Trobisch livre un portrait profondément humain où chaque personnage cherche, à sa manière, un équilibre entre fidélité au passé et désir d'émancipation.

Délicat, sincère et profondément émouvant, Home Stories confirme le talent d'Eva Trobisch pour observer les fragilités humaines avec une grande justesse. Une chronique familiale lumineuse, portée par des interprétations remarquables et une écriture d'une rare sensibilité.
Jipéhel
Jipéhel

102 abonnés 621 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 juillet 2026
Quelque chose de vraiment unique

Telle est la signification de Etwas ganz Besonderes, le titre original de notre film d’aujourd’hui. En vérité, je cherche encore. Ce film choral de près de deux heures, n’en finit pas de commencer, puis se traîne en longueur à force de trop nombreuses scènes répétitives, jusqu’à une fin molle à souhait. Bref, non seulement je n’ai pas beaucoup aimé ce drame familial signé par l’allemande Eva Trobisch, mais je n’y ai pas compris grand-chose. Léa a 16 ans, un petit frère, une grande amie, des parents récemment divorcés, et une tante qu’elle admire. Au cœur des forêts majestueuses de l’ex-Allemagne de l’Est, ses grands-parents gèrent un hôtel au passé glorieux aujourd’hui menacé par la faillite. Dans cette famille, chacun cherche sa place et son horizon. Léa, elle, a un talent pour le chant, et se prépare à participer à une émission de téléréalité. La réalisatrice peine trop à faire exister et nous passionner pour ces personnages. Et donc, à donner corps à ce portait de famille à travers lequel elle a tenté de nous raconter les dommages collatéraux toujours prégnants de la réunification, mais hélas, sans jamais y parvenir.
Entre ambition et prétention, le début du long métrage est particulièrement brouillon, -sans doute est-ce volontaire -, , et il faut un certain temps pour comprendre qui est qui dans ce portrait complexe d'une famille éclatée. Peu à peu, les grandes lignes des différentes intrigues apparaissent tout de même : une relation père/fille, pour ce qui est de l'intime, et le passé mal digéré de l’ex RDA, où se situe l'action, pour l'aspect politique et social. Mais rien de structuré de manière claire, avec une profusion de scènes plus ou moins compréhensibles, et de personnages secondaires sans intérêt. Bref, tout semble à peu près se valoir dans le film. La réalisatrice paraît brouiller les récits, sans se soucier de son cheminement, voire de leur intérêt. Et dans ce maelström poussif, chercher une quelconque émotion relève de l’impossible. « Qui trop embrasse, mal étreint » dit le proverbe. la vielle sagesse populaire se trompe rarement.
Côté casting, la jeune débutante Frida Hornemann est loin de m’avoir enthousiasmé. Bien sûr, des acteurs allemands comme Max Riemelt ou Eva Löbau, font le boulot au sein d’une distribution aussi pléthorique qu’inégale. Donc, ce n’est pas non plus de ce côté-là qu’on trouve notre bonheur. Grosse déception, car, je le répète, l’ambition était louable, mais le résultat est navrant. Rien à ajouter.
traversay1

4 498 abonnés 5 397 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 juillet 2026
Entre l'ambition et la prétention, la pellicule se révèle parfois bien mince et Home Stories pourrait constituer un bon exemple en la matière, même si d'aucuns devraient y trouver leur bonheur. Le début du long métrage d'Eva Trobisch est particulièrement brouillon, quoique cela soit voulu, évidemment, et il faut un certain temps pour comprendre qui est qui dans ce portrait complexe d'une famille éclatée. Peu à peu, les grandes lignes des différentes intrigues apparaissent tout de même : une relation père/fille, par exemple, pour ce qui est de l'intime, et la passé mal digéré de la RDA, où se situe l'action, pour l'aspect politique et social. Mais rien de structuré de manière claire, avec une profusion de scènes plus ou moins compréhensibles, liées à des personnages qu'on qualifiera de secondaires, faute de mieux, car tout semble à peu près se valoir dans le film, y compris un télécrochet qui concerne la plus jeune des protagonistes, la seule d'ailleurs à bénéficier d'un traitement développé. La réalisatrice paraît vouloir montrer en priorité son geste artistique et son brio narratif, en brouillant les récits, sans se soucier de son cheminement, voire de son intérêt. Et dans ce maelström guère fluide, chercher une quelconque émotion ressort hélas du fantasme absolu.
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